L’ultime rivage – Ursula Le Guin

L’Ultime Rivage – Cycle Terremer

De Ursula Le Guin – numérique
Prix Locus du meilleur roman 1972
L’Ultime Rivage est le troisième volet du cycle Terremer, le dernier de l’édition française de la trilogie « Terremer« . C’est également une sorte de synthèse des deux premiers romans, avec des éléments similaires : un voyage d’île en île, le parcours initiatique d’un personnage secondaire, une quête majeure et personnelle, et Ged comme dénominateur commun.

D’ailleurs, l’archimage de Roke s’engage dans une mission des plus périlleuses qui voit l’ensemble de Terremer sombrer peu à peu dans l’apathie; la magie et le peps de la vie s’évanouissant de concert. C’est donc un voyage aux confins du monde, éprouvant ses convictions, ses pouvoirs magiques et lui-même. Ses seuls atouts : sa sagesse, son cœur et un jeune prince, Arren.
Ce jeune homme que le lecteur découvre au début du roman est un adolescent encore inconscient du danger et forcément  invincible dans son esprit. Puis, peu à peu, Arren va découvrir le doute ainsi que la peur. L’angoisse palpable qui s’empare de lui au fil des pages lui fait prendre conscience de sa fragilité, de la vacuité des titres face au danger et au combat ultime.

« J’aime la vie, ne dois-je pas haïr la fin ? pourquoi ne devrais-je pas désirer l’immortalité?« 

Une fois encore, c’est par l’acceptation de soi dans sa globalité et dans l’humilité qu’il puisera la force d’accompagner Ged jusqu’au bout de leur route, et peut-être de renverser le destin… Ursula Le Guin invite le lecteur à suivre l’évolution de ce personnage accompagné du guide « spirituel » que représente l’Épervier.
Au delà de cette quête incertaine, c’est de l’existence même dont il est question : aussi bien la manière de la vivre que dans l’acceptation de sa fin. En fait, la magie de la vie réside surtout dans de petites choses telles que le chant, la danse, l’émerveillement ou bien le bonheur du travail bien fait. Ces questions – comme toujours avec l’auteur américain – sont abordées avec sensibilité et tact, à travers le regard du jeune Arren. La traversée n’est pas seulement une quête initiatique, elle est avant tout spirituelle, d’une part avec le prince qui s’ouvre à l’âge adulte et d’autre part avec Ged confronté « à ses démons » puis conforté  dans sa sagesse.

« Je sais qu’il n’est qu’un seul pouvoir qui vaille qu’on le possède. Et c’est le pouvoir non pas de prendre mais d’accepter. Non pas d’avoir, mais de donner.« 

L’Ultime Rivage propose aussi de visiter différents lieux et contrées de Terremer. La rencontre avec le Peuple des radeaux vaut à elle seule le détour : une communauté qui vit sur des constructions en bois, se laissant dériver sur la haute mer au gré des courants marins, ne touchant terre qu’une seule fois dans l’année. Leur vie est entièrement façonnée par la mer, ses aléas, ses prodigalités et ses prodiges. Du coup, malgré une ascendance commune avec les autres peuplades de Terremer, leurs récits, langue et coutumes ont évolué indépendamment.
Le rythme ne s’est pas accéléré par rapport au deux autres romans, ce tome demeure tout autant équilibré et savoureux. La sobriété est toujours de mise que ce soit dans le choix des termes ou des métaphores. Les personnages, surtout Arren, sont croqués à la perfection. Le lecteur suit son évolution, ses dilemmes avec plaisir et angoisse, et achève le roman particulièrement satisfait de sa maturité acquise. L’action n’est pas remisée au placard pour autant ni la magie, elles participent à l’équilibre d’ensemble.
Il s’agit là de fantasy mature dans la progression proposée, la dimension spirituelle et le sentiment d’achèvement perçu une fois la dernière page tournée (mature, pas dans le sens Dark fantasy, ni par quelque notion d’exclusion que ce soit).
Personnellement, c’est le tome qui m’a le plus emballée et touchée. Je l’ai trouvé magique et poétique. Il est également possible de trouver des traces de son influence dans nombre de récits postérieurs : L’épée de Vérité de Goodking, la fantasy de Sanderson, ou bien encore de K. Britain

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Autres critiques : Xapur

 

Defi lecture 2016 :

#4 : Un livre qui offre une histoire spirituelle (religion, âme…) – L’ultime Rivage Ursula Le Guin

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