Acadie – Dave Hutchison

UHL – Le Bélial

Prix Locus 2017

Il y a la Colonie, une constellation d’habitats spatiaux cachée au sein d’un système stellaire isolé et sans intérêt. Et puis il y a Duke, le Président de ladite Colonie, élu au poste car il était précisément le type qui le désirait le moins. Essentiellement honorifique, le job s’avère toutefois offrir certains avantages. En temps normal… Car voilà qu’une sonde terrienne franchit les limites du système. La pire des nouvelles au regard des membres de la Colonies, eux qui, sous la houlette d’Isabel Potter, généticienne de légende, ont élaboré une utopie contrainte de fuir l’autorité du Berceau depuis plus de cinq siècles. Or, en ce qui concerne le viol des strictes lois bioéthiques terriennes, il n’existe aucune prescription, et la Colonie n’encourt rien moins que l’annihilation. Sauf à ce que Duke, contre toute attente, ne se révèle l’homme de la situation…

Une novella remplie de références

La première d’entre elle nous apparaît dans le titre : Acadie. Certes, l’histoire nord-américaine ne se trouve pas totalement et fidèlement transposée dans la novella de Hutchinson. Néanmoins, nous y remarquons une idée commune de persécution et de chasse à l’homme. L’Acadie fut traitée avec hauteur et brutalité par des anglais impérialistes de 1750 jusqu’à 1820. Ces hommes et ces femmes connurent la déportation, une politique de terres brûlées menée par les britanniques, des pressions constantes pour une soumission totale et la chasse à un de ses chefs emblématiques, Joseph Broussard.

Dans la novella qui nous occupe, la Colonie subit la menace constante de l’AC terrienne qui veut régler leur compte à ses chefs, dont Isabel Potter. Elle se trouve quasiment acculée comme vous le lirez à travers ce court roman.

Le parallèle fonctionne d’autant mieux que les lecteurs sont légèrement familiarisés avec cette période de l’Histoire canadienne, et la chute s’avère fort savoureuse dans ces conditions.

Quelques auteurs de science-fiction reçoivent un clin d’oeil : Dick, Simmons, et notamment Banks avec le nom des vaisseaux.

Enfin, nous avons le narrateur et principal protagoniste du récit, Duke, ou plus précisément John Wayne Faraday. Je ne vous ferais pas l’injure de rappeler le grand physicien que fut Michael Faraday et ce qu’il apporta à l’électricité et à l’éléctro-magnétisme. ET lorsqu’il nous apparaît que les IA sont de la partie, il y a une forme d’humour assez délectable. N’oublions pas le grand acteur que fut John Wayne, surnommé Duke, connu non seulement pour sa grande gueule, sa stature, ses rôles d’homme fort et entêtés et des points de vue très affirmés. Ce patchwork de personnalités forme un cocktail unique et abouti au personnage principal d’Acadie. J’ai adoré l’ironie de la situation à la fin, et la cerise sur le gâteau de la juxtaposition de ces noms avec la chute!

Le ton que ce dernier emprunte n’est donc guère surprenant.

Un roman classique qui porte un fond qui l’est tout autant

Au programme de cette novella, deux thèmes s’exposent. La thérapie génique ainsi que la modification du génome humain, avec les écarts et l’éthique associés. Les IA sont également de la partie, mais de manière plus discrète, sauf en dernière partie du récit.

Le narrateur, Duke, trouve un ton juste, légèrement décalé par rapport à la situation, qui fait toute la saveur du texte, une petite note de film noir ou de western de l’âge d’or avec la figure du cow-boy solitaire. La chute est magnifique, et marque enfin le texte.

Acadie est une novella sympathique, rondement menée, narrée par un personnage central au charisme affirmé. L’ensemble s’avère classique, tant au niveau du déroulement que des thèmes mis en avant. La chute, excellente, conclue avec brio une lecture agréable.

Ce livre est pour vous si :
  • vous voulez lire un roman rythmé
  • vous souhaitez suivre un personnage charismatique

je vous le déconseille si

  • vous n’aimez pas le vide intersidéral vous effraie
  • vous avez une âme très british
Autres critiques :

Apophis – Le BibliocosmeFeydRauthaGromovarYogoCélindanaéBazaRYuyinePatiVoreVertChien Critique – ChroniqueurC’est pour ma cultureOmbre BonesBaroona,

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Acadie de Dave Hutchinson

Illustration : Ruan Jia

14 réflexions sur “Acadie – Dave Hutchison

  1. […] Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce court roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de FeydRautha, celle de Gromovar, de Yogo, de Célindanaé, de BazaR, de Dionysos, de Yuyine, de Yossarian, de PatiVore, de Vert, de l’adorateur de Robert (officiellement connu sous le nom du Chien Critique), du Chroniqueur, de C’est pour ma culture, d’Ombre Bones, de Baroona, de Lutin, […]

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  2. […] Les chapitres sont courts ; le ton est résolument moderne avec une pointe d’humour (ah oui, l’auteur est Anglais) et, même si je n’ai pas tout compris à la technologie du futur, j’ai lu cette nouvelle avec plaisir ! Le récit est immersif, le questionnement sur l’éthique est posé et la fin est surprenante. Par contre, je n’ai pas percuté pourquoi le titre est Acadie… (oh, une explication sur Albédo). […]

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