The Breath of War – Aliette de Bodard

Xuya Universe

Finaliste du Nebula 2014

Lecture VO

Sur la planète Voc, une coutume consiste à se lier avec un breath-sibling (sœur ou frère de souffle), un « proche » avec lequel les femmes s’associent au sortir de l’adolescence et qui doit être présent lors de l’accouchement. Le breath-sibling est en quelque sorte un talisman qui apaise la future mère, et qui doit porter bonheur au nouveau-né.

Rechan arrive à terme, et souhaite logiquement la présence de son breath-sibling lors de cet événement majeur de sa vie. Elle s’enfonce donc dans les montagnes à la recherche de Sang. Bien qu’elle soit accompagnée, le projet n’est pas sans danger, car Voc est une planète en proie à la guerre. Le lecteur entendra le doux son des canons, à l’occasion, en parcourant les pages de cette nouvelle.

The Breath of War fait partie de l’univers Xuya, cependant elle risque de surprendre à plus d’un titre. Il y a très peu d’éléments de SF et de space opera, et seuls les touches asiatiques nous font voyager en territoire familier (ou pas si vous découvrez Xuya à l’occasion de ce texte). Ce n’est pas pour autant déplaisant, bien au contraire, le récit possède une saveur plus introspective peut-être, intime sûrement, et le tout n’est pas sans danger.

En revanche, les breath-sibling peuvent provoquer des hausses de sourcils plus ou moins prononcées, en fonction des capacités élastiques de vos muscles frontaux (si!si, vous en avez). En effet, je ne vous ai pas tout dit, au sujet de ces proches. Dans ce monde, les adolescentes gravent dans la pierre un Stoneman (homme de pierre) et leur donne le souffle de la vie. Cette action et/ou croyance me fait immanquablement penser aussi bien  à la culture amérindienne qu’asiatique, mais je ne connais ni l’une ni l’autre suffisamment pour réellement trancher sur la question. Toutefois, le lecteur pourra se souvenir de l’existence des talismans taoïstes que l’on pose devant les ouvertures pour protéger la maison, encore de nos jours. Vous pouvez également lire ce texte qui apporte un éclairage sur les coutumes liées au nouveau né : Quand j’étais enfant. Avec ces précisions, ou un nouvel éclairage, la nouvelle prend donc une saveur tout autre, et parvient à faire le lien entre le présent et ce futur univers de Xuya, l’ancrant dans notre réalité (certes, il y a des limites toutefois!).

Revenons à notre histoire.

Rechan qui fut élevée et qui grandit dans cette société, ne dépareille pas des autres adolescentes et veilla donc à graver son propre breath-sibling. Malgré un respect des coutumes locales, notre jeune demoiselle se démarque légèrement de ses consœurs. Elle rêve d’étoiles. A la recherche de la perfection entre la pierre et ses intuitions, elle s’est enfoncée dans la nature vers ses 16 ans, et a donné jour à une gravure qui peu à peu a pris les traits d’une carlingue, puis, d’un vaisseau spatial, Sang. Chose qu’elle a gardé évidemment secrète… Personne ne l’a jamais vu. Ou si, mais je ne vais pas vous dire comment. Bref, imaginez la tête des amis de Rechan, qui l’accompagnent, à la découverte du Breath-Sibling, Sang. Là, c’est l’ouverture de la mâchoire qui n’est limitée que pas le degré d’élasticité des muscles maxillaires…

Aliette de Bodard parvient à insuffler (sorry, 😉 ) un aspect animiste marquant dans cette nouvelle  de space-opera qui navigue aux frontières de la fantasy.  Certes, le concept de ce breath-sibling n’est pas facile à encaisser si vous vous attendez à un pur texte de SF, bien rationnel. Or, Aliette de Bodard nous a habitués depuis le début à des récits dotés d’une sensibilité certaine et d’une bonne dose de poésie; The Breath  of War est un des exemples les plus typiques de cette plume tout en élégance.

Le texte comporte également son lot de péripéties, un poil de suspens, et le dénouement attendu et… surprenant.

Beau texte, un peu bizarre, qui mérite le détour. 🙂

The Breath of War a été publié dans la magazine Beneath Ceasless Skies n°142. Il est disponible gratuitement et aussi en audio.

Ce livre est pour vous si :
  • vous aimez la SF et l’émotion
  • vous souhaitez lire un space-opera d’inspiration asiatique
  • vous êtes curieux de lire de la SF aux frontières de la fantasy
je vous le déconseille si
  • vous ne connaissez pas un mot d’anglais – ou juste un ou deux.
  • de toutes façons, vous êtes trop rationnel!
  • Vous êtes insensible à la poésie
Autres critiques :

 

L’univers Xula :

Je vous propose un distinguo entre les nouvelles et novellas gratuites et celles payantes (petit prix). Les liens vous renvoient celles qui pourraient vous intéresser.

*signifie que le texte a reçu un prix.

Nouvelles gratuites

A un tout petit prix

11 réflexions sur “The Breath of War – Aliette de Bodard

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s