Dino Hunter – Olivier Saraja

Pulp au sommet de sa forme

Walrus

« Sous les feux d’un soleil brûlant, seul un fou oserait traverser les déserts du Texas sans l’aide d’un guide expérimenté. C’est le boulot de Buck, un vétéran au tempérament solitaire et silencieux. Non content de compléter sa retraite, il peut ainsi explorer ces territoires arides à sa guise.

Car Buck en est convaincu : un monstre tout droit sorti de la préhistoire se dissimule quelque part. Il le sait. Leurs chemins se sont déjà croisés autrefois. Aussi le jour où Amanda Summers, une brillante chercheuse en bio-ingénierie, loue ses services pour une expédition scientifique sur les rives du Rio Grande, le guide sait qu’il ne s’agira pas d’une promenade de santé : le danger rôde partout. Et les crotales sont le moindre de ses soucis.« 

Envie de vous faire plaisir avec un pulp vitaminé et drôle ? Dino Hunter d’Olivier Saraja est tout indiqué.

Donc, notre Dino Hunter, c’est Buck, lancé dans une aventure rocambolesque ainsi qu’un pulp assumé, plein d’humour et de vitamines.

Aussi, si vous êtes en attente de SF sérieuse, avec des équations physiques lyriques, quelques constantes de Planck planquée au détour d’un chapitre ou deux, vous connaitriez une superbe déconvenue. La vraisemblance scientifique sur les prémices de cette histoire est jetée aux oubliettes. Ici, il s’agit de passer un moment fun et prenant, sans prise de tête à gogo, et d’offrir un moment de divertissement agréable et intelligent.

Un choc de duo

Amanda, jeune scientifique, embauche un guide à la réputation excentrique et à l’allure – odeur comprise – tout aussi marquante. En effet, Buck connait ces canyons américains comme sa poche, et pour cause il voue pour les lieux un véritable culte.  Bien loin, de l’idolâtrerie godiche, sa passion dévorante frise l’autodestruction – le bonhomme ne crache pas sur les petits coups. Passion ? Nous pencherons plutôt vers l’obsession la plus pure et entêtante, du genre à vous engloutir tout cru dans une spirale de haine, de geignements, de colères épiques et de camouflets tout aussi mémorables.

Le Précieux de notre rude aventurier n’est ni plus ni moins qu’un dinosaure! Et tenez vous bien, il ne s’agit pas du spécimen de pacotille, mais du modèle de luxe, voilure imposante, envergure titanesque, griffes et bec parfaitement aiguisés. Notre briscard en porte d’ailleurs les stigmates aussi bien dans sa chair – et sur le visage cela en jette davantage – que dans son esprit… Inutile de préciser lourdement combien ses récits passent pour des affabulations de taille aux yeux du voisinage…

Ainsi, la prude Amanda engage-t-elle ce représentant épicé de l’espèce humaine afin de parcourir les canyons en toute sécurité. Sans doute, la demoiselle souhaiter mettre du piment dans sa vie. Bref, voilà notre duo embarqué sur les rives du Rio Grande, en compagnie de Gus, le lézard, sujet de l’étude et des expériences de notre jeune femme.

Les premiers contacts entre nos deux énergumènes ne dérogent pas à nos attentes et font des étincelles. Mais, bon gré, mal gré, ils parviennent à trouver un terrain d’entente pour la sécurité de tous.

Voilààà, l’expérience lancée. Gus lâché en pleine nature, équipé de matériel scientifique, se fait dorer la pilule au pic du soleil. Soudain, une ombre s’abat et l’emporte à tire d’ailes. Il ne s’agit de nul autre que la Némésis de Buck, l’aventurier, trop heureux d’avoir à ses côtés, une femme capable de confirmer ses dires…

Enfin, cette hypothèse serait plausible si ce n’était l’étrange objet provenant du Soleil, menaçant de percuter notre bonne vieille Terre. Et je peux vous affirmer que nous ne sommes pas au bout de nos surprises… taille, défense et dinosaures sont les petits suppléments offerts aux lecteurs en veine!

Nous sommes dans du pulp assumé et qui exploite avec panache les possibilités offertes par ce courant. C’est déjanté sans être débile ou lourd. L’humour est présent d’un bout à l’autre à la fois dans des situations cossasses, des dialogues percutants, la gouaille du mercenaire, les références affichées à MIB – entre autre, et quelques petits jeux de mots.

Les Dino Hunters, dignes héritiers des MIB

MIB, me direz-vous qu’est-ce que ce film vient faire là ?

C’est bien simple,Buck n’est pas le seul chasseur de dinosaures. D’ailleurs, bien avant de se noyer dans l’auto-apitoiement et l’alcool, il fut un Dino Hunter, membre d’une agence spécialisée, encadré par M. Smith.

Ce dernier en costard noir (et lunettes de soleil), porte un patronyme qui correspond parfaitement à sa fonction, recruter et diriger un groupe de chasseurs. Leur rôle consiste à traquer et neutraliser le Dino! Ces créatures préhistoriques – enfin, ça, c’était avant! – de tout poil et de toutes plumes sont sauvagement réintroduites sur notre Terre. Par qui, pourquoi, sont des mystères qu’il convient d’élucider….

Toujours est-il que la population n’est pas prête à affronter de telles révélations, alors, une section s’occupe de la chose entre neutralisation des bestioles… et des témoins. Si dans les premiers cas, la boucherie reste mesurée – les dirigeants préférant les zoos clandestins – dans le cas des seconds rien ne nous dit que le recours à la force ne soit pas déployé quand les pots de vin et autres méthodes persuasions ne fonctionnent pas…

Le parallèle avec MIB est évident à mes yeux, et quelques références directes parsèment le récit pour étayer cette filiation. Olivier Saraja s’en joue, savoure le tout, nous embarquant par la même occasion.

Une narration percutante

Je vous rassure, l’auteur maîtrise parfaitement son sujet, et cela ne part pas dans tous les sens, tout y est bien structuré et le lecteur n’a qu’à se laisser diriger.

Le choix narratif est habile car, Olivier Saraja ne se contente pas d’un récit linaire avec la confrontation entre humains et dinosaures, agrémenté d’un duo qui fonctionne. Il nous propose en ouverture de chaque chapitre, un petit flashback relatif au passé de Buck. Mis à part, l’entrée en matière consacrée à LA première rencontre entre le jeune garçon, futur Dino Hunter et l’objet de son attention, ces parties se concentrent sur ses premiers faits d’arme, avant d’entrer au service de M. Smith… et de rompre!

En sus, le rythme est très bon, avec des rebondissements, des moments d’émerveillements, des pauses courtes et bienvenues, de la fraîcheur sous le soleil de plomb, de la rivalité, des règlements de compte, mais de l’ennui, jamais. Enfin, vous saisissez sans que je vous brosse un tableau exhaustif!

Dino Hunter est un roman pulp plein de vitalité, rendant hommage aux MIB, embarquant le lecteur dans une course à travers les paysages majestueux des canyons américains, avec quelques dinosaures affamés sur les talons. Fun et sensations aux rendez-vous!

Ce livre est pour vous si :
  • vous souhaitez lire un roman court et plein de fun
  • vous êtes fascinés par les dinosaures
  • vous adorez l’humour de MIB
Je vous le déconseille si :
  • forcément, si vous n’aimez pas le pulp….
  • vous avez le nez sensible
  • Vous avez trop peur de servir d’amuse-bouche ou d’encas à un T-Rex de passage
Le livre :
  • 238 pages
  • papier : 20€
  • e-book : 5,99€

37 réflexions sur “Dino Hunter – Olivier Saraja

    1. Bonjour,
      Walrus est une petite maison d’édition nativement numérique. Ils considèrent la version brochée comme une « sauvegarde papier » des ouvrages qu’ils publient! 😀 Et bien sûr, ils promeuvent l’absence de DRM pour laisser au lecteur numérique la pleine et entière possibilité de lire sur les supports de son choix: liseuse, tablette numérique, smartphone, ordinateur. Ou tous en même temps.
      Bien cordialement,
      Olivier

      Aimé par 2 personnes

  1. Mooonnhhh, un histoire avec une chasse au dino ! Ta critique donne envie, le thème semble plus que sympa et le livre n’est pas trop épais. Tous les ingrédients sont là et si je le repère un jour au Cultura, je risque de lui sauter dessus ^^
    Au passage, le Pulp c’est quoi ? (oui le noob débarque et a un peu de retard sur vous tous dans certains domaines haha 😀 )
    Merci pour ta critique et pour cette découverte ^^

    Aimé par 2 personnes

  2. Ping : [Pulp, Roman] Dino Hunter | Le site d'auteur d'Olivier Saraja

  3. Je crois que je n’ai jamais lu de pulp, c’est un genre que je recherche plutôt à l’écran ou dans des jeux… Mais ça vaudrait la peine que je tente, une fois ! Quelques bouquins légers de temps en temps, pour me changer de toutes ces SF déprimantes de prédiction d’apocalypse, ça pourrait me faire du bien haha

    Aimé par 2 personnes

    1. Oui, c’est souvent le cas, dans l’esprit collectif. On peut dire que l’age d’or de la SF était un âge pulp pourtant.
      C’est aussi pour cela que j’aime Anderson et Flandry qui est un héros pulp.
      C’est léger et fort sympa.

      Aimé par 2 personnes

  4. Ping : En Avril, ne te découvre pas d’un livre – Albédo

  5. Je suis toujours intriguée par les découvertes estampillées Walrus, notamment depuis ma lecture de « Walrus Institute » que j’avais pris plaisir à chroniquer d’ailleurs !
    Le côté pulp de celui-ci pourrait beaucoup me plaire, merci 😉

    Aimé par 1 personne

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