Harry Potter et l’Ordre du Phoenix – J.K. Rowling

A feu et à sang

Harry Potter, tome 5

Continuons avec le challenge « Un an pour relire Harry Potter« , une initiative qui permet de savourer – ou pas – cette saga après une première lecture deux décennies plus tôt. Le lecteur murit, les attentes évoluent, les goûts également, alors ce qui nous a emballés, voire enchantés, quelques années auparavant a sans doute une résonance toute autre. Entre lecture nostalgie et regard plus acéré, cet exercice est périlleux pour un roman qui a fait vibrer. J’avoue que souvent, j’appréhende cette gymnastique; la crainte de ce passage à travers un prisme légèrement altéré s’avère un frein à la relecture de récits marquants.

Ne proférons-nous pas conserver l’image immaculée, l’émerveillement premier ?

Mais avec Harry Potter, cette appréhension n’est pas aussi intense, et l’opportunité de le redécouvrir avec un regard plus mature permet également de donner quelques pistes à l’étrange et unique lecteur qui n’aurait pas encore fléchit devant l’emballement médiatico-littératuro-cinémato-politico-fashion de notre quart de siècle.

Bon, après cette introduction, si nous passions à Harry Potter et l’Ordre du Phoenix ?

« Harry vient de passer un autre pénible été chez son oncle et sa tante, sans nouvelles de ses amis ni du monde de la magie. Autrefois admis en héros à l’école des sorciers, il y est accueilli plutôt tièdement en cette cinquième année. C’est que le ministère de la Magie ne veut plus rien entendre des prétendues menaces de mort qui planent sur Harry Potter. Mandée pour effacer le souvenir de Voldemort des couloirs de l’école, une nouvelle enseignante en profite dès lors pour rendre la vie dure à Harry et semer la zizanie parmi les grands et les petits sorciers. Chassé de l’équipe de quidditch et ridiculisé par le ministère de la Magie, Harry doit également combattre les images que parvient à immiscer dans son cerveau Lord Voldemort, bel et bien vivant, et plus menaçant que jamais. Et pour couronner le tout, voilà que Harry se retrouve affligé d’une timidité qui le transforme en poireau devant la belle Cho Chang. »

Les choses s’annoncent mal pour Harry. Et pour Dumbeldore. Le ministère de la magie ne souhaite pas perdre la face et plutôt que de reconnaître l’éventuelle possibilité du retour de l’affreux Voldemort, il préfère détruire la crédibilité du héros à lunettes et, chose espantante, celle de l’intègre Dumbledore!

Je ne vais pas décrire une énième fois l’univers dans lequel plonge le roman de J.K. Rowling, je vous invite à lire mes chroniques précédentes pour vous familiariser au cas où vous seriez passé à côté… Mon conseil premier, toutefois, se résume à : lisez les tomes précédents, pour ne pas passer à côté d’un des points remarquables de la saga, l’évolution des personnages centraux.

Une trame totalement maîtrisée

Malgré un gros pavé ( sorry Orion, je ne l’ai pas pesé 😉 ), ce 5° tome se lit en un rien de temps. Rowling s’avère vraiment habile avec ce format long, enchainant les péripéties, les passages intimistes, les introspections et les moments de bravoure au rythme adéquat, pour jamais ne lasser ou jamais n’essouffler son lectorat.

Le levier narratif utilisé est certes éculé, mais d’une redoutable efficacité : la lutte du bien contre le mal, de David contre Goliath – un affrontement qui fait immanquablement chavirer notre petit cœur franchouillard.

Ainsi, non pas Harry, mais tout Poudlard se trouve aux prises avec un professeur spécialement introduit dans la place pour réprimer toute velléité d’indépendance, d’initiative et surtout d’évoquer un semblant de volute d’apparition spectrale de vous savez qui… Ce choix a le double avantage de construire un huis-clos (malgré les dimensions de l’école de magie) propice à une certaine paranoïa, une cohésion certaine ainsi que des penchants collaborationnistes. Il permet de placer les lecteurs – jeunes et grands – devant le thème du despotisme (conduisant souvent aux errements passés), l’occasion également de faire la distinction entre autorité et autoritarisme…

Mais, les événement ne se cantonnent pas à Poudlard, et Londres sera un terrain de jeux très animé pour notre héros qui va naviguer d’espoir en désespoir, de coups de génie en coup durs.

Mine de rien, ce n’est pas si mal pour un roman initialement destiné au public YA.

Des personnages en pleine (r)évolution

Initialement, je n’étais pas une grande fan du héros à lunettes, qui avait tendance à m’agacer. Ni de Ron d’ailleurs, boulonné dans un rôle de faire-valoir… jusqu’au bout, soit dit en passant. Hermione tirait son épingle dans les dédales de mes préférences, même si parfois, cette jeune-fille je-sais-tout-et-je-suis-première-de-la-classe penchait un peu trop dans l’excellence.

Pour notre brillante élève, l’auteur a choisit un parcours qui a vite corrigé les traits pour nous délivrer un des personnages les plus intéressants du lot. Une jeune femme d’avenir, avec ses faiblesses, ses doutes, ses choix de cœurs maladroits, ses combats perdus d’avance, des rancœurs,…

Concernant Harry Potter, JK Rowling construit un protagoniste qui devient un peu plus ambigu avec des contradictions, des peurs, des certitudes arrêtés, une fierté parfois déplacée, des prises de risque insensées et souvent non assumées (merci Hermione, ou Dumbledore, ou Rogue, ou…). Nous avons donc, le personnage central qui s’écarte du cliché du sauveur sans peur et sans reproche, qui est faillible humain et torturé. Finalement, les tomes passants, il développe un lien avec le lecteur qui le voit grandir, s’affirmer, se regarder en face, et l’impression première s’adoucit.

Mon préféré reste Rogue qui n’est pas mis au rencard, toujours aussi nuancé et aux loyautés variables….

Un tome riche en thèmes

Outre, ce que j’ai évoqué plus haut, les thèmes chers à JK Rowling sont toujours présents : l’amitié, la recherche d’identité propre, les soucis de choix et de libre arbitre que l’adolescent découvre avec son passage à l’âge adulte.

Si, les premiers tomes ne faisaient qu’effleurer la notion de libre-arbitre et de la conséquence d’assumer ses choix, Harry Potter et l’Ordre du Phoenix y met les deux pieds. La bifurcation vers un ton plus adulte s’étaient opérée gentiment avec le troisième tome, nettement avec le quatrième tome, et ce cinquième épisode est résolument plus sombre et même pesant. Il y a de quoi s’interroger sur l’impact des événements sur l’écriture de l’auteur, mais également sur la perception présente du jeune lectorat sur leur monde et leur avenir. La Terre n’est pas rose, mais n’est aussi sombre. Bref, bercés dans une saga de plus en plus inamicale et désespérée, je ne m’étonne pas de ce penchant pour la dystopie (même la plus insipide) et les films de zombies…

Harry Potter et l’Ordre du Phoenix est un roman dense et captivant, il franchit les limites de la dark fantasy, si ce n’est celles de la littérature Young Adult. Ce n’est pas mon tome préféré, mais il gagne un cran en maturité, et réjouira certainement petits et grands.

Ce livre est pour vous si :
  • vous aimez Harry Potter évidemment!
  • vous souhaitez de la magie, de la vraie et dans tous les sens
  • vous avez envie d’un gros pavé
je vous le déconseille si
  • vous ne supportez pas les adolescents et leurs questions existentielles
  • L’école et vous, cela fait plus que 2…
  • Vous en avez votre claque de HP!
Autres critiques :

La liste est longue…

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25 réflexions sur “Harry Potter et l’Ordre du Phoenix – J.K. Rowling

  1. Je garde un très bon souvenir du 5 et tu me donnes envie de le relire ! (comme chaque chronique que tu as fait sur les tomes de la série^^) J’ai aussi un gros faible pour le personnage de Rogue, et bien sûr celui d’Hermione qui reste ma chouchoute en matière de personnage féminin en fantasy 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Ah le tome 5… c’est un tome qui compte beaucoup pour moi parce que c’est le premier que j’ai vraiment attendu (3 ans !) et le premier que j’ai lu en anglais. Mais c’est celui que je trouve aujourd’hui le moins abouti : définitivement trop long et un héros difficile à supporter (sauf si on est soi-même un ado).
    J’en ai écrit une tartine ici si le coeur t’en dit : https://nevertwhere.blogspot.com/2009/08/harry-potter-reboot-58-harritus.html

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  3. Oh, moi aussi c’est le premier que j’ai lu en anglais. Commencé un petit matin après du travail de nuit, c’est beau la jeunesse :p

    Il a longtemps été mon préféré maintenant je ne sais plus trop. Faudra que je les relise à l’occasion 😀

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  4. Ah je crois que mon souvenir principal de ce tome-ci c’est que j’avais une envie folle de mettre des baffes à Harry qui je pense atteint son summum de personnage insupportable dans ce tome ^^ Mais je le relis quand même avec grand plaisir (Et Rogue, ce personnage est tellement bien !)

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