The Battle of Candle Arc – Yoon Ha Lee

Une nouvelle fondatrice

Lecture VO

Dans le cadre de mes projets bloguesques 2019, je souhaite développer et découvrir des auteurs qui m’ont fait vibrer depuis quelques mois.  J’envisage de publier des billets en guise d’articles préparatoires à un plus détaillé sur l’œuvre ou l’écrivain en question. Ce sera à travers des nouvelles ou des novellas souvent relatives à un univers particuliers et qui mérite le détour. Je ne suis pas une grande fan du format cours, en revanche, j’adore poursuivre l’exploration à travers ces textes plus ou moins « petits ». Outre des pointures comme Carolyn Cherryh ou Ursula Le Guin à qui j’ai consacré un article, je prévois une incursion dans des univers qui m’ont séduite comme ce fut le cas avec Xuya d’Aliette de Bodard. L’objectif simple de partager se double de l’ambition de vous convaincre d’y jeter un oeil (ou les deux).

L’épaule d’Orion m’a légèrement précédée dernièrement – avec un billet très sympa que je vous recommande – pour l’auteur d’origine coréenne (et cela son importance) Yoon Ha Lee dont j’ai adoré Le Gambit du Renard. Aussi, ai-je modifié mon approche première pour que la sensation de redite soit légèrement atténuée. Je vous propose la découverte d’une nouvelle assez conséquente La Bataille de Candle Arc.

Conséquente, effectivement. Je n’utilise pas forcément cet adjectif pour souligner une longueur respectable pour une nouvelle. Il faut compter environ trois-quart d’heure de lecture, ce qui en fait une dimension honnête pour le format. The Battle of Candle Arc est conséquente à deux titres principalement.

En premier lieu, elle jette les bases de l’univers de l’Hexacart que vous pouvez côtoyer (et je vous y encourage) avec le remarquable Ninefox Gambit (le gambit du renard). Sa lecture au préalable est fortement encouragée avant d’attaquer le roman car nous y faisons la connaissance du Général Jedao dans une de ses victoires les plus marquantes, personnage incontournable dans l’un et l’autre récit.

Yoon Ha Lee explique en quelques paragraphes en quoi les référentiels sont différents de ce que nous connaissons, avec toute une « métrique » exotique, des unités de mesure propres à l’univers et des calibrages idoines qui interfèrent dans le fonctionnement de technologies non-adaptées à tout ceci (c’est comme si vous ne mettiez pas vos montres et appareils à la bonne heure, rien ne fonctionnerait correctement).

Une introduction aux différentes factions est également de la partie et sera fort utile pour la suite de l’aventure, de plus, l’auteur prend le soin de donner une fois encore des clés bien utiles pour la trilogie. Nous comprenons très vite que le système est assez… hum… totalitaire, dirons nous.

Puis, nous découvrons la personnalité de Jedao, le Général Shuos, un grand stratège aux motivations assez ambivalentes et qui reste un protagoniste riche et marquant.

En second lieu, c’est un aperçu sur la Corée (du Sud) qui s’entrouvre pour les curieux. L’esprit transparaît quelque peu à travers les pages des textes et des nouvelles, en outre, les space opera d’inspiration asiatique ne sont pas si courants… C’est surtout la bataille elle-même qui honore un fait d’arme historique assez réputé : la bataille navale de Myeongnyang qui opposa la Corée au Japon en 1597.  En nette infériorité numérique, le général coréen parvient à arracher la victoire au forces japonaises. Je vous laisse en juger : 13 navires contre 333!!!

Yoon Ha Lee n’est pas aussi ambitieux (ou taré) et il n’oppose que 90 vaisseaux aux 11 de Jedao!

Le contexte est similaire à la réalité historique. Le récit fait suite à une défaite catastrophique des coréens, et le vainqueur souhaite poursuivre plus avant son avantage. Le général Sunsi, un paria (troublant, non quand on connait le Gambit du Renard), a justement exploité cette volonté, assez logique, mais également un fait particulier : les coefficients de  grandes marées qui empêchaient les japonais de coordonner des manœuvres de grandes ampleurs et qui déclenchèrent des changements de courant redoutables pour les forces de cette envergure. A l’affût, les coréens n’ont eu « plus qu’à » opérer des actions de style guérilla navale.

The Battle of Candle Arc s’avère une nouvelle incontournable du cycle, et j’encourage les éditions Denoël à envisager sa traduction et sa mise en ligne. Pour les anglophones, la nouvelle est gratuite et disponible ici.

Autres critiques :

Orion

Ce livre est pour vous si :
  • si vous aimez le space opera d’inspiration asiatique
  • si vous aimez les textes novateurs
  • si adorez la dark fantasy (Cook, Erikson,…)
Je vous le déconseille si :
  • vous ne supportez pas les textes proposant un univers complexe
  • cherchez une trame linéaire

21 réflexions sur “The Battle of Candle Arc – Yoon Ha Lee

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s