A Dead Djinn in Cairo – P. Djélí Clark

Lecture V.O.

 

Le Caire 1912, Fatma el-Sha’arawi, associée à l’inspecteur Aasim Sharif, enquête sur un meurtre étrange. En effet, un Djinn vient d’être découvert mort sur son canapé. L’ampleur du crime sidère et mérite l’attention des plus chevronnés. A cet évènement exceptionnel, s’ajoute un contexte troublant : des goules parcourent les rues de la capitale égyptienne.

Cette nouvelle captive. Certes, ce court résumé paraît un trop classique dans le registre de l’urban fantasy, peut-être un peu trop déjanté aussi avec ces différentes bestioles, mais le charme opère dès les premières pages avec un worldbuilding impressionnant.

Un Worldbuilding de première classe

Le contexte, la ville ainsi que l’ambiance confère une atmosphère unique à cette nouvelle d’une quarantaine de pages. Le lecteur s’immerge dans les odeurs, un décor très visuel et une enquête aux marges de la réalité, rythmée par un environnement sonore battant la mesure.

P. Djélí Clark parvient à ferrer son lecteur d’entrée, la première scène s’imposant visuellement. Dans une demeure opulente, un Djinn, nu et bleu, est affaissé dans son canapé, mort, flasque et exsangue. Au sol, un cercle entouré de glyphes inconnues. Pas de signe de lutte, pas de signe d’infraction. Tout est calme. L’unique indice, une plume divine appartenant sans nul doute à un ange…

Au-delà de ces premiers éléments, l’univers construit pas l’auteur excite l’imagination, fait piailler d’émerveillement les mirettes neurales et embarque le lecteur. Nous sommes dans une urban fantasy steampunk, à l’ambiance arabisante marquée.

Le Caire n’a pas toujours connu cette situation très cosmopolite qui voit se mêler, humains, goules, djinns et anges. Lors d’une expérience, un savant, al-Jahiz, les a malencontreusement invités dans notre monde. Depuis, il a fallu apprendre à cohabiter et fréquenter les différentes créatures, avec plus ou moins de bonheur. Les goules par nature ne pense qu’à bouffer… Les autres affichent des motivations délicates à lire, et quand nous apprenons que les Djinns appartiennent à plusieurs catégories, cela ne facilite pas la tâche des enquêteurs.

Fatma el-Sha’arawi est une jeune femme musulmane qui tente d’accomplir sa mission dans un pays qui fait peu de place et qui accorde peu de considération à la gente féminine. Heureusement, sa détermination est salvatrice et il est difficile de la détourner de son objectif.  Même avec l’inspecteur, les regards ne sont pas forcément bienveillants et compréhensifs.

En préparant cette chronique, la tentation de rentrer dans davantage de détails est forte, mais je m’aperçois que je gâcherais le plaisir de découvrir la richesse et la créativité de P. Djélí Clark. Surtout, qu’il y a aussi un contexte culturel et quelques tensions qui donnent du coffre à l’ensemble (et tout cela en 44 pages). Et, il y a une congrégation appelée Le Culte de Hathor… Il y en a un qui a de la concurrence! 😉

Des personnages et une enquête sympathiques

Ce petit extrait d’une conversation entre fatma et Aasim cadre bien le personnage féminin, plutôt excentrique.

« When I was in school in Luxor I would see these photographs of englismen and frenchmen who visited Egypt, before the djinn came. Mostly of they were in suits. But sometimes they put on a jellabiya and headscarf. I found out they called out « going native ». To look exotic, they said.

Did they ? Aasim cut in.

Did they what ?

Look exotic.

No? Just ridiculous. »

Aasim snickered

« Anyway, when I bought my first suit, the english taylor asked me why I wanted it. I told him I wanted to look exotic. »

Cette jeune femme fait partie du Ministère de l’Alchimie, des Enchantement et des Entités supra-naturelles. Les enquêtes qui touchent à ce domaine sont réalisées dans le cadre d’une collaboration entre un, ou en l’occurrence, une envoyée du ministère et la police locale (Aasim Sharif pour cette enquête).

Aasim fait office de révélateur. Son attitude n’est pas hostile vis à vis de la jeune femme, elle oscille entre l’incompréhension et la désapprobation. Rythme et plume sont bons, l’enquête est assez sommaire, mais permet de dévoiler toute une partie du worldbuiding plutôt très emballante.

Au final, la nouvelle s’achève sur un furieux goût de reviens-y, sauf que la suite n’existe pas encore…..

Un premier contact qui m’emballe.

Ce récit est pour vous si :
  • vous aimez les nouvelles possédant un petit côté envoûtant
  • vous souhaitez découvrir un premier texte de fantasy prometteur

je vous le déconseille si :
  • Vous êtes allergique à la fantasy
  • Vous n’aimez les textes d’enquête
Autres critiques :

le Culte d’Apophis

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17 réflexions sur “A Dead Djinn in Cairo – P. Djélí Clark

  1. Pareil, j’ai Tram Car 015 en préco. Je savais que cette novella s’inscrivait dans un univers déjà existant, mais c’est très intéressant de savoir que d’autres textes qui s’y déroulent sont également de valeur. Merci pour cette très utile critique, donc !

    (Le culte de Hathor lol… c’est Le culte d’Apophis dans l’univers miroir de Star Trek, mais où ma contrepartie ne lit que du YA et de la bit-lit :D).

    Aimé par 1 personne

    • Oui, il faut que tu lises cette nouvelle. Je pense qu’elle possède de nombreux arguments surtout en terme de worldbuilding pour te séduire. Je crois que nous allons nous régaler avec Car 015.

      (c’est exactement cela, l’univers miroir mais, je ne vois pas les membres de Hathor si tendres….) 😉

      Aimé par 1 personne

  2. Comme plusieurs de mes prédécesseurs dans les commentaires, j’avais mis il y a quelques jours son nouvel opus en wishlist – du coup je vais lire sa nouvelle sans faute, car l’intrigue me botte bien ! 🙂 En plus, de la fantasy hors univers occidental/médiéval, j’en croise peu et j’aime sortir des sentiers battus 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. C’est marrant, je n’ai pas trouvé Fatma particulièrement excentrique, mais plutôt caustique (envers les occidentaux – en tout cas, c’est comme ça que je perçois le choix de s’approprier la tenue) et elle est tellement détachée de son genre (je pense à une confrontation avec un personnage qui montre à quel point, elle s’en fiche).
    Clark a aussi choisi un angle très intéressant pour les Anges – j’aimerais bien qu’il soit davantage utilisé d’ailleurs !

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    • oui, j’aime bien justement ce côté caustique du personnage. C’est la réaction de son compère policier qui me fait penser qu’elle est excentrique aux yeux des autres. La nouvella est courte donc difficile d’avoir des certitudes établie.

      Sacrés anges !….

      J'aime

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