Le tricycle rouge – Vincent Hauuy

Noah Wallace, tome 1

Prix Michel de Bussy

 

« Noah Wallace est un homme usé, l’ombre du brillant profileur qu’il était jusqu’à ce qu’un accident lui enlève à la fois sa femme et sa carrière. Mais une carte postale trouvée sur le lieu d’un crime atroce au Canada l’implique directement et le ramène à une série de meurtres commis cinq ans plus tôt. Dans le même temps, à New York, la journaliste-blogueuse Sophie Lavallée enquête sur un reporter disparu dans les années soixante-dix. Et si les deux affaires étaient liées par le même sombre secret ? »

Ambiance et genre

A première vue, Le tricycle rouge n’appartient pas à cette catégorie chère à notre cœur, la SFFF. Pourtant à la lecture, le roman s’est imposé de manière souveraine avec un personnage principal sur le fil de la raison, nous y reviendrons.

Ce thriller fantastique joue effectivement avec le lecteur qui hésite jusqu’au dernier moment entre la folie et une véritable altération de la réalité. Cette incertitude est délicieuse car elle ajoute une tension supplémentaire dans l’approche de l’enquête en cours. Non seulement, Wallace ne semble pas si fiable (dans la durée) à nos yeux, mais encore, il apparaît suspect pour les policiers canadiens. Cette méfiance se traduit par bien des façons, allant de la dissimulation d’informations à l’espionnage de ses faits et gestes, en passant pas un mépris ouvertement affiché.

Bien entendu, pendant ce temps, le tueur agît et se réjouit. Et c’est au tour du lecteur de se retrouver sur le fil… avec une sensation d’urgence.

L’ambiance sombre, cruelle offre un parfait environnement pour renforcer cette dynamique « perverse ».  Nous sommes souvent aux marges de l’horrifique avec des scènes de crime à la limite de l’insoutenable (plus pour les protagonistes que pour le lecteur, épargné par les odeurs).

Entre cette ambiance angoissante, un tueur se jouant des forces de police et un Wallace loin de toute confiance, le lecteur s’envoie une bonne dose d’adrénaline, associée à quelques frissons d’anticipation… La lecture s’avère très addictive.

Personnages et interactions

Ce roman mettant en scène Noah Wallace est le premier de la série. Je vous rassure, il peut se lire indépendamment, car il a une fin qui clos ce « chapitre ». Ce sont les personnages qui appellent à la poursuite de l’aventure, et non un cliff-hanger de derrière les fagots qui exige de lire la suite (ou les suites) pour avoir le fin mot de l’enquête.

Étant le protagoniste principal, le propos se concentre sur cet étrange bonhomme, carrossé par la vie. Cinq avant le début de l’histoire qui nous occupe, Wallace était un profiler doué, froid et brillant. En chassant un tueur en série, un grave accident de la circulation a fait basculer sa vie pour toujours; accident  dans lequel il perdu sa femme, a subit un sérieux traumatisme crânien ainsi que d’autres blessures physiques. Désormais cantonné dans un travail administratif dans les assurances, il essaie de refaire surface, de combattre une dépression menaçante, et d’atténuer son sentiment de culpabilité.

Jusqu’au jour ou des meurtres au Canada le rappellent sur le terrain. Mais, il n’est plus l’homme qu’il était. Ses capacités d’analyse d’alors ont sombré dans cet accident, c’est sur d’autres facultés qu’il va se reposer pour faire avancer l’enquête. Mais ces intuitions et ses visions sont-elles la manifestation d’un cerveau érodé ou l’éveil d’un potentiel plus exotique ?….

Au-delà l’attrait propre à cette question, il est très intéressant de voir cet homme tenter de se reconstruire et de surmonter l’ensemble de ses traumatismes. Nous nous demandons cependant si c’est dans une situation si stressante et si périlleuse que l’être humain peut trouver la voie la plus aisée…

Noah n’enquête pas en solo. Son meilleur ami, policier américain de son état, l’entraîne sur cette aventure toute nouvelle. Nous ne pouvons pas dire qu’il est bien mieux en point que Wallace, tant l’absence de ce dernier l’a affecté. Las, gras, il devient neurasthénique et sur le point de sombrer (au mieux) à son tour.

Et la situation n’est guère plus brillante quand nous rencontrons son homologue canadien, bileux, suspicieux, obsessionnel. Il est malade et l’affaire du Tricycle Rouge est sans doute sa dernière enquête.

Dépressif tout cela, devez vous penser. Que nenni!

En effet, l’ambiance est noire, ce trio est sur une forme de déclin. Toutefois, des personnages féminins viennent contrebalancer cet échafaudage de déprime, en  apportant une touche de luminosité et d’espoir plus que bienvenus. Il y a la pétillante Rachel qui permet à Wallace de se projeter dans un avenir prometteur.

Et il y a Clémence, une profileuse atypique qui apporte son grain de folie. A la limite de l’anorexie, elle présente une sensibilité à la fois différente et compatible avec Noah. Et c’est sans doute grâce à elle, qu’il est pris plus au sérieux par les canadiens. Elle possède aussi un sens de l’humour et semble toujours positive.

Enfin, il y a la blogueuse, Sophie qui s’est lancée dans une enquête journalistique en solo qui entrainera de graves répercussions sur sa vie sociale et l’anéantissement de son cadre familier. Déterminée, courageuse, inconséquente, elle trace sa voie dans un monde de plus en plus périlleux. S’en sortira-t-elle ?…. Elle en a les capacités, c’est certain!

Intrigue et rythme

Le rythme est adaptée aux trames, et je n’ai pas eu de sensation de longueur ou au contraire de trop plein d’action.

L’intrigue est très efficace et le roman est un véritable page-turner. Cela n’empêche pas d’avoir des ingrédients que nous avons déjà lu, et des trames qui manquent d’originalité (le programme secret de la CIA….). Toujours est-il que la lecture est particulièrement passionnante, et que le lecteur se laissera surprendre au bout du décompte.

Dans tous les cas, je souhaite poursuivre l’aventure avec Le Brasier, second tome des aventures de Noah Wallace.

Premier roman d’une nouvelle série consacrée à Noah Wallace, profiler sur le fil de la raison, Le tricycle rouge embarque le lecteur dans une double enquête trépidante. L’ambiance et les meurtres spectaculaires participent largement à la réussite de cette expérience de lecture.

Ce récit est pour vous si :
  • vous aimez les thrillers avec une touche fantastique
  • vous souhaitez découvrir une plume française
  • vous aimez les ambiances qui filent des frissons
je vous le déconseille si :
  • « BHOU!« … vous avez fui en hurlant….
  • le fantastique n’est pas pour vous
  • les polars vous ennuient
Autres critiques :

Mon p’tit loup

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24 réflexions sur “Le tricycle rouge – Vincent Hauuy

  1. Je ne suis pas fan du coté thriller (contrairement au coté polar et policier qui lui me plait bien – c’est d’ailleurs pour cette raison que j’adore l’urban, ça y ressemble pas mal niveau ambiance, avec de la magie en plus).
    Du coup je ne pense pas le tenter mais si un jour je change d’avis, j’irais voir ^^

    Aimé par 1 personne

  2. L’impression d’avoir lu ce pitch des milliers de fois. ( Ce que doit dire aussi un lecteur non SF devant les 4eme de couv de romans de science fiction)
    Donc mon commentaire sera : c’étaient bien tes vacances ? Promenade ou joie des pistes ?

    Aimé par 1 personne

    • Oui, je crois effectivement que les réactions sont similaires. LOL

      Ah, les vacances! Pas tout à fait. Nous sommes allés voir ma Belle-maman qui venait de se faire opérer (colon). Pas de piste, mais quelques promenades.

      J'aime

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