Légion de Jamie Sawyer

Lazare en guerre, tome 2

L’Atalante

Dans le tome précédent, L’artefact de Jamie Sawyer, nous faisions la connaissance du Capitaine Conrad Harris, un soldat expérimenté navigant dangereusement sur le fil du rasoir. Depuis, les péripéties et les drames se sont enchaînés, aboutissant à une bataille épique sur Hélios, une planète perdue dans le Maëlstrom.

« Devenu Lazare, Conrad Harris est envoyé par le Commandement allié se mesurer à un nouvel artefact bribe. Accompagnée de Saul, le xénolinguiste, son équipe rejoint le Colosse et sa flotte de seize navires dans le Maelström, une zone de l’espace très tourmentée où Elena a disparu. »

Sans prétendre révolutionner le genre, le premier volume montrait des signes intéressants, de l’action et du rythme sans être dénué de fond.

Légion, nous propose un cocktail tout aussi explosif; reste à savoir si l’intérêt est au rendez-vous.

L’environnement change très peu dans Légion. L’homme occupe une partie de la galaxie, son expansion ayant été freinée par la rencontre avec un alien particulièrement agressif, modulable et virulent. Cette espèce partage des traits physiques et de caractère avec les fameux Aliens (Le 8° passager) de la série de films.  Elle va même au-delà car sa capacité d’adaptation lui donne un avantage bio-technologique important.

Ce sont les Krells, des êtres bio-mécaniques impressionnants, allant de la simple chair à canon à la nef immense dégueulant du plasma en vois-tu en voilà! L’espèce humaine peine à rivaliser avec eux, et c’est peu dire….

Mais dans Légion, dont le titre ne tente pas de restituer l’idée d’une multitude, les krells seront très peu présents au profit d’un autre invité tout aussi coriace.

Conrad Harris, désormais Commandant,  et sa bande de légionnaires, sont envoyés au cœur du Maelstrom à la recherche d’un deuxième artefact Bribe. Le premier découvert et arraché dans le sang sur Hélios, était une clé aux dimensions modestes parfaitement transportable. Ce second objet extraterrestre ne possède pas les mêmes proportions puisqu’il fait la taille d’un petit astéroïde. Plutôt retors et virulent, il ne laisse approcher aucun vaisseau et tire à vue. L’approche est donc particulièrement ardue, mais la Légion Lazare n’est pas dépourvue d’astuces.

Une autre surprise attend nos soldats : cet objet creux est habité par une créature vive et redoutable qui semble protéger l’artefact. Les simulants de Lazare et de son homologue vont tomber régulièrement sous les coups de cette masse sombre et omniprésente…

L’espace relativement clos, l’obscurité qui règne à l’intérieur de l’astéroïde artificiel ainsi que la violence des combats font davantage penser à Alien que précédemment le roman précédent. Il flotte également un parfum horrifique et malveillant qui se met au diapason de cette franchise.

Je rassure les fans de Krells : ceux-ci seront également de la partie, bien qu’en périphérie d’un récit ne se résumant pas qu’à une succession de combats entre des humains améliorés et la créature de cauchemar.

En effet, d’autres éléments constituent une intrigue secondaire. Le Directoire pointait déjà le bout de son nez sur Hélios, et Le Colosse n’est pas à l’abri d’une infiltration. La méfiance est ainsi de mise, laquelle associée à une certaine paranoïa ne facilite pas les relations entre les divers personnages.

Les protagonistes sont calibrés pour un roman de ce genre. C’est stéréotypé mais efficace, même Conrad qui m’avait un peu agacée initialement me convainc davantage. Ainsi, les flashbacks relatifs à son enfance sont-ils les bienvenus et gomment-ils mon impression artificielle précédente. Cet enrichissement de son background lui donne du corps, et permet au lecteur d’éprouver une certaine  empathie. Deux petites touches féminines sont également au programme et atténuent légèrement la testostérone ambiante.

Jamie Sawyer a songé à présenter un département recherche et technologie actif. Ainsi, la technique stimulante connue jusqu’alors céde déjà le pas à des avancées encore plus prometteuses. Les pilotes des aéronefs de protection des bâtiments de la Flotte sont des êtres guidés depuis une cuve, et adapté aux exigences des vols et voltiges spatiaux. De nombreux gadgets font également leur apparition, avec un armement amélioré, des drones, des boucliers, des mécas,… de quoi réjouir les amateurs d’empoignades velues et peu fraternelles.

Dans L’artefact, j’avais déjà la sensation d’une petite similitude avec Le Vieil Homme et la Guerre, bien que le transfert soit définitif dans le roman de John Scalzi, cependant cette adaptation aux compétences recherchées m’y fait penser plus encore. Il m’est impossible de ne pas faire le parallèle avec Jupiter et les centaures de Poul Anderson avec ces soldats synthétiques pilotés depuis une cuve du Colosse

Le fond n’est certes pas absent mais bien loin de ces références et du premier tome. Certes, l’accent est mis sur la virtualité des combats dignes des jeux vidéos actuels, sans que le joueur en sorte totalement indemne. La parallèle avec la réalité virtuelle et les jeux immersifs les plus violents semble évident. De même, Conrad Harris et ses 4 légionnaires présentent des troubles liés aux stress post traumatique, un peu plus exploité ici que dans L’artefact, mais la réflexion n’est pas assez poussée (et certainement pas novatrice) pour combler les attentes dans ce domaine.

Reste un roman de sf militaire bourré d’action, sans temps mort (même si quelques décès sont à déplorer…), qui saura séduire les lecteurs en recherche de sensations fortes. Nous sommes loin de la référence du space opera militaire Honor Harrington de David Weber, ou encore d’un cycle que j’apprécie, La Flotte Perdue de Jack Campbell.

Malgré ma déception, je lirai la suite car les Bribes ont éveillé ma curiosité, ainsi que leur technologie révolutionnaire. Désormais, je sais à quoi m’attendre.

 

Autres critiques :

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Challenge Littérature de l’Imaginaire – 5° édition

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Le livre :
  • La dentelle du Cygne
  • 464 p
  • broché 23 €
  • e-book 9,99 € SANS DRM

 

10 réflexions sur “Légion de Jamie Sawyer

  1. Ping : La légion – Jamie Sawyer | Le culte d'Apophis

  2. Oui, ce tome ci nous introduit un nouvel ennemi et nous remet le directoire au centre de l’intrigue alors que jusqu’ici il était un chouilla absent.
    Le point qui m’a embêté moi se sont les hallucinations de Lazare, je ne les ai pas compris et j’ai trouvé qu’a certains moment ça ressemblait un peu trop à un Deus Ex Machina notamment lors de la bataille dans le vaisseau.

    Aimé par 1 personne

  3. Jean

    Je suis en train de le finir et je suis tout à fait d’accord avec toi. (J’ai déjà lu le dernier chapitre, je me fous des spoilers…) Je lirai la suite également ; c’est une série sympa, qui ne révolutionnera pas le genre, bien sûr, mais du bon travail de pro.
    Bonne rentrée !

    Aimé par 1 personne

  4. Très belle chronique ! Je ne sais pas pour autant si je vais me plonger dans ce second tome. Même si j’avais aimé le 1er, je me rends compte que j’ai commencé à oublier pas mal de choses. Et puis j’pense que le manque parfois de profondeur et l’aspect jeu vidéo des combats, même s’ils sont superbement bien rendus vont me lasser.
    Enfin bref. Je lirai avec plaisir ton avis sur le 3e tome !

    Aimé par 1 personne

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