Horreur à Arkham

Une incursion palpitante dans l’univers indicible inspiré de Lovecraft

 

Amis lecteurs et blogopotes, je suis certaine que certains d’entre vous ont le sourcil qui s’élève vers son palier maximal, d’autres doivent rire sous cape en me voyant mentionner Lovecraft. Il est difficile dans l’imaginaire d’échapper à l’aura et au leg de l’auteur américain, tant son œuvre a imprégné le fandom SFFF. Ma position ne varie pas, et par le passé, j’ai apprécié différents textes s’inspirant clairement de ses divers récits ou encore les ré-écritures de quelques unes de ses nouvelles (La Balade de Black Tom, par exemple)

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir Horreur à Arkham JCE, un jeu qui donne vraiment des frissons. Son aspect narratif participe grandement à l’attrait exercé sur le joueur, en établissant un pont entre le jeu (dit de plateau) et la lecture. Concrètement, les sensations éprouvées se recoupent, même si parfois l’adrénaline prend quelques violents G en pleine tronche….

JCE, de quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un jeu de cartes. Alors, oui à la base, il faut aimer les cartes. Vous connaissez sans doute Magic, qui est également un jeu de cartes. La grande différence se résume dans leur vocation diamétralement opposée. Magic est un jeu de cartes d’affrontement (compétitif). Horreur à Arkham est un jeu coopératif, où tous les participants affrontent le scénario. Et quel scénario!

JCE signifie Jeu de Cartes Évolutif, je préfère la dénomination anglo-saxonne LCG pour Living Card Game qui accentue davantage son aspect vivant, vivifiant et mouvant. Nous sommes loin de la belote ou du tarot (que j’adore).

Une plongée abyssale

Le jeu vous propose de vivre une aventure dans un univers parfois onirique, souvent angoissant et effrayant. Vous incarnez un personnage choisi parmi différentes « classes », à l’image d’un jeu de rôle. Et cela est une de ses forces principales, outre le challenge et l’aspect narratif.

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Nous sommes plusieurs, voire nombreux, à avoir goûter aux jeux de rôle : lancer des dés, construire son personnage, définir ses aptitudes, orienter sa voie,… puis à nous l’aventure dans des contrées peuplées de monstres, trésors et péripéties. Mais voilà, ce qui étaient possible lors de notre enfance, adolescence et vie de jeune adulte n’est pas forcément compatible avec nos emplois du temps actuels, notre position géographique, ou encore notre entourage. Les jeux vidéos sont un parfait complément/remplacement. Il faut dire qu’il accélèrent grandement pas mal de paramètres, et pallient à l’absence de partenaires de jeu.

Horreur à Arkham présente de fortes similitudes avec le jeu de rôle. Vous aurez un personnage à choisir et à « construire » via un pool de cartes qui fonctionnera en symbiose avec les actions possibles du dit personnage. Un personnage qui évolue avec des points d’expérience à répartir dans des cartes plus puissantes, ce ne sont donc pas leurs caractéristiques de base qui changent. La construction passe donc par du deck-buiding, un élément qui parle encore davantage en faveur du jeu.

 

Les « jets de dés » sont également de la partie, mais là où le pur hasard avait tendance à me dégouter, ici, le système de jetons – tout autant lié au hasard – peut être manipulé… via les cartes en votre possession – sauf si vous tombez sur l’échec automatique!

 

L’exploration est aussi de mise puisque le personnage incarné enquête dans différents lieux afin de comprendre ce qui se passe… Tuer des monstres est un autre aspect du contrat moral, mais cela se fait à vos risques et périls physiques aussi bien que mentaux!

 

Un aspect narratif de luxe

Vos ou votre personnage(s) sont confrontés à l’étrange, à l’angoissant et même à l’horreur…. L’histoire début avec un mystère, un appel d’un vieil ami,… et tourne rapidement à l’impensable.  Dès lors, votre objectif se focalise sur la recherche d’éléments de compréhension (indices) puis tourne si possible à la lutte contre les forces obscures…

Les structures de l’histoire que vous vivrez sont délivrées par le truchement d’une introduction au scénario choisi, des cartes judicieusement inclues et les conclusions possibles. Effectivement, vos choix auront un impact sur le cours de votre aventure!!!!

Le scénario s’articule autour d’une idée lumineuse : les cartes intrigue (=le mal) et les cartes acte.

Une carte intrigue avec le « timer » : au bout de 5 jetons, l’intrigue avance…. et ce sont généralement de mauvaises nouvelles!

 

Une carte « acte » qu’il faut faire avancer pour aller dans le « bon » sens,  avec des contraintes spécifiques (ici, il faut collecter 2 indices par investigateur)/

Des principes plutôt simples

Les principes du jeu sont plutôt simples en s’articulant autour de 4 phases de jeu.

  • Le tour du scénario (ou les méchants), dit la phase du mythe

Le « timer » augmente et si le seuil est atteint, l’intrigue avance… pas bon, pas bon!!!!

Et comme nous sommes dans un univers rempli d’horreur et d’angoisse, une crasse tombe systématiquement sur les compagnons d’aventure. Il faut tirer une carte du deck de rencontre – une par personnage. Deux possibilités sont alors offertes :

Une saloperie traîtrise à résoudre

ou encore de ce genre là :

Ou un ennemi :

Je vous encourage à apprécier les illustrations magnifiques de l’ensemble des cartes.

  • le tour des investigateurs ou la Phase d’investigation

Comme signalé précédemment, votre but est de découvrir de quoi il retourne, et de résoudre le mystère si possible.

Chaque personnage peut effectuer 3 actions, il n’y a pas d’ordre de jeu établi. Alors les participants peuvent s’entendre entre eux pour que leur actions soient les plus judicieuses. Cette liberté est très appréciable et donne à la fois une flexibilité bienvenue ainsi qu’une dynamique qui change d’un tour à l’autre.

C’est là qu’interviennent les cartes et les résultats liés au tirage du « hasard » : les jetons du chaos bag. J’y reviens un peu plus loin.

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Agnès a eu chaud….

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Les cartes regroupent des sorts, des armes (avec ou sans munitions), des alliés et d’autres objets utiles dans ce combat contre les forces du mal… Mais également des compétences particulières pour franchir un obstacle. Sur la photo, nous voyons, mon personnage (bien amochée) qui peut s’appuyer sur un allié et deux sorts.

  • le tour des ennemis (en jeu)

Action -> réaction. Forcément, les Anciens ne vont pas rester les bras croisés à se faire décapiter. Ils répliquent lors de cette phase des ennemis. Tous leurs mignons et suiveurs en jeu vont s’appliquer à vous tataner la tronche, vous annihiler.

Forcément, il y a des boss :

  • le tour de ré-initialisation ou phase d’entretien

Classique, on pioche une carte, une ressources, ect… avant de débuter un nouveau round.

Vous constatez que le principe est assez simple, et les joueurs peuvent s’appuyer sur une aide de jeu individuelle.

Le Chaos Bag

Ce sac contient les jetons du chaos dont la composition varie en fonction du scénario et de vos choix. Ils remplacent avantageusement, pour la saveur du jeu, le tirage de dés. Le hasard est toujours de mise puisque vous allez révéler un jeton pris parmi l’ensemble. Toutefois, vous pouvez modifier l’issue désastreuse en jouant au préalable des cartes de votre main qui augmentent vos chances de réussite lors de ces tests.

En effet, votre personnage possède des capacités de base qui sont modifiables soit par l’intermédiaire d’objet ou de sort, soit par des compétences. Il est évident que vous serez plus impactant avec un flingue et une balle bien placée qu’avec une gifle sur les crocs du monstre en face de vous. Mais dans un cas comme dans l’autre l’échec est possible…

Les jetons du chaos vont de +1 à -8, oui, -8!!!! Les symboles affichés – hors numéro – permettent de leur donner un effet fonction du scénario.

le frisson avant de dévoiler le résultat :

le soulagement :

Le Challenge et la rejouabilité

Horreur à arkham JCE est un jeu qui offre du challenge et par conséquent de l’émotion. SI vous souhaitez juste gagner, ce n’est sans doute pas pour vous. En revanche, si vous souhaitez vivre une aventure pleine de peps et de vie, sautez sur l’occasion.

Le jeu offre la possibilité de jouer un scénario de manière indépendante. Certains sont vraiment bons et permettent de s’écalter lors d’une soirée. Mais, la saveur est  optimale en optant pour le mode campagne de 8 scénarios, avec un personnage qui évolue avec des points d’expérience à répartir dans des cartes plus puissantes.

Le jeu en solo ou à plusieurs s’avère assez différent l’un de l’autre. Dans le premier cas, le frisson est de mise, et le joueur se concentre sur son aventure, peut chercher à faire de l’optimisation. Dans le second cas, le côté social sera mis en avant, et l’interaction permet de vivre une aventure tout aussi passionnante. Je n’ai pas franchement de préférence tant je m’éclate dans l’un ou l’autre cas.

Pour les plus experts, la difficulté peut être augmentée… largement! Le deck-buiding sera alors primordial.

Quant à la re-jouablité, la question se pose avec ce système de scénario.

Elle est élevée, avec de nombreux investigateurs différents, des scénarios fournis, des Deck de rencontre qui évoluent et des configurations tirées au hasard. Effectivement, une fois, le scénario choisi, difficile de ne pas connaître certains moment clés, mais comme vos décisions ont un impact sur la trame,… il y a de quoi s’amuser un bon moment.

La boite de base, La nuit de la zélatrice contient 3 scénarii, dont le premier relativement facile est clairement destiné à se familiariser avec le jeu et ses concepts. Je reviendrai sur chacune des aventures dans des articles futurs.

Il y en a 5 campagnes actuellement disponibles :

  • La nuit de la Zélatrice
  • L’héritage de Dunwich
  • La route de Carcosa
  • La Civilisation Oubliée
  • Le Cercle brisé

Une aventure jouissive! Les joies et soulagement éprouvés sont à l’aune de la frustration parfois rencontrée. Que d’émotion! Un must have.

 

Un petit coup de pouce pour votre lutin adoré :

Envie de soutenir le blog ? Vous pouvez le faire en passant par le lien en dessous (pas de frais supplémentaire!).

Horreur à Akham JCE : La Nuit de la Zélatrice (37€)

Ceci m’aide à financer l’hébergement du site sans publicité et à organiser des concours avec des romans à offrir.

28 réflexions sur “Horreur à Arkham

  1. Je suis ravie que tu aies fait cet article!
    A la maison on a surtout joué au jeu de plateau de Arkham Horror. Il est déjà très bien. Au tout début, on galérait on arrivait pas à vaincre le grand ancien. Puis l’expérience aidant, on gère beaucoup mieux. Le jeu de carte, on a fait qu’une seule partie pour le moment, le premier scénario. Il faut qu’on s’y remette. Excellent article en tout cas, bravo mon lutin:)

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  2. C’est toi qui m’a contaminée, mon Troll. A la fois dans la reprise assidue de jeux de plateau et dans la rédaction d’articles à leur sujet. Toi, ton Trollgnon de mari et vos articles alléchants

    Il faut que vous vous y mettiez de nouveau, oui! Le premier scénario n’est guère représentatif du jeu. Pour le challenge, les premières parties on se fait bouffer tout cru, puis comme tu dis, l’expérience aidant, cela se passe mieux. 🙂

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  3. Waouh, superbe billet ! Je suis impressionnée. Horreur à Arkham, c’est le bien. Il faut que celleux qui hésitent, testent 🙂 Mon amoureux est un fondu de ce jeu. Il s’est lancé dans une campagne au long cours (une à deux soirées hebdomadaires lui sont consacrées).

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