Orglin la Primitive – Jean-Marc Dopffer

Le Cycle de Bracil – 1

Il résulte très peu de mystère quant au genre proposé avec le titre de la série Le cycle Bracil et celui du texte Orglin la Primitive pour l’amateur de SFFF. Cependant, Jean-Marc Dopffer réservs quelques petites surprises de son cru.

La première d’entre elle se dévoile rapidement en constatant le nombre de pages du récit proposé qui s’éléve à une trentaine. En effet, il s’agit là d’une nouvelle, et je penche sur une série de textes courts mettant en jeu Bracil, une contrée imaginaire.

Ce petit cycle de fantasy se révèle surprenant et fort agréable à la lecture.

Pourtant tout commence avec des ingrédients particulièrement connus, la naissance d’une jeune prodige, Orglin, de père et mère autrefois ennemis. Le bébé hérite des caractéristiques de deux cultures : humaines par son père, elfes par sa mère, sans oublier que les parents sont des guerriers reconnus et expérimentés.

Ceux-ci décident de se couper de toute civilisation pour vivre leur amour en paix et élever leur enfant en pleine nature, loin de la corruption des uns et des autres, loin de l’antagonisme.

Cependant, ce souhait n’entre pas dans les plans du roi de Tigyl; une prophétie liée à la gamine promet le retour de la victoire dans cette contrée à celui qui la contrôle. Ce sont les oracles royaux qui ont annoncé la chose.

A ce stade, vous vous demandez, pourquoi trouvé-je de l’intérêt à un texte contant une énième histoire d’élue et de parcours initiatique, alors que je m’épanche souvent sur le manque d’originalité et in fine d’intérêt pour ma pomme. Deux raisons expliquent de choix.

La première tient au récit lui-même. Jean-Marc Dopffer joue avec cette quête d’élue en en prenant le contre-pied. Je ne peux guère dévoiler beaucoup d’éléments, pour ne pas faire sauter prématurément les ressorts du destin d’Orglin.

Nous sommes dans un monde d’apparence médiévale ou les humains sont opposés à des elfes ainsi qu’à des sorciers. L’existence de la jeune Orglin est dévoilée, le roi veut la récupérer. Il envoie donc Ergas et ses troupes s’acquitter de la tâche… qui tourne court, la jeune sauvage passant entre les mailles du filet. Pourtant les oracles avaient insisté sur l’importance de la mission et la difficulté à se saisir de l’enfant.

L’Antiquité est une époque propice aux croyances, et cette logique est assumée par l’auteur. Le panthéon des Dieux n’est abordé que succinctement à travers deux figures : Yencil, le dieu de la guerre et Yelma, le dieu des maladies. Mais cela laisse penser à des divinités plus nombreuses.

Le premier aura son rôle a jouer, nous avons une histoire de conflit, un domaine où un tel personnage se sent comme un poisson dans l’eau. Malgré tout, il ne faudrait pas tirer des conclusions hâtives… Il correspond davantage à Athéna de la mythologie grecque que Mars.

Il faut préciser qu’en une trentaine de pages, l’auteur parvient à dresser les bases de son monde -même s’il n’a rien de très original dans son approche antique – donner les premières clés d’un background divin, dépeindre un ordre guerrier prestigieux (en quelques habiles allusions – ou réactions), et raconter une histoire complète.

Le deuxième point fort de cette nouvelle tient à l’écriture. Elle est fort agréable à lire, bien tournée, imagée et précise. Il y a une poésie qui ressort à travers le rythme choisi et les sonorités. La plume colle parfaitement à l’intrigue et le texte se lit avec plaisir et aisance d’une traite.

La fin assez pyrotechnique avec une touche douce amère m’ a fait penser à quelques jeux de rôle. 😉

Ainsi, malgré une approche fort classique, Jean-Marc Dopffer nous offre un sympathique récit de fantasy, qui prend un peu le contre-pied du roman initiatique. Son texte est servi par une belle plume, et possède un goût de reviens-y.

Ce livre est pour vous si :
  • vous avez envie d’une petite récréation littéraire
  • vous êtes fan de fantasy française
Je vous le déconseille si :
  • vous n’aimez pas le format court
  • vous n’avez aucune envie de fantasy
  • Il vous faut du dark

 

PS : il n’y a pas de dragon mais j’aimais beaucoup l’image.

PS2 : je n’avance pas dans mes lectures et articles, un petit soucis de lunettes rayées qui gêne. Exemple le Bakns en livre de poche, c’est dur à lire avec ses petits caractères…

 

 

 

 

 

 

9 réflexions sur “Orglin la Primitive – Jean-Marc Dopffer

  1. C’est vrai que les histoires d’élu.e au parcours initiatique ne se font pas rares, mais quand elles sont bien réalisées et recèlent des atouts, on y revient avec plaisir 😉

    PS : L’image est très belle *_*
    PS2 : Tu vas nous ensevelir sous de nouvelles « critiques de la bombe » dès que tu auras réglé ce problème de lunettes alors ? Ma PAL ne s’en remettra pas, mais je la prépare déjà à l’assaut futur 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Il me faut du Dark ^^ mais je ne suis pas contre une petite récré de temps en temps on verra bien
    Arf en ce moment je tourne au ralenti aussi, vive les heures supplémentaires, j’espère que ton souci de lunettes va se régler vite ^^.

    Aimé par 1 personne

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