Anno Dracula – Kim Newman

Anno Dracula de Kim Newman

Bragelonne
Je distingue toujours le roman du vampire des « Draculas« . Et depuis ma découverte du roman de Bram Stoker, je suis assez difficile dès qu’un auteur met en scène le célèbre vampire. Effectivement, je n’ai pas les mêmes critères, ni les mêmes attentes quand il s’agit d’un roman dont le thème sont les vampires que quand il s’agit de Dracula. Il y a tout de même une constante, je veux du vampire et du vrai, de celui qui conserve non seulement une part d’obscure fascination  mais également une bonne capacité d’effroi.

Je lis, en fait, peu de romans de vampires malgré l’abondance de la Bit-Lit en librairie et les couvertures aguicheuses. (Le dernier en date est l’incontournable Salem de Stephen King.) En fait, après l’aventure Dracula l’Immortel, j’ai cessé de lire toute œuvre relative à ce fameux personnage.
C’est la critique d’Apophis  – que je vous encourage à lire – qui m’a fait changer d’avis et à laquelle je souscris en totalité.
Anno Dracula est une œuvre fantastique qui tend vers le roman horrifique. Il est aussi plus que cela.

En effet, Kim Newman brosse une Angleterre en 1888 dans laquelle Dracula est prince consort et les vampires ont fait leur coming-out. Ils occupent d’ailleurs la plupart des postes à responsabilité du royaume. Les sujets britanniques – vivants et  non-morts – sont dirigés par une poigne de fer, les sanctions sont terribles et à la « hauteur » de la réputation de notre vampire. Dracula n’a pas un rôle prépondérant dans l’intrigue, mais son aura sinistre fait planer une ambiance proprement angoissante sur Londres.  Les tensions entre les communautés sont des plus vives, illustrant les grandes mutations de la société fin XIX°. Le prince consort promulgue des décrets à l’envi et ils sont souvent accompagnés de châtiments exemplaires.

En outre, en 1888, le quartier de Whitechapel est la scène de meurtres horribles. Les membres de la police dirigée par l’inspecteur Abberline enquête, Charles Beauregard est dépêché par le Diogene Club, pour faire la lumière sur l’affaire. Le meurtrier s’en prend sauvagement aux prostituées ressuscitées ( lire jeunes vampires). L’identité de Jack l’éventreur nous est rapidement dévoilée au travers de ses « mémoires ». Nous suivons la progression de l’enquête – ou son absence de progression alors que les victimes s’accumulent – aux côtés de l’agent spécial Beauregard.  L’intérêt de l’intrigue réside justement dans cette connaissance, alors que le lecteur assiste à l’impuissance des forces publiques.

Au-délà de l’aspect roman policier et fantastique, il s’agit également d’un livre d’ambiance victorienne. Certes un funeste Londres de 1888, mais tant d’éléments sont associés avec harmonie et brio! L’auteur visite ou revisite, plus exactement, l’époque et invite le lecteur a y plonger. Nous pouvons ainsi côtoyer des personnages célèbres fictifs ou réels : La Reine Victoria, Oscar Wilde, l’inspecteur Abberline, le préfet Warren, l’acteur Mansiefld, Dr Jekill et Moreau, Holmes, Stoker et tellement d’autres! Les descriptions sont éloquentes, les mœurs d’alors conservées dans leur pudeur et leur rigidité. L’odeur des chevaux est presque perceptible, tout comme l’âcre saveur du sang.
Les personnages principaux sont tout aussi « vivants » et savoureux que le livre lui-même : empreint de doutes, partiellement hermétiques aux évidences et enfermés dans les convenances d’alors. Que ce soit Charles Beauregard ou Geneviève, l’ensemble de leur qualités et défauts sont parfaitement exploités et écrits, et au final ils subissent les événements plutôt que d’en être les acteurs. Et que dire du Dr Seward, un homme en pleine dérive qui ne reconnaît plus le monde dans lequel il vit… Bref, ils sont humains!
Certes les nuances et les clins d’œil disséminés çà et là exigent un minimum d’intérêt et de connaissance de l’époque Victorienne, mais ce n’est en aucun cas un frein à la saveur du roman. Il est toujours possible de faire une rapide révision et immersion en regardant la série Tv avec Michael Caine, Jack l’éventreur (1988).
Je suis réconciliée avec le fantastique.
Challenges :
Challenge lecture 2016 : un livre dont tu as entendu parler dans la blogosphère
Défi lecture 2016 : #28 un livre de Bit-Lit
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Le livre :

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Illustrateur : Noëmie CHEVALIER

Traducteur : Maxime LE DAIN, Thierry ARSON

Date de parution : 26/10/2012

Nombre de pages : 480

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