Carolyn J. Cherryh

Une anthropologue dans la SFFF

Carolyn J. Cherryh est essentiellement un auteur de science-fiction (spéculative) et de fantasy, s’autorisant de temps à autre des infidélités dans d’autres genres. Lauréate de trois prix Hugo, d’un Locus ainsi que d’un John Campbell, elle demeure assez peu connue en France.

Son véritable patronyme est Cherry, dont la consonance trop romantique ne collait pas avec l’image sérieuse (et masculine) de la sf des années 70, d’où l’ajout d’un « h » à la fin du nom. Un astéroïde porte son nom depuis 2001!

C.J. Cherryh construit des univers complexes et réalistes dans lesquels se déroulent des histoires vivantes, captivantes et exotiques. Qu’elle demeure si confidentielle dans notre hexagone est un véritable mystère pour moi!

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A la recherche de Spock de Vonda McIntyre

Star Trek III – fureurs et émotions

 

« Longue vie et prospérité » – Spock

Cela fait une éternité que je ne vous ai pas offert une petite critique d’un roman de la franchise Star Trek. Je suis certaine que cette immersion dans l’univers trekkie vous manque et que vous attendiez avec une impatience non dissimulée une de mes fameuses interventions sur le sujet. 🙂

Je vous sais passionnés au nombre de vues (allez, je mets la chose au pluriel) et de commentaires! 😉 . Mais après tout, ce blog est justement destiné à aborder les sujets SFFF qui me font rêver, réfléchir, pleurer ou encore rire. Star Trek est de ceux-là.

A la recherche de Spock, le troisième volet de la saga portée à l’écran débute peu de temps après La Colère de Khan. La novélisation en roman par Vonda McIntyre suit exactement le même canevas.

L’équipage de l’Enterprise est parvenu à se défaire du redoutable Khan pour la seconde fois. Le bâtiment est sur le point de rendre l’âme alors que son cœur d’anti-matière menace d’imploser sans intervention manuelle directe. Spock se sacrifie lors d’une scène émouvante et mémorable.

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La 5° Saison de N.K. Jemisin

Un monde entre implosion et explosion.

Premier tome de la Terre Fracturée

Auréolé de deux prix Hugo pour les premier et deuxième tomes de La Terre Fracturée, La 5° Saison de N.K. Jemisin éveille la curiosité.  Le pitch présenté par l’éditeur au sujet de ce roman de fantasy d’un genre inhabituel chatouille d’autant plus les synapses que ma lecture Des Cent Mille Royaumes, lu récemment, m’avait déjà convaincue du talent de la dame.

J’espérais donc avoir les neurones aussi enchantés que lors de ce précédent…

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Courageux de Jack Campbell

La Flotte perdue, tome 3

Albédo analyse à la lumière de son prisme, le troisième opus du cycle de la Flotte Perdue, Courageux de Jack Campbell. Cette série est suivie avec plaisir dans ces pages, même si ma revue préférée estime qu’il est impossible d’apprécier ce space opera militaire tout en adorant des titres plus prestigieux tels que La Guerre Eternelle, Hyperion ou L’homme qui mit fin à l’histoire (en passant, j’ai été sur le point de me désabonner…)

Pour les détracteurs de ce sous-genre (dénomination qui ne se veut pas un jugement de valeur), il est vrai que nous restons cantonner à des schémas relativement classiques et prévisibles. Pour les amateurs, ou les lecteurs qui ont envie de s’aventurer dans le cycle de Jack Campbell,  ce récit maîtrisé est… jouissif!

Qu’en est-il de ce troisième tome ?

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La Grande Porte de Frederik Pohl

La galaxie à travers le trou de la serrure

Prix Hugo 1978 & Prix Locus 1978 & Prix Nebula 1977

 

Grand classique de la SF, La Grande Porte a été publié en 1977 et a réussi le Grand Chelem au niveau des récompenses les plus prestigieuses de la littérature de l’imaginaire : Prix Hugo, Locus et Nébula. Rien que cela. Cette triplette aiguise l’appétit et la curiosité, et le pitch parachève son œuvre tentatrice :

« Robinette Broadhead, n’a pas eu de chance dans la vie, depuis que ses parents lui ont choisi un prénom. Jusqu’au jour où il a pu enfin payer le prix de son passage vers la Grande Porte. La Grande Porte : un astéroïde artificiel construit par la civilisation supérieure des Heechees, dans le voisinage de Vénus. Les Heechees ont disparu depuis des siècles, mais ils ont abandonné à la Grande Porte des centaines d’astronefs programmés pour se rendre en divers points de l’univers.
La Grande Porte, c’est le seuil de mondes inconnus : la possibilité de gagner des fortunes pour les hardis pionniers qui n’ont pas peur de s’embarquer à bord d’un vaisseau étranger dont ils ignorent la destination. Robinette a été l’un de ces aventuriers. Il est devenu riche.
Alors pourquoi éprouve-t-il le besoin, semaine après semaine, d’aller se confier à l’ordinateur-psychanalyste Sigfrid Von Shrink, qu’il déteste ?« 

Certes, le roman a pris une ou deux rides, et nos neurones ne seront pas scotchés de stupeur devant les thématiques abordées, familières des lecteurs désormais. Mais, il faut replacer La Grande Porte de Pohl dans le contexte afin d’apprécier ce roman de pure SF.

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Les 24 vues du Mont Fuji par Hokusai – Roger Zelazny

Périple onirique au pays du Soleil Levant

Le Bélial

« Son époux est mort. Ou disons qu’en tout cas, il n’est plus en vie… Pour Mari, le temps du deuil est venu. Un double deuil… Armée d’un livre, Les Vues du mont Fuji, par Hokusai, elle se met dans les traces du célèbre peintre japonais afin de retrouver vingt-quatre des emplacements depuis lesquels l’artiste a représenté le volcan emblématique — autant de tableaux reproduits dans l’ouvrage. Un pèlerinage immersif, contemplatif, au cœur des ressorts symboliques de cette culture si particulière, un retour sur soi et son passé. Car il lui faut comprendre… et se préparer. Comprendre comment tout cela est arrivé. Se préparer à l’ultime confrontation. Car si son époux n’est plus en vie, il n’en est pourtant pas moins présent… Là. Quelque part. Dans un ailleurs digital. Omnipotent. Infrangible. Divin, pour ainsi dire…« 

Le résumé éditeur est assez éloquent quant au contenu de ce roman, finaliste du Nebula et lauréat du prix Hugo 1986 de la novella. Malgré la réputation de l’auteur et le  palmarès de ce titre, il n’avait jamais été traduit ni publié en France. Cet oubli momentané  pourrait s’expliquer par un accès assez particulier…

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Légion de Jamie Sawyer

Lazare en guerre, tome 2

L’Atalante

Dans le tome précédent, L’artefact de Jamie Sawyer, nous faisions la connaissance du Capitaine Conrad Harris, un soldat expérimenté navigant dangereusement sur le fil du rasoir. Depuis, les péripéties et les drames se sont enchaînés, aboutissant à une bataille épique sur Hélios, une planète perdue dans le Maëlstrom.

« Devenu Lazare, Conrad Harris est envoyé par le Commandement allié se mesurer à un nouvel artefact bribe. Accompagnée de Saul, le xénolinguiste, son équipe rejoint le Colosse et sa flotte de seize navires dans le Maelström, une zone de l’espace très tourmentée où Elena a disparu. »

Sans prétendre révolutionner le genre, le premier volume montrait des signes intéressants, de l’action et du rythme sans être dénué de fond.

Légion, nous propose un cocktail tout aussi explosif; reste à savoir si l’intérêt est au rendez-vous.

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Une histoire des abeilles de Maja Lunde

Quel futur pour l’humanité ?

 

Un roman qui mêle abeilles et anticipation est forcément une lecture qui attire mon regard. L’apiculture est avant tout une passion, la lecture aussi, les deux réunies forment une aubaine incontournable. Surtout qu’après la lecture d’Une histoire naturelle des Dragons, le clin d’œil s’impose!

Forcément, mes attentes seront élevées, forcément je serais regardante en ce qui concerne cette merveille de la nature, forcément je serai sévère quand aux techniques apicoles décrites.

Le pitch de départ est assez fourni et disparate pour provoquer d’entrée un regard interloqué. De quoi s’agit-il au final ? D’un roman contemporain ? de la science-fiction ? d’un roman historique ? d’une réflexion sur notre avenir ?

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Les Affinités de Robert Charles Wilson

Le nouvel ordre mondial

Denoël – Lunes d’encre

« Le monde est-il jeune ou vieux ? » – Geddy dans Les Affinités

Les Affinités est un roman qui semble à peine baigner dans la science-fiction, or c’est tout un art de transmettre une impression à la fois prémonitoire tout en restant ancrer dans la réalité. D’autant plus que Robert Charles Wilson ne cherche pas à nous éblouir les mirettes avec un gigantisme ahurissant comme dans Les chronolithes ou à nous faire décrocher la mâchoire de stupéfaction devant des effets spectaculaires ou des technologies révolutionnaires. Non, l’auteur bouleverse notre avenir avec une science molle, une matière mal-aimée, un domaine qui ne vend pas du rêve : la sociologie.

Et, cela fonctionne du tonnerre !

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