Spécial revues -Angle mort, Bifrost, Galaxie.

Spécial revues – Angle mort, Bifrost, Galaxie.

Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou. Friedrich Wilhelm Nietzsche

Ma seule certitude c’est d’être dans le doute. Desproges

Angle mort n°12

Un numéro que je découvre complétement, déroutant et qui m’a scotchée. Le contenu est passionnant et j’ai surtout noté la qualité des textes. Cela ne m’empêche pas de poser une question…

Bref, à moins de 3€, il ne faut pas se priver et encourager cette excellente revue. Vous pouvez y aller les yeux fermés.

L’article
  • Article sur la relation entre sciences et SF de Peter Galison, dans la tonalité de l’éditorial. Texte docte et captivant, il établi les liens étroits entre les inquiétudes relatives au nucléaire, l’émergence de prédictions quant à l’avenir et la rédaction de scenarii de « science-fiction ». Les différents « plans » sont les petits cousins de la méthode développée par Kahn (notamment dans la prospective militaire). Ce texte est à lire, et m’a fortement intéressée.
Les nouvelles
  • L’ange au cœur de la pluie d’Aliette de Bodard

La difficulté de s’adapter à un pays nouveau et le poids de éloignement de la famille. L’ange prend du corps au fur et à mesure du délitement de son pays d’origine. Joli texte.

  • L’agénésie congénitale de l’idéation, de Raphael Carter

Si comme moi, deux mots du titre vous sont inconnus, pas de panique, l’auteur les explique plus tard dans le texte. C’est d’ailleurs une nouvelle étrange et décoiffante. Sous forme d’essai scientifique, deux chercheurs expliquent leurs travaux et leurs conclusions sur la nature de la mutation génétique impactant la reconnaissance du « genre ». Le rapprochement avec L’homme qui mit fin à l’histoire de Ken Liu me vient automatiquement par la forme inusitée du récit et sa portée.

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  • Aujourd’hui je suis Paul de Martin L. Shoemaker

Une belle nouvelle avec un thème qui me captive, l’I.A. . Elle possède les critères qui me font vibrer : une thématique SF, une histoire, au moins un protagoniste séduisant, de l’émotion et un petit quelque chose en plus. Gros texte.

  • L’équation du wagon, de Jean-Marc Agrati

J’avais presque l’impression d’un voyage dans le train désagréable. Je n’ai pas adhéré.

Les interviews

Avec parcimonie, j’aime lire les interviews. Les auteurs y causent de leur univers, des difficultés rencontrées, et de leur processus créatif. Il y a une certaine redondance même si chacune individuellement est intéressante – plus ou moins.

  • Interview de Bruce Riley, illustrateur de ce numéro 12 sur la vision de son art et son processus créatif.
  • Aliette de Bodard qui cause de Workshop, de ses textes et de son absence dans l’édition française
  • Joëlle Bitton sur le design spéculatif très bizarre, très loin de ma zone
  • Jean-Marc Agrati, un peu trop autre que sfff
  • Léo Henry
  • Luvan
Un petit retour sur l’éditorial et le contenu global

L’éditorial pousse à la réflexion et m’incite à poser quelques questions. Nous apprenons que le slogan de la revue a été modifié passant d’éclat d’imaginaire à épreuves de la réalité. Cette altération de nom est loin d’être anodine et illustre la volonté de changer de portage, de ligne éditoriale. Je salue cette volonté de rapprocher auteurs de Sf et scientifiques, l’envie d’explorer à fond un concept ou une notion.Et c’est une réussite à la lecture de ce numéro.

Pour quelle finalité?

Ma question est rhétorique, mais traduit également une certaine perplexité quand à l’ambition même de la revue Angle mort, et surtout de la sf française. La niche des lecteurs sfff est microscopique – je serais curieuse de connaître les chiffres de vente des ouvrages sf chez nos éditeurs (1 000, 2 000, 5 000?) – La SF made in France est moribonde (s’il n’est pas déjà morte). Le genre souffre d’une double peine : considéré comme trop élitiste ou à l’inverse comme de la littérature pour ado attardé. Il suffit d’en discuter avec son entourage pour s’en rendre compte.

A la recherche de reconnaissance et de respectabilité, la sf en fait souvent trop. Vouloir l’épurer et la pousser vers la blanche, engendre des textes qui n’invitent que rarement à l’extase. Les récits sont régulièrement déprimants et engagés unilatéralement, largement salués par un petit microcosme. Du moins, est-ce l’image d’une lectrice loin de ce vase clos, loin de Paris.  D’un autre côté, en optant vers un rapprochement science dure, j’ai la crainte que la Sf  française ne produisent que des œuvres arides.

Bref, ne gagnerait-on pas en jouant la carte de la sincérité ? En cherchant à surtout écrire une bonne histoire ?  Souvent le genre made in France investit dans l’idée et le concept au détriment d’une bonne trame, de personnages solides et d’une prose à la portée d’une majorité de lecteurs. C’est bien de ce faire plaisir en étalant les opinions idoines,  ou développant un concept scientifique poussé, c’est quand même mieux de chercher à satisfaire le lecteur. Autant je redemande des nouvelles et romans de grande qualité  cependant à la longue cela me gonflerait et je constaterai que mon genre de prédilection virerait au snobisme le plus crasse si ce n’était que de l’étalage de concepts scientifiques. Je suis sans doute naïve…

Personnellement, voici ce que j’attends d’un récit : m’éclater la trombine en  compagnie de personnages marquants, m’enivrer de sensations fortes avec des mollusques ou des mercenaires sans foi ni loi -ou avec, et si l’auteur m’offre davantage, c’est encore mieux. Si je ne veux que me morfondre le bulbe grisâtre entre mes deux oreilles, je lis des essais, des revues spécialisées, je regarde des documentaires.

Bref, tout cela pour dire, que je n’ai pas très bien saisi la direction de la future ligne éditoriale, même si j’ai grandement apprécié la qualité ainsi que l’intérêt des textes et articles proposés. D’ailleurs, merci pour ces excellents moments.

PS : table des matières à rectifier

Roldan Concept art

 

Bifrost 84 : spécial Robert Howard

Au sommaire de ce numéro 3 nouvelles :

  • De si tendres adieux de Romain Lucazeau

Ce récit précède le diptyque Latium sorti en cette fin d’année. L’ambiance tragédie grecque enveloppe les pages de ce space opera. Ayant déjà lu le premier tome de son roman, j’étais familiarisée avec la prose de l’auteur  et l’histoire. Ce fut agréable d’avoir un aperçu qui précise davantage son univers. En prime, pas de notes en bas de page!!!

  • Les Hôtes de Christian Léourier

Ce mois-ci avec Les choses de Peter Watts, j’ai eu droit à une double ration d’occupation de corps par un être vivant. A la différence de la nouvelle de l’auteur canadien, dans ce texte ce sont des humains qui se servent d’hôtes. J’ai été heureuse de retrouver Léourier avec une nouvelle fort agréable et une plume dont j’apprécie la fluidité et la « musique ».

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  • Les eaux en furie de Robert E. Howard

C’est un western avec un sorcier que je n’ai pas trouvé, il paraît qu’il s’y trouve. Faudra que je la relise un peu plus tard.

Outre les rubriques habituelles (critiques, scienti-fiction, …), Bifrost propose un dossier complet sur Robert E. Howard. Auparavant, pour moi l’auteur se résumait purement à Conan le barbare avec Schwarzy et un médiocre doublage en français.  Rien n’était plus faux et ce numéro permet non seulement de rectifier quelques à priori infondés, mais aussi d’avoir un aperçu sur l’ensemble de son œuvre et de découvrir un auteur très sensible et relativement éclectique.  Merci à Patrice Louinet et Claude Ghédir.

Bifrost offre la parole à d’autres acteurs de la littérature que les libraires – à la fin c’était répétitif, et le changement est bienvenu. C’est Mélanie Fazi qui ouvre le bal sur son travail de traductrice. Article qui confirme mon appréciation de l’auteur/traducteur et la qualité de son travail sur les romans de Brandon Sanderson. Au passage, j’adore les petites trouvailles…

En Bref, un numéro qui permet de découvrir ou de re-découvrir Robert Howard – la mise au point est salutaire -; la nouvelle de Léourier est celle qui m’a séduite, l’interview de Mélanie Fazi vaut le détour, le reste est classique chez Bifrost.

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Galaxie n°44 – Orson Scott Card

Le dossier :

Au sommaire de ce numéro un dossier Orson Scott Card qui permet de connaître un peu mieux le parcours et la conception de conteur de l’auteur. J’ai particulièrement apprécié l’article relatif au choix et à l’élaboration de ces personnages. Une sélection centrée sur les jeunes années qui façonnent l’adulte. OSC est aussi un auteur reconnu pour ces « cours » sur l’écriture. J’avoue que je ne comprends toujours pas la nécessité de rappeler perpétuellement ses convictions personnelles ? Je m’interroge.

Toujours est-il voici un dossier qui permet de mieux connaître l’auteur de La stratégie Ender, et de découvrir partiellement l’homme derrière la plume. Très intéressant.

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Les nouvelles :
  • Vieux enfants de Orson Scott Card

Un nouvelle  dans le cadre du dossier OSC, écrite au début de sa carrière. Le processus de vieillissement est le sujet abordé, c’est assez amer et un poil déprimant, mais  se lit d’un bout à l’autre.

  • Par les yeux de l’ennemi de Claudio Chillemi
  • Le vicaire aux 7 pignons de Nina Allan
  • Bestialité de Jean-Luc Marcastel
  • L’échelle de Dieu de Brice Tarvel

Nouvelles assez longues et parfois compactes dont l’intérêt varie surtout en fonction de nos goûts. Peut-être que j’arrive au point de saturation ce mois-ci avec la lecture de 39 textes de formats courts. Bref, toujours est-il que je ne suis pas accrochée. Je prendrai le temps de les relire pour donner un avis plus « équitable ».

  • Voie d’amour de Martine Hermant

Digression sociale ou nouvelle, telle est la question…

  • Panthère noire de Paul Hanost

Entre rêve et réalité, les sacrifices et la souffrance, cette nouvelle est cruelle. Panthère Noire est un jeune homme qui remet en cause leur mode vie… Courte et surprenante.

Puis le tour des BD, comics et films.

Ce mois-ci, c’était un mois « nouvelles » et j’avoue une certaine lassitude surtout qu’il ne s’agit pas de mon format de prédilection ( 3 recueils, 3 revues). Chaque revue offre de quoi passer un bon moment et remplir sa jauge « tout azimut »: OSC, ou Howard et un florilège de nouvelles.

33 réflexions sur “Spécial revues -Angle mort, Bifrost, Galaxie.

  1. Merci beaucoup pour l’intérêt porté à la revue ! On est très curieux de voir ce que tu vas en penser !

    *Julien Wacquez* Doctorant – Sociologie EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris) Directeur éditorial pour la revue Angle Mort / Blind Spot

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  2. 1/ L’association des deux citations est tout simplement géniale, bravo.

    2/ D’accord du premier au dernier mot avec ta réflexion sur la SF française.

    3/ Plus je découvre Mélanie Fazi, plus je l’apprécie également.

    4/ La « nécessité » de rappeler les convictions d’OSC ? Aucune. Ce n’est qu’une manifestation de plus de l’attitude qui consiste à colorer, parasiter, orienter, une analyse qui devrait être purement littéraire et objective avec les convictions politiques de l’auteur de la dite analyse (quelles qu’elles soient, d’ailleurs, je ne trouve pas plus pertinent un article qui tape sur Miéville juste parce qu’il est d’extrême-gauche qu’un autre qui vomit OSC juste pour ses convictions).

    Aimé par 3 people

    1. Merci Apo!
      1/ J’ai cherché un bon moment, je voulais quelque chose de « pertinent » et drôle. Suis-je folle, du coup ? lol
      2/ Je m’en doute!
      3/ Cette interview de Mélanie Fazi m’a beaucoup plu et le travail qu’elle réalise avec Sanderson me ravit. J’ai vraiment envie de découvrir l’auteur.
      4/ Cela m’exaspère dans un sens comme dans l’autre. S’agit-il de discréditer par avance le récit et l’auteur ? Ou sont l’ouverture d’esprit et la tolérance prôné par le monde de la sfff ? Parfois, je me demande si cela ne relève pas du monde psychiatrique…

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    2. Moi aussi, d’accord avec la réflexion sur la SF française.

      Pour OSC, l’implication de la politique autour de lui me révulse. OSC est libre de croire en ce qu’il veut. Globalement, en France, la pensée de Gauche/Extrême-Gauche parasite trop la SF.

      Aimé par 2 people

      1. Oui, j’en ai nettement l’impression plus je lis, plus je consulte les critiques pro… J’aurais aimé trouvé davantage d’avis purement littéraires… Je note que OSC est jugé artistiquement à l’aune de ses convictions religieuses, même si ses récits en sont dénués. Dommage qu’il n’y ait pas plus d’avis impartiaux.

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  3. Tiens, une sensation de déjà-vu !

    Je plussoie aux citations géniales, on en redemande à chaque billet.

    Sur la revue Angle mort, il faut que je saute le pas, un vrai plus les interviews.

    Concernant ton analyse sur la SF, je la comprends mais je ne suis pas d’accord sur certains points. Appréciant surtout l’anticipation, j’aime quand c’est noir et déprimant. (En tant que psychopathe, cela me rend joyeux). Je trouve qu’il n’y en a pas tant que cela, à part peut-être en Young adult.
    Le rapprochement SF-blanche ne me gène pas du tout : les amateurs de SF se plaignent souvent que le genre est dénigré, cette symbiose peut aider à changer les regards. Prendre ce qui est bien en blanche, en imaginaire, en noir pour en faire un chef d’oeuvre, pourquoi pas ? Je suis pour une littérature transgenre. (Latium (je n’ai pas lu) n’est-il pas un mélange de genre ?)

    Là où je te rejoins, c’est qu’il faut une bonne histoire, et aussi des personnages caractérisés.
    Vive la littérature populaire intelligente qui tire les lecteurs vers le haut, à bas le snobisme parigot (Latium (je n’ai toujours pas lu) n’est-il pas un peu snob ?)

    Mon constat : je trouve qu’il n’y pas assez d’anticipation, tu penses qu’il y en a trop.
    Tu trouves qu’il n’y a pas assez de SF militaire ou de space op, je trouve qu’il y en a trop.
    Et on peut de cette manière faire de même avec tous les sous genres de la SFFF et tous les lecteurs.
    Nous ne sommes jamais contents !
    Mais il en faut pour tous les goûts.

    En tout cas, ton analyse est argumentée et provoque le débat.

    Dernière chose : les flocons m’ont fait mal aux yeux !

    Aimé par 2 people

    1. LOL
      Je penserai plus souvent aux citations. Attention, je préfère prévenir, elles tournent souvent autour du doute..

      Je t’encourage à sauter le pas concernant la revue Angle mort que j’ai beaucoup apprécié.

      Je ne qualifierai pas mon propos d’analyse, ce n’est pas assez examiné pour cela, c’est un ressenti général, une idée globale qui exigerait d’y consacrer un peu plus de temps.

      Je n’évoque pas de sous-genre volontairement, car je voulais une vision globale. Et, je suis dans une position plus nuancée. Mais nous pouvons détaillé un peu plus.

      J’ai déjà noté ton goût pour l’anticipation, c’est vrai que celle-ci est bien représentée en France et à l’étranger, à mes yeux. (Il faut que tu lises Water Knife ). C’est un genre qu’effectivement je trouve déprimant mais surtout, je ne trouve guère beaucoup d’originalité d’un texte à l’autre. Ce n’est pas forcément en terme de « message » ou de canevas que j’espère un sursaut, mes attentes sont concentrées sur les personnages dans ce cas, des trames intéressantes (Je n’ai pas tout lu non plus). Du coup, je ne trouve pas qu’il y en a trop, les auteurs peuvent en écrire davantage même, mais en variant légèrement les thématiques, les perspectives, les trames, les univers, les protagonistes, l’adversité, les causes,….

      En terme, de SF militaire, je n’attends rien de la sf française qui a une vision du milieu très caricaturale. 😉 Et je suis assez servie avec les autres productions.

      Le space opera est le sous genre par excellence où les deux aspects Spéculation & « spectacle » sont à même de se marier parfaitement (pas le seul!), et c’est rare d’avoir cela (Génefort y parvient, Di Rollo). Souvent, c’est l’un au détriment de l’autre. Alors, oui, je pense qu’en faisant passer le lecteur au premier plan, nous gagnerions tous.

      Comme tu l’écris, c’est ça que j’attends de la sf made in France quelque soit le sous-genre : « Vive la littérature populaire intelligente qui tire les lecteurs vers le haut, à bas le snobisme « .

      Pour en revenir au rapprochement littérature blanche/sf, en soi, je n’y suis pas opposée. Il nous faut des auteurs habiles mais qui n’ont pas le melon, qui parviennent à concilier les deux approches. Un récit de blanche qui n’a pour cadre (décor de théâtre) un univers sf, ce serait décevant.
      Pour Latium, c’est assez particulier, je ne sais pas encore si c’est « réussi ». Il y a bien les « marqueurs » sf, mais le contexte opera grec perturbe beaucoup le repérage du lecteur sfff. Et, nous nous retrouvons également avec une prose presque précieuse, à la limite du prout-prout parigot.
      Oui, pour une littérature transgenre mais qui respecte le lecteur sfff.

      Le débat est le but de cet article!

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      1. Je doute encore un peu sur Angle Mort !
        Le père noël devrait sans aucun doute me déposer Water Knife.
        Lorsque nous aimons un genre, nous voyons plus facilement les différentes nuances entre les oeuvres qui le composent, cela ne fait pas de doute.
        Et je suppose que pour de la SF populaire et intelligente, il nous faudra attendre un peu, cela n’a pas l’air au goût du jour, mais j’espère me tromper.

        Allez cadeau tiré de Kaamelott (Livre III, La Chevalerie)
        Arthur : Pour faire simple : « On peut douter de tout, sauf de la nécessité de se trouver du côté des opprimés »
        (…)
        Yvain : C’est marrant parce que mon père, il a une phrase presque pareille : « On peut douter de tout, sauf de la nécessité de se trouver du côté de celui qui a le pognon »

        Aimé par 1 personne

  4. Je crois comprendre que tu revendiques une SF populaire et sans trop de « prise de tête », je partage cet avis ! J’ai l’impression que les francophones sont beaucoup plus (et beaucoup trop) orientés fantasy, plutôt que SF. Heureusement, il y en a qui concilient aventure et fond un peu plus subtil : Léourier et Genefort par exemple.

    Aimé par 2 people

    1. Oui, Xapur. Je souhaite une sf populaire et sans prise de tête plus présente, avec quelques textes plus spéculatifs. Rien effectivement n’empêche de concilier les deux. Nous avons des auteurs qui savent faire, j’aime beaucoup Génefort. La plupart d’entre nous regardons à l’étranger pour avoir ces récits…

      Aimé par 1 personne

    2. Les gens privilégient la fantasy parce qu’il n’y a justement pas de prise de tête. La fantasy c’est l’aventure ! Presque toute la fantasy c’est la non-prise de tête et l’aventure. C’est très nettement moins cas de la SF. Pourquoi croyez-vous que Bordage est l’auteur SF le plus vendu, sinon ?

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      1. Je me doute un peu que la fantasy est choisie pour son côté évasion et détente. Et c’est vrai que la SF s’affiche comme cela. J’emploie s’affiche à dessein et l’on rejoint un peu mes propos de l’article. A vouloir revendiquer et écrire des textes « sérieux », ne loupe-t-elle pas la cible finalement, où les concepts et idées prennent le pas sur une bonne histoire ?

        C’est mon regret, car la sf possède la couenne pour faire les deux, et en restant dépaysante!

        Pour Bordage, je ne me prononcerais pas, je n’ai lu qu’un seul livre et je n’ai pas la moindre idée des ventes.

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  5. Patrice

    Merci pour ce super article qui fait le tour des revues des mondes imaginaires. Je ne les connaissais pas toute. Je suis curieux.
    Et, je partage ta vision sur la sf française. J’aime aussi beaucoup l’anticipation.

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  6. J’aime bien Angle Mort, je ne devrais pas tarder à acheter le dernier numéro, aussi « clivant » qu’il puisse être.

    Pour le débat sur la SF francophone, il n’est pas nouveau, ça fait des années qu’on entend dire que la SF anglo-saxonne s’attarde plus sur l’histoire alors que la SF francophone privilégie le style. Du coup, si tu cherches de la littérature populaire (mais de qualité bien sûr), avec un univers riche et bien pensé, des aventures rythmées, sans exclure des réflexions sur notre monde ou son évolution, c’est plutôt côté anglo-saxon que tu te tournes, c’est assez logique.

    Certains auteurs français se démarquent un peu de cette mouvance « franco-française », j’ai vu citer Genefort ou Léourier (on pourrait ajouter Ligny ou même Davoust, ce dernier brouillant un peu les lignes avec son univers allant de la fantasy à la SF), et c’est tant mieux, même si avoir du style, une belle écriture, est un élément de poids à condition qu’il ne prenne pas le pas sur l’intrigue ou l’univers.

    Bref, pas facile de trouver un équilibre entre tout ça…

    Aimé par 1 personne

    1. La revue en elle-même n’est pas clivante, et c’est un très bon numéro. Mais, je voulais écrire mes deux grains de sel. Peut-être qu’un jour, le lectorat français se fera entendre sur la sf.

      Je pense que tu résumes bien la « problématique » : la SF anglo-saxone s’attarde davantage sur l’histoire, et du coup on se régale régulièrement. La SF française a choisi le style, et on se régale rarement.
      Je suis la première à me tourner vars la SF anglo-saxone car elle propose les iongrédients que je recherche et que tu cites.
      Sans doute, l’équilibre n’est pas facile à atteindre, mais nos amis anglo-saxons y parviennent souvent et parfois avec brio. Pourquoi eux, et rarement nos auteurs français.
      (Je n’ai pas mentionné Davoust que j’ai l’intention de lire, ou Ligny que je n’ai toujours pas lu).

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      1. C’est intéressant ce point de vue sur la différence entre SF française et SF US. Personnellement, je ne dirais pas du tout qu’en France, les auteurs de SF font du « style ». Après ça dépend ce que vous entendez par « style ». Il me semble que ce que l’on désigne usuellement par style c’est le fait que l’écrivain prend le langage écrit comme objet de son investigation (il expérimente sur la sonorité des mots, le rythme de la phrase, pour produire des effets de « style »). Ce n’est pas l’objet des écrivains de SF français. C’est plutôt de raconter une histoire de SF. Je ne dirais pas non plus que ce qui démarque la SF US c’est le fait de « se concentrer sur l’histoire ». La différence principale entre SF française et SF US, c’est plutôt la place de la science dans le récit. La Hard Science, ça n’existe pas en France, alors que j’ai pu rencontrer des communautés de lecteurs aux US qui lisent les textes de SF uniquement pour vérifier les maths (est-ce que tel vaisseau, avec tel système de propulsion, peut effectivement arriver à telle destination avant tel autre vaisseau avec tel autre système de propulsion).

        Aimé par 1 personne

        1. Sans doute, avons-nous tendance à généraliser le paysage SF et Fantasy, ou la recherche du « style » est plus sensible. Mais, combien de fois lisons-nous des remarques sur le style des auteurs américains ou anglophones, commentaires qui indiquent que nos auteurs francophones soignent davantage cet aspect de leur texte. Cela concourt à cette impression.

          Après, cette généralisation en soi, n’est pas une bonne chose car elle ne reflète pas le panel des auteurs.

          Les critiques et les éditeurs présentent la production française comme une sf plus « humaniste » (un terme un peu trop galvaudé à notre époque, un peu comme un talisman, perso, je ne connais pas beaucoup d’auteurs ou de personnes qui n’aient pas de fibre « humaniste », mais c’est un autre débat), plus centrée sur le message et la thématique. Et, c’est au détriment de l’histoire elle-même, du moins dans les textes que j’ai lu.

          Bref, à quelques exceptions, je préfère à titre perso, la sf anglo-saxone à la sf francophone, sans être vraiment fan de hard-sf. 🙂 – Exemple, j’aime beaucoup ce que fait L. Genefort, Day, mais pas des masses Andrevon. D’autres sont quand même prétentieux…

          Je ne vais pas me prendre la tête pour savoir si la formule mathématique est correcte, la « magie » du récit perdrait toute sa saveur.

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