Lady Mechanika – Benitez & Steigerwald

N° 1, Le mystère du corps mécanique

Lady Mechanika

 

Dans un monde fait de magie et de science, une femme enquête sur son passé… Elle est l’unique survivante d’une terrible expérience qui l’a laissée avec deux bras mécaniques. N’ayant aucun souvenir de sa captivité ou de son existence passée, elle s’est construit une nouvelle vie d’aventurière et de détective privée. Elle use de ses capacités uniques pour agir là où les autorités en sont incapables. Mais la quête de son passé perdu ne s’arrête jamais. Les journaux l’ont appelée : “ Lady Mechanika

Une histoire steampunk à pleine pression

Le résumé éditeur donne un parfait aperçu de l’histoire qui attend le lecteur au détour de ce beau volume introductif. Lady Mechanika est le produit d’une expérience, du croisement de l’acier et de la chair. Le prix à payer pour bénéficier de ces incroyables métamorphoses s’avère un lourd tribu : la mémoire. Elle est le sacrifice consenti sur l’autel de la technologie. Mais était-ce volontairement ou  bien « librement  consenti », façon impôts ?

Cette interrogation plane tout au long des chapitres. Et quelques rencontres pas si fortuites laissent effectivement planer le doute sur les motivations initiales de Lady Mechanika. Pour l’instant, elle nous apparaît victime d’une machination scientifique, avec Lord Blackpool en digne successeur du Docteur Frankestein. Pour autant, « l’enchaînement » des décisions se revêt d’une certaine obscurité si le lecteur est attentif à plusieurs éléments dans les dialogues. Alors, une entrave consentie ou pas? L’avenir nous répondra.

La recherche de l’identité et de l’histoire de Lady Mechanika est le fil rouge de cette grande aventure ponctuée par des sauvetages, des poursuites, des bagarres, des tartes velues et des retournés acrobatiques dignes des meilleurs footballeurs planétaires!

Notre héroïne prend fait et cause pour les faibles et les esseulés, surtout s’ils sont des cibles  privilégiées de Lord Blackpool et de son engeance.

Nous sommes dans une ambiance révolution industrielle, où la vapeur de charbon se dispute la priorité avec la vapeur d’eau. Le clinquant et le rutilant sont mis en exergue, pour mieux appuyer les facilités et le standing, quand à la technologie du cuivre associée à une pléiade d’engrenages, elle s’avère du dernier cri.

 

Une ambiance très réussie

L’environnement est une parfaite réussite, tout autant que l’atmosphère transpirant à travers les différentes planches de ce volume. Nous sommes loin du Paris des Merveilles de Pevel, même à son opposé. Là où la trilogie de l’auteur français se démarque par une verve et une luminosité pleine de vie, Lady Méchanika, exploite sans complexe la veine cambouis, graisse noire sous les ongles et un pessimisme certain. La facture finale possède un cachet loin d’être déplaisant ou encore déprimant, car l’équilibre est savamment maintenu avec un ton assez décalé et une ironie qui tombe à pic.

Ce volume est découpé en chapitres, 4 exactement. Chacun contient une péripétie qui lui est propre donnant à l’ensemble un côté feuilleton. Ce terme est loin d’être péjoratif, faisant référence plus à Sherlock Holmes de Conan Doyle, qu’au Feux de l’amour… Donc, ce côté feuilleton renforce l’esprit steampunk fin 19°, début 20° siècle, si propice à ce courant de la SFFF.

Le graphisme

Le choix graphique souligne encore ces intentions, avec un soin tout particulier à la colorisation, jouant sur les ocres et les violets profond. Les personnages sont également travaillés en suivant cette idée, et son t particulièrement longilignes, à l’image d’elfes. Nous  noterons la poitrine proéminente de Lady M, fantasme si répandu chez ces messieurs, et attribut féminin si lourd à porter pour les dames…

Les planches sont somptueuses au point de, sans doute, voler la vedette à l’histoire elle-même…

Lady de charme

Ma référence à Sherlock Holmes n’apparaît pas dans l’unique but de lier cette BD à l’époque de Conan Doyle. Lady Mechanika est elle aussi détective privée, avec des enquêtes qui vont la conduire sur des chemins tortueux, et bien souvent en travers de la route, de Lord Blackpool, Némésis intime de notre héroïne. L’inspiration avec Moriarty n’échappera pas à l’amateur du célèbre détective du 221b Baker Street.

Lady possédè de nombreux atouts (ne se réduisant pas à une magnifique/encombrante poitrine – rayer la mention inutile en fonction de votre sexe), outre un corps sublime et mis en valeur sur chacune des pages, elle a un esprit vif, une langue acérée, l’œil du tigre et un caractère bien trempé. Déterminée, adroite et intelligente. Que demander de plus ? « Un cœur gros comme cela » : checked! Une panoplie de gadgets : Checked ! de l’humour noir : checked!

Bref, elle est bad-ass et sympathique à la fois! Un peu trop ?…..

Cette héroïne, redresseuse de tort, équipée d’avancées technologiques fera sans doute penser à des super-héros du style Batman. Ainsi, cette filiation projetée au début du 20° siècle vous fera peut-être penser à Baron Noir d’Olivier Gretcher. Ce fut mon cas, car il y a quelques similitudes avérées.

Une attente au diapason de la couverture

LA superbe couverture qui m’a fait craquée.

Avec une telle promesse, mes attentes étaient assez élevées. La question se pose de savoir si le duo Bénitez & Steigerwald sont parvenus à les atteindre. Dans une certaine mesure, oui.

Les graphismes sont un réel plaisir pour les yeux, et contrairement à beaucoup de romans graphiques ou de BD, le contenu est à la hauteur de l’image de couverture. L’ambiance sombre, le steampunk et le côté pulp étaient aussi des points cruciaux pour mon appréciation globale, et je n’ai pas été déçue dans ces registres.

L’histoire, et sa structure ne font pas dans l’originalité, cela peut éventuellement écarter les lecteurs qui recherchent une intrigue plus alambiquée et fouillée. L’aspect pulp étant assumé complétement ici, une révolution scénaristique est donc très peu probable. Les auteurs jouent sur les canons du genre… : le caneva est déjà bien (trop) établi.

Il y a beaucoup de parlotte. Quelques planches en sont difficilement lisibles et là, c’est gênant. Le monde de la Bd est focalisé sur le « show don’t tell« , bien plus que le roman. Or, nous avons tendance à relever les textes qui oublient cette maxime lors de nos lectures. Alors quand le lecteur ouvre une BD, il paraît incongru de découvrir des planches de « lecture »….  cette remarque n’est ne rien rédhibitoire : cela ne s’est pas présenté  souvent, et l’esprit feuilleton pousse à lire un chapitre, puis un peu plus tard un autre. Il n’y a pas de place pour la lassitude.

Ce livre est pour vous si :
  • vous aimez le pulp
  • vous aimez les héroïnes bad-ass
  • Si vous aimez l’ambiance steampunk
je vous le déconseille si :
  • Vous n’aimez pas les BD, ben non.
  • Vous souhaitez une Bd avec du fond et pas que du foin
  • les distributions de baffes vous soûlent!
Autres critiques :

 

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Lady Mechanika, tome 1 (12,99€)

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18 réflexions sur “Lady Mechanika – Benitez & Steigerwald

  1. Bonjour Lutin82,
    J’ai découvert ton blog il y a peu, grâce au forum Horreur à Arkham sur lequel tu as présenté ton article et saches que c’est un endroit sur lequel j’adore venir depuis. Félicitations pour ton boulot, notamment cet article dont la BD est intrigante, attirante. Bonne continuation 🙂

    Aimé par 1 personne

    • AH! merci beaucoup!
      Je suis très heureuse de lire ce compliment. Le blog demande de l’investissement et des retours comme le tien sont très encourageants et motivants.

      La BD est superbe au niveau graphique, un peu convenue dans le contenu, mais c’est du pulp alors ce n’est pas étonnant ni déconnant non plus. Il s’agit d’un tome introductif, il faut donc voir à l’usage.

      Merci!

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  2. Moi j’aime beaucoup. Ce ne sont pas les histoires les plus profondes que j’ai lu et ça ne m’a pas fait réfléchir sur de grandes questions existentielles, mais ça tient la route, c’est agréable à lire, et visuellement c’est très très beau. Bref, je conseille (j’en suis au 4 pour l’instant).

    Aimé par 1 personne

  3. J’avais hésité à le prendre au Festival Hero de Grenoble car j’avais complètement accroché à la couverture. En revanche, je n’ai plus du tout eu la même impression une fois après avoir feuilleté les pages. Contrairement à toi, je n’ai pas aimé la colorisation.

    Aimé par 1 personne

    • Le choix de la colorisation fonctionne bien pour moi dans le sens où elle appuie sur une ambiance sombre et les teintes choisies soulignent cela. Comme on dit, les goûts et les COULEURS, hein!!!… 😉

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  4. Mon libraire me pousse à l’acheter à chaque fois, un jour il y arrivera, je de l’espoir pour lui ^^. Graphisme j’adore, héroine bad ass aussi, mais il dit un peu la même chose que toi sur le fond… Moi ce que j’adore c’est les histoires poussées et complexes, avec des bulles pleines à craquer de texte 😉

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