Les Mondes rebelles – Poul Anderson

Les Mondes Rebelles de Poul Anderson

Dans Flandry, Défenseur de l’Empire terrien

L’Atalante

Les Mondes rebelles fait suite à Un cirque de tous les diables, les deux romans forment le tome 2 des aventures de Flandry, Défenseur de l’Empire Terrien, chez L’Atalante.

Notre jeune agent fête ses 25 ans avec panache sur Terra quand il est convoqué pour une mission spéciale. Un amiral de la Flotte, McCormack, s’est rebellé contre l’Empire entraînant dans sa lutte plusieurs mondes près de la frontière barbare de l’Empire. Flandry a toute latitude pour tenter de remettre de l’ordre ou arracher des renseignements vitaux sur la situation.

Une fois de plus, l’espion galactique se retrouve dans une situation désespérée sur une planète éloignée de presque toute civilisation. Contrairement à l’aventure précédente, le monde en question est plutôt chaud et humide avec une végétation qui peut être luxuriante mais avec aussi une zone quasi désertique. Les deux courts romans partagent la même structure et donne une impression de déjà-vu : Flandry en perdition sur une planète inconnue. Rien d’original, et finalement Anderson nous livre un récit un peu répétitif. Heureusement plusieurs points permettent de rehausser l’intérêt de ce roman.

En premier lieu, la situation de Dominic est complètement différente des autres aventures. Non seulement notre héros est loin d’être esseulé sur  la planète, mais il a fort à faire avec les tensions au sein de son équipe partagée entre les pro-McCormack et les loyalistes. En sus, une femme d’une trempe remarquable fait basculer le cœur de ce Don Juan galactique à tel point que sa loyauté vis à vis de l’Empire  pourrait être remise en cause.  Poul Anderson joue  adroitement de cette situation, et c’est le lecteur qui finit par être gagné par l’incertitude…

Effectivement, il nous est difficile de ne pas sombrer dans un certain flottement pour la cause des rebelles. Lequel d’entre nous ne finirait pas par prendre partie pour la cause de l’amiral McCormack confronté aux abus et aux sévices ordonnés par le Gouverneur de la zone ?… La rébellion, n’est-elle pas un droit voire un devoir devant des exactions immorales et violentes ?

La décadence touche ce futur du 31° siècle, l’Empire est morcelé et le système de gouvernance à bout de souffle. Les lointains gouverneurs ont les coudées franches sur tous les aspects politiques et administratifs de leur zone respective . Ils peuvent se conduire comme des tyrans en toute impunité – ou presque, vu l’inertie de l’appareil étatique. L’Empire terrien est à l’image de la Rome antique trop étirée au crépuscule de son règne pour pouvoir être en mesure de survivre à sa propre taille.

Ces circonstances donnent une ambiance un peu nostalgique au roman, un sentiment d’inéluctable transpire page après page. Ainsi, partageons-nous quelque peu le désarroi du  jeune Capitaine de frégate Flandry qui sent le piège se refermer et qui lutte contre cette certitude.

C’est donc dans ce contexte de La Longue Nuit qu’il convient de lire Les mondes rebelles, car la situation est symptomatique et le ton en accord avec le crépuscule de l’Empire.

Enfin, comme lors des deux précédents romans critiqués dans ce blog ( Enseigne Flandry et Un cirque de tous les diables), le talent de Poul Anderson pour créer en quelques pages et avec justesse des cultures autres, des êtres cohérents et vraisemblables se confirme à nouveau. Les didoniens de la planète Dido sont un modèle du genre : à la fois uniques et symbiotiques. Les 3  types d’indigènes (approximativement un oiseau, un singe et un rhinocéros) sont capables de se brancher ensemble pour former un être indépendant, l’ellil, plus intelligent, plus apte dans un domaine particulier. En outre, les trios sont  interchangeables pour former d’autres personnalités, et atteindre une forme d’immortalité. Leur culture dépend bien évidemment de leur environnement, de leur histoire, et de tous les facteurs d’évolution prévisibles.

Pour résumer, Poul Anderson nous propose avec Les mondes rebelles un roman dont la trame est certes répétitive, mais qui apporte à son histoire du futur du corps et une progression tout à fait appréciable. Il peut se lire de manière indépendante. Le lecteur pourra alors apprécier une histoire au rythme enlevé, avec un personnage sympathique.

Un petit rappel sur l’ordre de lecture (cf article sur la Longue Nuit ):

  1. Mirkheim
  2. Le Peuple du Vent
  3. Enseigne Flandry – dans Chevalier de l’Empire Terrien – L’Atalante
  4. Outpost of Empire – non traduit
  5. The Day of their return – non traduit
  6. Un cirque de tous les diables – dans Défenseur de l’Empire Terrien –  L’Atalante
  7. Les mondes rebelles – dans Défenseur de l’Empire Terrien –  L’Atalante
  8. Le tigre par la queue – dans Agent de l’Empire terrien – L’Atalante
  9. Honorables ennemis – dans Agent de l’Empire terrien – L’Atalante
  10. Pour la gloire – dans Agent de l’Empire terrien – L’Atalante
  11. Les chasseurs de la Caverne du ciel  – dans Agent de l’Empire terrien – L’Atalante
  12. Message secret– dans Agent de l’Empire terrien – L’Atalante
  13. Le Fléau des Maîtres– dans Agent de l’Empire terrien – L’Atalante
  14. Les Guerriers de nulle part – dans Agent de l’Empire terrien – L’Atalante
  15. Chevalier des spectres et des ombres – dans Chevalier de l’Empire Terrien – L’Atalante
  16. The Game Empire – non traduit
  17. A stone in heaven – non traduit
  18. Le partage de la Chair*Le Chant du Barde – Le Bélial
  19. Starfog– non traduit

4 réflexions sur “Les Mondes rebelles – Poul Anderson

  1. Excellent article. Le parallèle avec la déliquescence de l’empire romain est très pertinent. D’ailleurs, c’est le deuxième grand auteur de SF à s’en être inspiré, puisque Asimov a puisé les sources de Fondation dans « l’histoire du déclin et de la chute de l’empire romain » de Gibbon.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci APophis!
      Aimant l’histoire romaine, c’est un parallèle qui tombait sous le sens pour ma part. En revanche, je ne sais pas si Anderson s’en est inspiré ou pas ( je connais sa passion pour le folklore et l’histoire scandinaves). Pour Asimov, il faut réellement que je jette à l’eau de Fondation…

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