Une nuit au Chalet du Lac – George R. R. Martin

Hou!Hou!Hou!

Actu-SF

 

Nous avons entamé octobre 2018, et nous approchons doucement et sûrement de Halloween, une fête qui se célèbre davantage, les années passant. Les thèmes horrifiques sont à l’honneur, et entre les zombies et vampires accroc à l’hémoglobine, le choix est assez vaste pour qui recherche un petit frisson.

Octobre est également le mois de l’imaginaire, et qui de mieux qu’un écrivain planétairement connu pour marquer ce clin d’œil à notre genre préféré. Même s’il s’agit de l’énorme (par le talent, d’accord 😉 ) George R.R. Martin, il était hors de question de s’embarquer forcément dans les traces de Games of Throne. Aussi, vous ai-je choisi, un petit bijou mêlant ambiance macabre et créativité débridée, dans un récit particulièrement bien mené.

Une nuit au Chalet du Lac – ou en VO, A nigth at the Tarn House – fait partie de l’anthologie Chansons de la Terre Mourante (Songs of Dying Earth)  publié chez Actu-SF. Lors de cette collaboration regroupant plusieurs auteurs, l’objectif n’était pas simplement de mettre en scène nouvelles et novella autour de cette thématique, mais surtout de rendre hommage à Terre Mourante de Jack Vance.

Ne connaissant que partiellement cette œuvre, je ne pourrais donc pas critiquer Une nuit au Chalet du Lac au seul filtre d’une comparaison entre les textes. Ainsi sera-t-il surtout question de mon ressenti avec ce récit, parfait dans le cadre du mois d’octobre.

A la fin d’une journée, un sombre soleil nimbant l’horizon de ses dernières lueurs pourpres se couche; trois voyageurs cherchent un refuge pour la nuit. La contrée n’est pas très hospitalière, et à moins d’avoir quelques membres en trop, ou des envies suicidaires, se balader un fois le jour tombé relève de la gageure la plus téméraire ou alors de l’inconscience frivole…

C’est chemin faisant que nos trois protagonistes tombent – séparément –  sur l’auberge du Chalet du Lac. La soirée qui les attend ne sera pas de tout repos, et le lecteur se demande qui parviendra à rallier l’aube en un seul morceau…

Parmi les candidats inscrits à ce jeu mortel, nous avons un nécromancien qui ferait pâlir de frayeur Voldemort lui-même; une jeune femme, armée d’un épée propre à percer n’importe quel thaumaturge; et enfin, un escroc à la petite semaine, tente de tirer ses marrons du feu, avec le charme du crapaud fétide et le sourire de la hyène en rut. Chacun d’entre eux à un tempérament bien marqué, avec des aspirations pour l’une, un objectif pour l’autre, et juste l’envie de survivre un autre jour pour le dernier, en déployant toutes astuces à son actif si possible.

Outre un caractère, ils bénéficient également d’une allure propre, enfin, pas dans le sens salubrité, car là, je pense que l’odeur qu’ils dégagent vous dégagerait les fosses nasales envahies d’une horde de légionnaires pathogènes. Seule la belle Lirianna pourrait provoquer l’étincelle d’un intérêt chez ces messieurs…

Forcément, George R.R. Martin va mettre ce petit monde dans la même bouteille, le tout associé avec d’autres parfums et saveurs plus ou moins exotiques, ici, un prince désabusé sur le retour, une famille de barbus, femme inclus, un tenancier cupide qui ne recule devant aucun forfait. Secouez le tout et votre cocktail spécial St Valentin Halloween,  est prêt à être dégusté. Frissons garantis.

L’ambiance est particulièrement réussie, que ce soit à l’extérieur de l’auberge ou à l’intérieur.

Sur la route, le chemin se fait, poussé par une appréhension de tous les instants, l’œil alerte, concentré sur le moindre mouvement, l’adrénaline coulant dans les veine. Et la rencontre avec quelques « hommes » kwk – de féroces lutins armés de lances vénéneuses et montés sur des mouches-dragons (pour dire la taille des lutins, c’est minuscule, n’est-ce pas mon Troll ? 😉 ).

Une fois dans l’auberge, la tension ne déserte pas, au contraire, une certaine prémonition renforce le lecteur dans son qui-vive. Et il faut dire que l’aubergiste, digne d’un Tenardier, relève le défi de l’hôte délétère, qui n’a plus rien au menu, sauf une bonne vieille tourte à la viande bien moisie, fourrée de quelques doigts….

Le texte est efficace et emporte le lecteur dans cette Terre Mourante qui rend hommage à l’œuvre de Jack Vance, en utilisant aussi bien un univers en perdition qu’un bestiaire composé de petites créatures, de morts-vivants, de monstres, d’hommes et de femmes sur le déclin. La maîtrise narrative de George R.R. Martin est bien présente, tout en noirceur et en subtilité. Peu d’entre nous devinerons le dénouement de cette histoire avant l’heure…

Ce livre est pour vous si :
  • vous souhaitez lire une novella à l’ambiance très réussie
  • vous aimez George R.R. Martin
je vous le déconseille si :
  • Un rien vous effraie
  • Vous détestez les bestioles petites ou grandes, surtout si elle puent
Autres critiques :

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19 réflexions sur “Une nuit au Chalet du Lac – George R. R. Martin

    • Oh, je ne sais pas si c’est vraiment indispensable, car GRR Martin parvient à nous balader dans une histoire qui se suffit à elle seule. Terre Mourante de Jack Vance doit y ajouter des petits clins d’œil en sus de la paternité du bestiaire?

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