La quête de Lya de Tristan Valure

Une fantasy YA

 

« Fougueuse et insouciante, Lya ne peut se résoudre à se laisser bercer par la douce vie de Salinar. Après avoir découvert la trace d’une communauté disparue appelée « les Voyageurs », elle n’aura de cesse d’en savoir davantage sur l’histoire de son peuple : « le peuple des étoiles ».

Sa quête la mènera, au gré des rencontres et de ses voyages à travers les provinces, à découvrir des aspects insoupçonnés du monde qui l’entoure. »

Voici une fantasy typiquement made in France, et cela peut surprendre au premier abord dans Albédo. Mais voilà, deux éléments particuliers ont attirés mon attention : la mention d’un peuple des étoiles ainsi que cette quête tournée vers la connaissance.

J’avoue que les romans de fantasy classiques ont tendance à me lasser en raison d’un univers peu novateur et d’une trame vue et revue. La Quête de Lya a l’apparence de ces récits cousus de fil blanc avec son monde médiéval fantastique, cependant Tristan Valure s’en distingue par les deux particularités citées plus haut.

En effet, l’objectif de l’intrigue proposée ne consiste pas à abattre un tyran ou libérer un peuple de l’oppression. Ce n’est pas non plus un roman initiatique, bien que l’héroïne découvre des facettes de sa personnalité au fil de son aventure. Il s’agit d’une enquête historique, une recherche axée sur les origines de son peuple.

Lya est une varlanne. Une communauté/nation/ethnie très proche de l’homme mais qui s’en distingue par des traits plus fins, une physionomie plus élancée et surtout sa capacité à manier la magie. Nous ne sommes pas loin de l’elfe si présent en Fantasy – si ce n’est l’absence des oreilles pointues – car la description et les comportements y font immanquablement penser. L’architecture déployée est harmonieuse et parfaitement intégrée à son espace naturel, l’artisanat est beau et précis, la gestuelle gracieuse, l’apparence élégante.

L’auteur utilise cette similitude jusqu’au bout et pousse le trait d’humour à préciser par l’entremise de Lya que les membres de son peuple sont surnommées les « elfes« .

Mais, les varlans ne sont pas originaires de cette contrée : ils proviennent des étoiles. Comment ont-ils atterri là demeure un mystère que Lya se propose de lever. Pourquoi ne sont-ils pas plus avancés technologiquement, la simplicité comme leur mode de vie actuel font partie des questions soulevées qui méritent une réponse.

Aussi, notre jeune héroïne se propose-t-elle de partir sur les traces de ces aïeux, au grand dam de son paternel qui ne voit pas d’un très bon œil les envies d’ailleurs et la bougeotte de sa progéniture. Il préférerait la voir se fixer et se marier avec l’élu de son choix (à lui). C’est lors d’un voyage officiel qu’elle prend la tangente et s’élance véritablement dans sa quête. Je trouve que ce passage utilise des ficelles narratives convenues et un peu trop visibles.

L’opposition du père de Lya à ses pérégrinations ne repose pas simplement sur des attentes personnelles et des obligations sociales, il y a un réel danger à s’engager seule sur les traces des varlans.

En premier lieu, il lui faut traverser les terres des hommes. Ils ne sont pas franchement hostiles à ce peuple élégant, simplement ils restent méfiants et sans doute jaloux des capacités magiques des varlans. La description n’est guère flatteuse…

Finalement, ce sont les Iles de Gyt la source de préoccupation paternelle. Elles sont peuplées de taurusques, une agglomération de clans tenant à la fois des traditions pictes et des nains pour l’organisation sociale même si leur apparence penche davantage vers le minotaure que ces êtres courts sur pattes…. Mais ce sont en ces lieux que l’histoire de ce peuple débute et que doit donc se rendre sa fille.

Lya atteint aux Iles de Gyt en utilisant un subterfuge magique et s’acoquinant avec un de ces fameux, puissants et terribles taurusques, Tchak. Il faut signaler qu’ils ont en horreur la magie, qu’ils détestent les humains qu’ils n’hésitent pas à asservir et qu’ils haïssent les varlans qui les ont « coincés » sur ces îlots… L’ethnie de la jeune femme lui fait courir d’énormes risques et met d’office sa quête en péril.

Si initialement, la partie  nécessitait de la roublardise et du culot, à partir de Gyt, Lya devra faire preuve de patience, de ruse et bénéficier d’un peu de chance car l’aventure va se corser nettement. Heureusement elle parvient à rentrer dans les grâces de Tchak le fils d’un chef de clan et développe une amitié bienvenue avec Lenan un esclave humain.

Ce trio hétéroclite et étonnant s’avère complémentaire.  Lya assumant le leadership, y apporte la détermination, la magie et l’intelligence; Tchak la force et les ressources logistiques et enfin Lenan, la ruse et l’habileté d’un voleur. Si un parfum de jeux de rôle vous chatouille l’odorat, vous n’êtes pas seuls. Ce trio ma rappelle bien des parties que ce soit en jeu de plateau ou en jeu vidéo (avec le mage, le barbare et le voleur/rôdeur). Les personnages sont bien développés même s’ils n’échappent pas à quelques stéréotypes, mais nous ne sommes pas dans le mièvre et le naïf qui m’agacent largement.

La lecture bénéficie d’une écriture fluide sans fioriture superflue avec la touche d’humour et de dérision qui va bien. Le rythme est bon dans cette trame linéaire assez ramassée pour ne pas lasser. Je ne peux pas dire que Tristan Valure révolutionne le genre avec ce roman, il propose un récit efficace même si j’aurais attendue des révélations plus surprenantes. Ce roman plaira à un public jeune, car le ton est plutôt Young Adult.

Au final, la lecture fut plaisante avec cette aventure de fantasy classique qui bénéficie de quelques particularités qui la distingue des trames courantes. Les amateurs de jeux divers et variés y trouverons des éléments familiers. Le style est clair et efficace tout comme l’intrigue. Ce n’est pas tout à fait dans mon registre car La Quête de Lya manque de complexité.

Ce livre est pour vous si :

  • vous avez apprécié Druide d’Oliver Peru, Gabreil Katz ou encore Arkane de Bordage
  • vous aimez la fantasy francophone
  • vous recherchez un roman divertissant et pas prise de tête

Je vous le déconseille si :

  • vous ne jurez que par les récits ambivalents et tout en nuances.
  • vous adorez McClellan, Erikson,..
  • la fantasy made in France vous déçoit systématiquement

 

Autres critiques :

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Challenges :
Challenge Littérature de l’Imaginaire – 5° édition
Le livre :
  • 300 pages
  • ebook 2,99 €
  • broché 9,90 €

 

17 réflexions sur “La quête de Lya de Tristan Valure

  1. L’image que tu as utilisée est magnifique! D’où est-elle issue?

    De mon côté, ta chronique m’a bien plu et ce livre viendra s’ajouter à une WishList bien pleine. Le côté YA ne me déplait pas tout le temps et quelques stéréotypes non plus. Surtout quand on a besoin d’une lecture peu prise de tête, légère, facile à lire. C’est d’ailleurs la majorité de mes lectures du moment, la fatigue m’empêchant d’apprécier des livres qui me demanderaient trop de concentration. Il reste que je crois apercevoir une nuance un peu sombre dans le récit que tu nous as conté et cela m’interpelle énormément.

    Aimé par 1 personne

  2. Je n’ai rien contre la fantasy made in France, au contraire ^^ Mais c’est plutôt le côté YA, où le manque de nuances qui pourraient ne pas me sustenter, je passe mon tour pour celui-ci !
    J’me sens toute légère là, du coup 😀

    Aimé par 1 personne

  3. Ping : Un Décembre encore noir pour conclure 2017 – Albédo

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