La Stratégie Ender – Orson Scott Card

La Stratégie Ender d’Orson Scott Card

Cycle Ender

Prix Nébula, Prix Hugo

La Stratégie Ender (Ender’s Game) est un des livres que je relis volontiers avec un grand plaisir. L’émerveillement premier est passé, mais reste cette joie et cette émotion associées à une lecture particulièrement marquante. En effet, ce premier tome est un des rares livres dont la chute m’a totalement sidérée. Je ne l’ai pas vu venir lors de ma découverte. Bien entendu, je ne dévoilerai rien de cette fin et rares sont les amateurs de SF qui seront aussi surpris que je le fus.

Ender est le surnom d’Andrew Wiggin, un enfant très spécial dont le sang froid et les capacités intellectuelles sont remarquables. Ses talents ne sont pas l’unique facteur le démarquant des autres gamins de son âge. C’est un troisième enfant dans une société où les naissances sont limitées (tout comme les ressources). C’est aussi un assassin… Il a  tué les 2 pré-ados qui l’ont agressé avec une riposte efficace et démesurée!

C’est ainsi qu’il est repéré par l’institution militaire et inclus dans le programme spécial de formation des futurs leaders des forces armées de la Terre. Cette école est dirigée par l’habile colonel Graff, épaulé par toute une équipe. Ce sont tous des enfants, et à l’image de ce que nous pouvons avons connu ou nous pouvons voir dans les cours d’école, c’est rude. Dans cette académie militaire les rapports sont souvent conflictuels. Les performances scolaires, militaires et tactiques du jeune garçon sont rapidement excellentes et il s’attirent l’envie de nombreux camarades plus âgés. Ender doit s’employer pour avoir un minimum de tranquillité, et seuls ses contact avec sa sœur lui apporte le réconfort et l’affection qui lui font défaut.

enders-game-affiches-personnages-une-631x250

Un recrutement si jeune à de quoi attirer l’attention du lecteur, surtout que nous imaginons un futur plus moderne qu’aujourd’hui dans lequel les droits des enfants seraient enfin respecter sur l’ensemble du globe. C’est donc assez ahurissant d’imaginer une académie militaire qui diplôme de jeunes officiers encore imberbes!!… Il faut dire que la Terre est aux abois. Elle est en guerre depuis de nombreuses années contre des extra-terrestres insectoïdes très agressifs, les Doryphores.

Nous pouvons évidemment comparer La Stratégie Ender avec Starship Troopers de Heinlein. Les ET partagent des points communs, les auteurs ayant choisis à dessein des insectes qui ne  nous inspirent guère comme adversaires. La forme,  l’agressivité des E.T. et les effets de cette guerre sont similaires. Mais ensuite, les deux auteurs traitent leur sujet de manière divergente. Heinlein nous fait découvrir les combats de ses protagonistes aux confins de l’espace alors que Card nous invite à suivre la formations, les interactions particulières de jeunes enfants utilisés dans les guerres. Une thématique d’actualité….

la_strategie_ender_photo_c_metropolitan_filmexport

Et non, cela ne s’approche en rien du cycle d’Harry Potter même s’il s’agit d’un parcours initiatique, et de la formation d’un jeune prodige promis à un destin qui le dépasse.

En revanche, les raisons du conflits entre la Terre et les Doryphores, nous rapproche d’œuvres de SF telles que la Guerre Éternelle d’Haldeman.

L’ambiance confine parfois à la claustrophobie, et nous plonge dans un univers dépeint par petites touches discrètes (plus ou moins) assez sombre, familier et cohérent. Le rythme est rapide, et la plume nerveuse : il est impossible de s’ennuyer une seconde. L’émotion  reste présente et si le lecteur débute avec un héros déstabilisant à l’entame du roman, c’est le cœur conquis qu’il refermera la dernière page.

Le quatrième de couverture laisserait penser qu’il s’agit d’un simple bouquin de SF et d’action.  C’est en partie le cas… Cependant, ce roman est bien plus profond, bien plus consistant que ce léger résumé le laisse prévoir. Et au travers d’un enfant, l’auteur aborde la mort, de l’anéantissement, de la détermination, de la manipulation, de l’utilisation des enfants,  thèmes qui ont hélas encore trop de répercussion avec l’actualité même française!… De quoi perdre foi en l’humanité!

L’adaptation cinéma est relativement réussie mais ne possède pas la force du roman.

Autres critiques :

LorhkanEfelle

Challenges :

Ça c’est un super combo de l’espace!!!! Yeah….

Challenge Summer Short Stories of SFFF – saison 2

summer-short-stories-sfff-saison-2

 

Summer Star Wars – Épisode VII

ssw-7

 

Challenge Lecture 2016 : un livre que tu aimerais faire découvrir à tes enfants

 

Défi Lecture 2016 : #33 un livre dont le héro est un enfant

12295263_10153872122952369_9088107963143541444_n

21 réflexions sur “La Stratégie Ender – Orson Scott Card

  1. En te lisant, je me rends compte que j’ai beaucoup oublié. Je me souviens de la trame principale, du plaisir de lecture, mais pas des détails ni de ce qui m’a plu en particulier. C’est malheureusement le cas avec bien des livres lus il y a longtemps. Signe certain qu’il faudrait y revenir, faire plus de place à la relecture…

    Aimé par 1 personne

    1. Je n’en relis pas des tonnes des livres, je dois tourner à 3 voire quatre maxi par an. Celui que je relis souvent est Le comte de Monte Cristo…. et c’est pas de la SFFF, après il y a des Sherlock Holmes. Et puis des classiques de la SFFF quand je les aime énormément!

      J'aime

    1. Nous avons tous des livres à lire, une liste de classiques longue comme le bras…. Si tu as vu le film, je dirais que c’est un peu dommage car, tu perds la surprise de la fin qui est très bien masquée dans le livre. Mais, déjà, tu connais l’œuvre…..

      J'aime

  2. Je n’avais rien vu venir non plus. Je me disais qu’il s’agissait d’un tome de mise en place et que tout serait réglé dans les suivants. Bonjour la surprise quand j’ai réalisé, même si, avec le recul, j’aurais du voir venir quelque chose (mais bon, je l’ai lu il y a une vingtaine d’années, à ma décharge).

    Par contre, il y a un truc qui m’énerve vraiment à propos de ce roman : il y a un certain nombre de gens qui disent qu’il ne méritait pas le prix Hugo. Lorsqu’on voit les bouquins médiocres qui ont été couronnés ces dernières années (il va falloir m’expliquer par quel miracle Redshirts mérite son Hugo et pas Ender…), c’est quand-même à mourir de rire (ou de rage…), non ?

    Aimé par 1 personne

    1. Je dirais que quelque part je suis rassurée de ne pas être la seule à ne pas avoir vu la fin quand toi aussi, tu a été surpris ( il y a environ une quinzaine d’année pour ma part). Je le prenais effectivement comme un tome de mise en place, l’éducation du stratège ultime et que le cycle prendrait toute son ampleur par la suite.
      Je ne comprends pas que l’on discute son prix Hugo ??!!! Card aborde des thèmes durs et contemporains ( guerre, manipulation des enfants, génocide,….) dans un univers très solide et avec une belle maîtrise de son récit, et une fin digne de la planète des singes. Je rajouterais que le roman à l’avantage d’être accessible à tous et que l’on ne vire pas dans le snobisme intellectuel ni dans la farce! C’est un beau lauréat!
      OUi, c’est à mourir de rire des trucs pareils. Par curiosité, qui (ou quel ) estime le prix non mérité ?

      J'aime

      1. Oh, ça ne date pas d’hier, dès l’attribution du prix en 86 certaines personnes l’ont immédiatement contesté, pour sa qualité littéraire pour certains (pas au niveau des Dune, Ubik et compagnie, selon eux), pour sa justification, voire sa glorification de la violence, selon d’autres (et / ou son militarisme supposé). Et ces dernières années, Card est devenu la bête noire des milieux LGBT américains, à cause de ses positions très tranchées contre le mariage gay. Du coup, tout ce qui lui est associé (romans, film, comics, etc) devient une cible à abattre ou à boycotter.

        Aimé par 1 personne

        1. Oui, il n’est donc pas supposé avoir un avis personnel et tranché qui diffère d’une partie de la population. Du coup cela invalide tout son discours. Quelle tolèrance et ouverture d’esprit des chantres de cette « philosophie »… Un penchant que je remarque partout d’ailleurs…

          Aimé par 1 personne

  3. Systia

    J’ai vu le film il y a quelques années, et ça m’avait donné envie de lire le livre. Mais depuis l’envie était un peu passée…
    Ta critique a fait remonter ce livre des tréfonds de ma (trop grande) wish-list, je vais donc sûrement l’acquérir dans pas (trop trop) longtemps.

    Et ne t’inquiète pas, je ne me souvenais plus que la fin était surprenante, donc je pense me faire tout de même avoir à la lecture (faut juste que j’empêche mon cerveau de fouiller dans mes souvenirs pour se rappeler de cette fameuse fin, c’est pas gagné… allez hop ! je pense à autre chose !).

    Aimé par 1 personne

  4. Ping : Page non trouvée – Albédo

  5. Un des meilleurs twists finaux que j’ai lu, je me suis aussi fait avoir comme un bleu !
    Ceci dit, j’ai eu du mal à m’attacher à Ender, ce qui a un peu gâcher ma lecture, car je suis resté trop distant avec tout ce qui lui arrivait…

    Et pour en revenir au débat sur Card et les Hugos, ne jamais oublier de dissocier l’homme et son oeuvre, à partir du moment où ses idées n’imprègnent pas le récit. 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Ah, je me rends bien compte que je suis loin d’être le seul lecteur à être tombé dans le panneau!
      Pour ce qui est le rapport d’un auteur avec son oeuvre, j’en suis convaincue. Les qualités artistiques ne sont pas systématiquement en rapport avec les idées et les convictions de l’artiste. C’est si souvent oublié, notamment en France, où les deux aspects sont allègrement confondus. Ce qui m’agace le plus c’est quand cette absence de dissociation et d’ouverture d’esprit sont le fait des chantres de la tolérance et justement de l’ouverture d’esprit. Mais bon quand on n’est pas à un paradoxe près…
      Bref, j’ai vu que nos amis américains ne sont pas exempts de ces amalgames ( mot très à la mode). C’est bien dommage d’oublier de faire la part des choses.

      Aimé par 1 personne

      1. Ah, je crois qu’on parle de moi (entre autres, côté égo, ça va) !
        Je n’arrive pas à dissocier l’homme de l’oeuvre. J’ai tenté de relire Lovecraft, à la troisième nouvelle dont j’ai oublié le nom ( Il y a une chance pour les mauvais souvenirs ) l’ambigüité n’était plus de mise. Hop poubelle.
        J’avais lu une interview de China Mieville, plutôt très à gauche, qui disait que son engagement ne transparaissait pas dans son oeuvre. A voir…
        Et une fois que l’on connait les convictions d’un auteur, difficile de ne pas tenter de relever dans ses textes ce qui nous conforte, que cela soit réel ou imaginé.

        Mais je suis d’accord avec vous, on se dit tolérant…

        En tout cas vaste débat qui n’est pas près de se clore.

        Aimé par 1 personne

        1. LOL, non.
          Nous nous sommes exprimés de manière pas très précise. Ce sont des professionnels de l’édition (surtout les grosses structures), et des instances délivrant les prix, auxquels nous faisons références. Bref, un ensemble, une corporation qui donne souvent des leçons de tolérance. Mais au final, nous nous rendons compte que les opinions religieuses, politiques des auteurs sont TRES (excessivement) prises en considération alors qu’à mon sens ce ne devrait justement pas être le cas.
          Nous lecteurs sommes théoriquement tout-puissant et pouvons opéré nos boycott si on le souhaite.
          Pour le cas de Card qui est mormon, Ender n’a pas de vocation prosélytique, c’est un excellent roman. Pourquoi s’en privé, le sieur est libre d’avoir des convictions spirituelles. D’autres œuvres sont un peu plus discutables, à nous lecteur de vouloir les lire ou pas et de rechercher le message s’il existe.
          J’ai des auteurs que je ne lis pas, ou des thèmes que j’évite.

          J'aime

  6. Ping : De l’Or à foison pour Août 2016 – Albédo

  7. Ping : Challenge Summer Short Stories of SFFF saison 2 – bilan final | Les Lectures de Xapur

  8. J’arrive très tardivement (pardon, je découvre à peine ce blog qui me plaît déjà beaucoup) mais je me devais de laisser un mot sur ce roman car comme toi, la fin m’a totalement retourné. Cette fin est à mon sens ce qui justifie totalement tout le bien que je pense de ce roman.
    Dans les points négatifs, je dois quand même pointer l’épilogue qui m’avait laissé un mauvais souvenir (en même temps, il arrive juste après cette fin absolument parfaite alors c’est dur d’enchaîner), c’est d’ailleurs à cause de cet épilogue que je ne m’étais pas jeté sur le deuxième tome mais en tout cas, ce roman a vraiment été une très belle surprise pour moi et cette fin restera à jamais comme l’un de mes plus grands moments de lecture.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s