La mort du Centaure de Dan Simmons

Ou les balbutiements d’un chef d’œuvre

 

Voici une nouvelle qui ne paye pas de mine, même si elle bénéficie d’une belle plume et d’un auteur de renommée mondiale, Dan Simmons. Malgré son apparence dégingandée, il ne faudrait pas la bouder car, cette demoiselle en devenir nous cache un diamant brut.

« Un jeune professeur raconte à ses élèves un récit de science-fiction sous forme d’épisodes hebdomadaires. Ce planet Opéra épique qu’il imagine devient très important pour les enfants. »

Cette nouvelle est parue dans la revue Galaxie dans sa version française. Originellement, elle fait partie d’un recueil de nouvelles, Prayers of Broken Stones publié en 1990. La majorité d’entre elles ont été écrites au début des années 80, et partage un thème commun, lié à La mort du Centaure.

Ce jeune professeur, qui emprunte beaucoup à Dan Simmons lui-même, se lit particulièrement d’amitié avec Terry, un jeune garçon. Celui-ci rassemble tous les clichés de l’enfant pauvre vivant dans un coin perdu du Missouri : affamé, laissé à l’écart, mal vêtu, parents démissionnaires, père alcoolique, intelligent et sensible.  Ce professeur sans le sous se voit obliger d’enseigner dans ce collège éloigné de tout dans l’attente d’une place plus en vue. Malgré ses préjugés initiaux, il va s’impliquer dans son travail de manière professionnelle et même développer un certain attachement pour ces bouseux incultes qu’il regardait avec un peu de condescendance à son arrivée.

Un attachement partagé avec ses élèves, essentiellement grâce à une histoire racontée de manière hebdomadaire qui captive son auditoire (une prémonition d’un œuvre future?).  Très vite, elle devient l’Histoire, le point culminant de la semaine dans la vie réglée d’écolier.

Ce récit épique qui s’étale sur une année scolaire, met en jeu plusieurs personnages un néo-chat, un sorcier et un centaure, Raul, qui tentent de rejoindre un portail entre les mondes. Ils sont pourchassées par une foule de mages qui cherchent à mettre la main sur un artefact. Le conte mêle SF et fantasy, et séduit les enfants avec ses combats, ses actes d’héroïsme, sa générosité, son sens de la responsabilité, ses sacrifices, sa grandeur… Il est évident que Raul, le centaure  – à rapprocher de Raul Endymion – aura un impact crucial sur ces aventures.

Le procédé utilisé par Dan Simmons permet de découvrir une Amérique profonde, approximativement dans les années 70, si différente de nos fantasmes européens. D’ailleurs le portrait de cette communauté bucolique  me rappelle fortement la population décrite par King dans Salem, même si le format choisi ici n’offre pas la même profondeur et analyse. Le texte de Dans Simmons est sympathique et ne révolutionne pas franchement le genre, mais l’intérêt n’est pas là. Il s’agit surtout d’une première ébauche d’Hypérion et des récits partagés par les pèlerins, notamment celui du Consul (Siri). D’ailleurs, nous y retrouvons de nombreux éléments.

Outre, Raul, la barge de lévitation navigant au dessus de la mer d’herbe y fait sa première apparition, tout comme la notion de ramification de portails. La structure adopte un découpage similaire avec un quotidien scolaire qui suit son cours, entrecoupé de l’Histoire. Nous avons la présence de centaures, dont le génocide est mentionné dans Les Cantos d’Hypérion. Et, il y a aussi le Gritche….

Aussi,  la lecture de cette nouvelle est-elle recommandée à tous les amateurs de Simmons et surtout à ceux qui ont déjà lu l’immense Hypérion.

Jean-Daniel Bréque signale que cette nouvelle est disponible dans l’intégrale Les Orphelins de l’Hélice. Merci

Ce livre est pour vous si :
  • vous aimez Dan Simmons
  • vous avez apprécié Hypérion
  • vous avez envie de découvrir les bases d’un œuvre mémorable
je vous le déconseille si :
  • vous êtes allergique au format court
  • vous n’aimez pas la SF et la fantasy (que faites-vous sur ce blog ?)
  • vous ne supportez pas les enfants
Autres critiques :

 

 

19 réflexions sur “La mort du Centaure de Dan Simmons

  1. Fan d’Hypérion, des bases de l’œuvre, et de Dan Simmons : Je réponds forcément présente !
    Pour preuve, je suis en ce moment même en compagnie du Monsieur avec son Terreur, flairé par chez toi aussi d’ailleurs ^_^
    Tout se recoupe, je te dis ! C’était fait exprès… n’est-ce pas ? 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Alors dans ce cas, inutile de te précipiter. 😉

      Je suis ravie d’être tomber sur une nouvelle qui est dans l’histoire d’un roman de cet acabit. Si j’ai l’occasion de réitéré, je ne vais pas me gêner. D’ailleurs, il y en a une qui sera plus dans tes goûts un de ces jours. 🙂

      J'aime

    1. La nouvelle en elle-même est sympathique, mais ne révolutionne rien. C’est son attachement à Hypérion qui finalement en font sa saveur, en tant qu’ébauche. Donc, ton souvenir nébuleux (normal dans te telles galaxies 😉 ) est normal. 🙂

      J’essaie de mettre de l’humour systématiquement et qui reste en relation avec la lecture. Tu trouveras toujours un truc que je veux décalé. 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Ping : Froid galactique sur février 2018 – Albédo

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