A la recherche de Spock de Vonda McIntyre

Star Trek III – fureurs et émotions

 

« Longue vie et prospérité » – Spock

Cela fait une éternité que je ne vous ai pas offert une petite critique d’un roman de la franchise Star Trek. Je suis certaine que cette immersion dans l’univers trekkie vous manque et que vous attendiez avec une impatience non dissimulée une de mes fameuses interventions sur le sujet. 🙂

Je vous sais passionnés au nombre de vues (allez, je mets la chose au pluriel) et de commentaires! 😉 . Mais après tout, ce blog est justement destiné à aborder les sujets SFFF qui me font rêver, réfléchir, pleurer ou encore rire. Star Trek est de ceux-là.

A la recherche de Spock, le troisième volet de la saga portée à l’écran débute peu de temps après La Colère de Khan. La novélisation en roman par Vonda McIntyre suit exactement le même canevas.

L’équipage de l’Enterprise est parvenu à se défaire du redoutable Khan pour la seconde fois. Le bâtiment est sur le point de rendre l’âme alors que son cœur d’anti-matière menace d’imploser sans intervention manuelle directe. Spock se sacrifie lors d’une scène émouvante et mémorable.

« A bord de l’Enterprise, chacun a du mal à accepter l’idée que Spock n’est plus.
Pendant ce temps, la Torpille Genesis, qui a été récupérée par la Fédération, a transformé un monde mort en une planète bouillonnante de vie. Mais Genesis a aussi le pouvoir de détruire les mondes existants.
Les créateurs de Genesis auraient voulu que toute la Galaxie profite de ses possibilités infinies. Malheureusement, Genesis est aussi une arme potentielle, peut-être la plus puissante jamais créée. Et Starfleet Command doit à tout prix l’empêcher de tomber aux mains des ennemis de la Fédération… »

Comparativement au tome 2, A la recherche de Spock est moins porté sur l’action, et également moins bien perçu par les fans, alors que l’histoire en elle-même est de qualité et ne manque pas de profondeur. Trois points expliquent ce désamour.

Le premier tient à la réalisation du film, qui est le premier long métrage de Leonard Nimoy, l’acteur interprétant le vulcain. Cette raison-là, perceptible à l’écran est gommée par l’écriture de Vonda McIntyre qui parvient à restituer un cachet space opera à cette aventure. Par conséquent, la novélisation s’affranchit d’un des reproches récurrents sur ce troisième volet.

La planète Génesis est bien décrite et les affres qu’elle subit parfaitement restitués. Cette terre à l’agonie, fol espoir de la galaxie, connait une activité sismique destructrice. La tectonique des plaques et le volcanismes ne rendent aucun lieu sûr, et les quelques mers sont la proie de tsunamis. En outre, Vonda McIntyre n’en était pas à son premier roman de SF (et de la franchise), ainsi les quelques scènes dans l’espace collent parfaitement à nos attentes.

L’absence  relative de Spock dans le roman (et le film) est un élément qui ne peut être compensé par l’auteur. Avec un personnage aussi charismatique, aimé et attendu, sa position très en retrait ne peut être tout à fait palier. Toutefois, le roman n’a trait qu’à Spock. Et les reproches sont assez paradoxaux car il imprègne chacune des pages par les dialogues, les silences, l’émotion dégagée et par cette quête désespérée. Son absence est ressentie durement et durablement par l’équipage – essentiellement par Kirk qui semble perdu; même McCoy toujours en train de râler et de l’houspiller dévoile la profondeur de son amitié pour le vulcain. Ce roman fait la part belle aux personnages – certes Spock y est très en retrait.  L’évolution de leurs perceptions, leur tentative de s’habituer à l’absence de l’ami proche, l’incapacité à faire le deuil, toutes ces réactions liées à la perte sont exposées et abordées avec sensibilité.

J’ai trouvé à la fois vraisemblable et agréablement surprenant de voir un Kirk dépeint avec cette maturité, pudeur et subtilité. Son personnage, tout en charme, en ruse et en témérité ne nous avait pas habitué à cette attitude : accepter et montrer sa douleur (avec pudeur), sans démonstration de machisme!

Corrélativement, le roman (et le film) plus introspectif, délaisse quelque peu le volet action. Mis à part la question de survie parmi les éléments déchaînés de la planète,  seule une ultime bataille spatiale séduira les amateurs des rythmes enlevés et des cascades. Ce n’est pas pour autant un roman lent et ennuyeux. Il joue sur un autre registre tout simplement. L’agonie de la planète, la recherche de Spock avec ce compte à rebours, les klingons présents toujours à chercher des noises à Starfleet ont de quoi occuper le lecteur.

Au niveau des thématiques, outre le deuil et la perte, ce texte s’axe sur l’éthique scientifique, alors que notre équipe de choc doit faire face aux conséquences des décisions du fils de Kirk, un chercheur un peu impatient.

 

En résumé cet opus, plutôt malaimé s’avère une bonne pioche en terme de roman, les personnages sont très bien travaillés, cohérents avec la franchise, mais également plus nuancés. Certes, l’action ne défrise pas le lecteur, mais il ne perd pas au change, avec un récit plus profond que la production moyenne. La planète Génésis à l’agonie offre un environnement chaotique digne des romans apocalyptiques. Et pour couronner le tout, Spock est de retour…. pour ceux qui en doutaient! J’ai beaucoup aimé cet opus que je relis régulièrement.

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Ce livre est pour vous si :

  • vous êtes un inconditionnels de Star Trek
  • vous souhaitez un roman mêlant space opera & apocalyptique
  • vous aimez Spock

En revanche, déconseillé si vous :

  • vous êtes allergique au space opera
  • vous voulez des batailles pweeh-pweeeh à tout va
  • si vous ne connaissez rien à Star Trek

 

Autres critiques :

peut-être un jour…

Challenge :
Le livre :
  • 297 pages
  • 1 novembre 1990
  • arena
  • occaz seulement (ou version num qui n’existe pas)

 

 

14 réflexions sur “A la recherche de Spock de Vonda McIntyre

  1. hyo

    Alors c’était donc ça les batailles « pweeh-pweeh » que j’aime? Mince! dire que je l’ignorais après toutes ces années de Star Wars fanatic, quel ballot je fais, loué soit notre lutin et sa révélation. Sinon Star Trek fait partie pour moi de ces choses que l’on a aimé mais le temps nous à éloigné a jamais, sans aucuns regrets du reste.

    Aimé par 1 personne

    1. C’est un terme technique très évolué, et diificilement accessible aux communs des mortels!! 🙂
      J’adore les batailles « pweeh-pweeh »!

      Je confesse qu’il y a une bonne dose de nostalgie dans la lecture et la rédaction de ces billets. J’entame toujours un tome avec le sourire aux lèvres. Et j’ai l’espoir de tomber sur des pépites… il m’en reste encore un bonne cinquantaine! 😉

      J'aime

    1. Merci Apo! 🙂
      Pour l’instant, je ne suis pas tombée sur un roman de la franchise qui soit susceptible de t’intéresser vraiment. Il y a des trucs sympa; mais pas suffisant.
      Effectivement, DS9 et Dax valent le détour, déjà ST est plus sombre. Mais, je finis TOS, et ensuite je verrai si je continue ou pas. J’en ai pour encore 5 ou 6 ans! 🙂
      J’ai un gros côté nostalgie et affectif avec ST!

      Je suis très heureuse que tu me laisses un petit commentaire m^me si tu ne comptes pas le lire! 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Ne connaissant rien quasiment à star trek (en dehors des films récents mais c’est différent) je ne pense pas qu’il soit adapté pour moi, mais je ne suis pas contre quelque sériels de temps en temps, du coup peut être que je tenterais un livre pour voir un jour 😛

    Aimé par 1 personne

    1. Pour la plupart des romans, je pense qu’il faut être familier avec l’univers TOS. Mais parfois nous pouvons tomber sur un bon récit et sans être obligé d’être un fan de la série…
      Un jour, pourquoi pas ?

      J'aime

  3. Pas convaincu par les bouquins tirés de franchises (j’essuie encore le vomi aux coins de mes lèvres, restes d’une énième tentative de lecture de « livres » star wars), mais c’est vrai que la nostalgie aidant, si je trouve les adaptations des premiers films, je vais peut-être tenter. Merci en tout cas d’avoir révélé l’existence de ces ouvrages!

    Aimé par 1 personne

  4. Vert

    Je vois que Vonda McIntyre se défend mieux sur l’univers Star Trek que Star Wars (celui qu’elle a écrit pour SW était une bouse xD). J’avais pas trop accroché à ce film là mais je l’ai pas forcément regardé dans d’excellentes circonstances ceci dit…

    Aimé par 1 personne

  5. Je ne peux décrire mon étonnement face à ce déluge de commentaires pour un billet Star Trek !
    Même si j’arrive bien après la rédaction du billet, je pensais être le premier à commenter ! Tout fout l’camps.

    Ce que tu dis de ce roman, notamment l’absence-présence de Spock m’a fait penser à un célèbre épisode de la série Docteur Who : les anges pleureurs. Un épisode monumental dont pourtant le docteur est quasi absent. Tout ça pour dire que certains personnages sont meiux décrit dans leur absence.

    Et continue ton exploration de cette franchise, peut-être qu’un jour, lointain, ton blog sera reconnu dans le monde grâce à tes chroniques trekiennes.

    Aimé par 1 personne

    1. Ha!ha!ha!
      Oui, habituellement tu es le premier, voire le seul à me laisser un commentaire sur mes billets ST. ET nous connaissons tous la fidélité des amis à 4 pattes!!!
      J’avoue que je fus moi-même surprise, car le sujet intéresse bien peu. (Celui-ci réalise une pointe d’activité fantastique en comparaison des autres articles dédié à ST: 38 vues!) .

      C’est exactement ce qu’il se passe ici : Spock est mieux décrit par son absence!

      LOL! peut-être un jour! Déjà, je souhaite parvenir au bout de mon challenge perso : les chroniquer tous!

      J'aime

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