Le grand Vaisseau – Robert Reed

Histoire de voir Grand!

Bragelonne

Vous souhaitez de la science-fiction vertigineuse? Lire un space-opera défiant le temps? Vous immerger dans un monde à la mesure d’une géante gazeuse? Goûter au fameux sense of wonder ?

C’est avec le roman de Robert Reed, Le grand vaisseau que je vous propose de vivre une telle aventure sans commune mesure avec notre vie de petit bipède, scotché par la gravité terrestre.

« Le Grand Vaisseau est vaste comme un système solaire et vieux de plus d’un milliard d’années. Il dérive, vide et abandonné, à proximité de notre galaxie lorsque les Terriens s’en emparent. Après l’avoir colonisé, ils le transforment en paquebot de luxe, qui emporte plus de cent milliards de représentants de toutes les espèces intelligentes de la Voie lactée pour une croisière au milieu des étoiles.« 

Un Vaisseau aux dimensions stellaire.

Le lecteur fait rapidement connaissance avec cet objet céleste, puisque Robert Reed ne cherche pas à faire durer le suspens. D’entrée, les humains, l’ayant repérè à proximité, se lance à la conquête de la chose totalement incongrue. Les premières approches laissent penser qu’il est inerte, juste une grosse boule dérivant tranquillement dans l’espace, prêt à accueillir les audacieux conquistadors.

Il est si vaste que vos neurones auront du mal à ne pas babiller d’émerveillement, les synapses prises de folie et de vertige en essayant de projeter dans votre cinémathèque personnelle et interne cette chose grosse comme notre géante gazeuse et même plus. Explosion de matière grise!

Au-delà des dimensions gigantesques du machin, qui en soi sont dans la zone de l’acceptable au regard des planètes et de notre soleil, c’est l’idée d’objet artificiel qui fissure la raison….

Ce bolide de cailloux, astéroïde géant dont l’imposante présence a de quoi faire pâlir même les divinités égyptiennes, s’avère un vaisseau spatial. Cerise sur le gâteau pour les premiers explorateurs, il est vide de toute présence extra-terrestre. D’où vient-il? A quoi sert-il? Nul ne le sais, et ce mystère fait partie de son charme.

Une fois réquisitionné par notre bonne vieille Terre, et ses terriens, ce TGV (très gros vaisseau) doit être défendu contre la convoitise des autres espèces peuplant la galaxie. Car, voyez-vous, nous ne sommes pas seuls dans l’univers. Quelle nouvelle rassurante! La main mise acquise, notre nature ne change pas, et l’Homme en profite pour joindre l’utile à l’agréable et propose ainsi, aux oisifs de tout horizon de participer à une croisière autour de la Galaxie.

Inutile de préciser lourdement qu’un tel voyage ne représente pas une paille. La durée va se compter en millénaires, et même en million d’années au final.

Ainsi, les échelles spatiales et temporelles proposées par Robert Reed sont totalement ambitieuses. Et là, si vous ne pensez pas que ce soit déjà vertigineux, j’aurai du mal à vous dégotter beaucoup de romans bien plus XXL.

Un voyage loin d’être paisible

Les humains de ce vaisseau ont évolué, bien évolué. Leur système de réplication de l’ADN est devenu parfait. Aucune erreur dans le codage des acides aminés (et animés); exit l’oxydation des tissus et des cellules. Tout est régénéré de manière optimale. Oui, l’immortalité guette, et le soucis de la surpopulation, lui, ne guette pas avec un vaisseau de telle dimension, aussi bien « habitable » en surface que dans ses entrailles. La crise du logement est une problématique inconnue.

Pour gérer  tout ce beau monde, humain et alien de concert, apaiser les éventuelles tensions, faire un peu de pub dans la galaxie, penser aux ressources, à la logistique, à la bouffe, mais aussi à la maintenance de cet ensemble, il y a une Capitaine. C’est une véritable bad-ass, une « PDG »  digne du vaisseau : une véritable Pourfendeuse De Gonades! Malgré son tempérament de maîtresse femme, la démesure de la chose écarte tout possibilité de la jouer en solo. Aussi est-elle est bien entourée : 50 000 sous-capitaines l’épaulent avec persévérance et fidélité. Oui, car, il s’agit de la même chaîne de commandement depuis le début de cette folle épopée. Parmi les sous-maîtres, il y a Miocéne, la première adjointe à l’image de son unique supérieure; et Washen, née dans cette coquille de noix à l’échelle de l’univers, un personnage beaucoup plus doux. Les deux sont attachantes à leur manière, une forgée dans le métal, et l’autre dans le velours…

Un beau jour, elles reçoivent un message de la Capitaine, leur demandant de prendre quelques « vacances ». Mais cette disparition subite cache des manœuvres d’une ampleur tout aussi gigantesque que le vaisseau. Les répercussions d’une telle décision sera également de l’envergure du décor… Car le mystère concernant le Grand Vaisseau demeure entier. Qui sait si les Constructeurs ne souhaiteront pas récupérer leur objet céleste et virer l’ensemble des squatteurs?….

Une histoire ambitieuse, un rythme fluctuant

L’intrigue se double de l’énigmatique origine du vaisseau. Le lecteur est toujours à l’affût d’un indice concernant sa provenance, ou les techniques mises en œuvre pour sa construction. Les événements qui vont parsemer la croisière galactique auront cette quête en fil rouge. En effet, la centaine de capitaines qui va disparaître va déclencher une série de conséquences qui vont peu à peu faire monter le suspens, à la fois relatif au sort des protagonistes que nous suivons mais aussi sur le vaisseau lui-même.

Le lecteur reste intrigué et captivé par l’ensemble proposé. Pourtant, il y a quelques passages qui auraient mérité d’être un peu plus courts que ce soit au sujet du cœur du vaisseau ou encore quand Robert Reed nous brosse tout le pedigree de Pamir, un des protagonistes. Surtout qu’à ce moment la tension est à son comble, et cette coupure s’apparente à un soufflet sorti du four un peu trop tôt et qui en profite pour se carapater au fond du plat.

Ainsi, le Grand vaisseau souffre-t-il quelque peu de ce rythme; et au lieu d’avoir un grand roman, le texte se place comme un bon roman, plein de sense of wonder.

Ce récit est pour vous si :
  • vous souhaitez du Sense of wonder
  • vous voulez lire une aventure qui a du sens
  • vous êtes séduit par les dimensions immenses
je vous le déconseille si :
  • Vous avez le vertige
  • Vous êtes un sédentaire incorrigible
  • vous voulez du sang, des combats et des tripes

 

Autres critiques :

Apophis

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24 réflexions sur “Le grand Vaisseau – Robert Reed

  1. C’est clair qu’il y a quelques défauts d’écriture, mais niveau sense of wonder, ce bouquin est pratiquement imbattable, en effet. Surtout quand on sait ce que le Vaisseau transporte 😉 Et dans la suite, Reed invente l’arme ultime, une scie… à trous noirs ! Très bonne critique, et judicieuse initiative d’avoir remis ce roman et l’auteur en avant. Si tu as aimé celui-là, je te conseille aussi (outre Un puits dans les étoiles) La voie terrestre, qui, lui, offre une perspective assez unique sur les univers parallèles.

    Aimé par 1 personne

    • Oui, c’est assez sidérant de découvrir et surtout d’imaginer ce que le vaisseau transporte…. Mais, je ne vais pas vendre la mèche. 🙂

      Waouh!!! une scie à trou noir!!!!

      Je compte lire La voie terrestre (je l’ai dans ma PAL).

      Merci Apo!

      Aimé par 1 personne

  2. Robert Reed en a un plus gros que moi !
    Blague vaseuse mise à part, l’oeil d’Apophis m’avait déjà fait de l’oeil, tu confirmes qu’il faut que je le lise avant la fin du monde.

    Aimé par 1 personne

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