Mage de Bataille, T2 – Peter Flannery

Un Nouvel Espoir… qui se confirme

Mage de Bataille, tome 2

Albin Michel Imaginaire

 

Il y a bien longtemps, dans une contrée lointaine, très lointaine,…

Malgré la résistance des humains, les Possédés du Marquis de la Douleur maintiennent leur emprise sur les terres d’Ire, et poursuivent sans relâche leur lutte contre l’Alliance humaine. Parvenus à s’échapper de Caer Dour, Danté, Malaki et leurs amis sont formés au sein de l’Académie d’Ire, la cité royale gouvernée par la Reine  Catherine.

Cependant, Marchior Dolor ne relâche pas son emprise et déploie des profondeurs des enfers, des démons encore plus vils et robustes, armés pour terrasser mages et dragons.

J’avoue n’avoir pu résister à l’envie de m’inspirer des introductions de Star Wars. En effet, Peter Flannery opte pour de nombreux clins d’œil en référence à cette saga dans  son Mage de Bataille, notamment dans ce tome 2. A l’image du premier volume, les ingrédients ne sont pas révolutionnaires, l’ensemble se révèle assez classique, et pourtant, je me suis laissée embarquer dans la frénésie finale.

Un univers qui évolue peu

Nous avions constaté que Mage de Bataille se rangeait du côté de la Fantasy d’inspiration médiéval fantastique. Pour être plus précise, il s’agit de High Fantasy, qui propose une version de la lutte de la Lumière contre les Ténèbres, avec des créatures dignes du Seigneurs des anneaux de Tolkien. Les humains et les quelques dragons se battent contre une engeance dégueulée des entrailles de la terre, avec cette fois-ci un monstre particulièrement coriace et efficace quand il s’agit d’occire du mage, l’Assassin.

De son côté, le Marquis de la Douleur a décidé de prendre les choses en main directement et mène des centaines de milliers d’hères convertis aux mouches et aux asticots. L’aura psychotique qui précède ces cohortes de désolation pille les bonnes volontés, laissant les hommes les plus valeureux aussi combatifs et vaillants qu’une marmotte neurasthénique au soir de son hibernation.

Heureusement, les armées humaines sont épaulées par des mages de bataille montés  sur de magnifiques dragons. Ils déploient non seulement un manteau de « bénédiction » sur les troupes, mais participent aussi aux affrontements, sabre au clair. Le système de magie sort tout droit des jeux de rôle, et vous ne pouvez pas être perdus, si vous êtes un familier de ces derniers (et même sans cela).

Des personnages sans réelles surprises

Inutile d’insister sur le fait que les méchants sont vraiment méchants et c’est bien là leur seule caractéristique. Plus proche du zombie décérébré que du vilain retors, charismatique et astucieux, que ce soit du possédés de base, en passant par l’Assassin pou encore le Marquis, c’est du mono-dimentionnel. Je suis même un peu déçue que la trame relative au Loup (je n’en dirai pas plus) n’aboutisse finalement qu’à une petite souris… Il y aurait eu mieux à faire.

Du côté des forces de la Lumière, il ne faut s’attendre à rien de notable concernant les compagnons de Falco. Que ce soit de Malaki à Jarek.

Mais…

Mais, il y a un mais. Peter Flannery nous propose une petite surprise avec Meredith, le thaumaturge qui a accepté de superviser sa formation de mage de bataille. Initialement, ce sont deux garçons que beaucoup de choses opposent, et donc, que rien ne destine à l’amitié. L’influence paternelle – d’un côté comme de l’autre – vielle à ériger une ligne de démarcation censée bannir tout rapprochement potentiel. Or, Falco ayant sauvé la vie de Meredith, ce dernier se sent redevable et va à l’encontre du souhait des Thaumaturges d’Ire qui « malheureusement » n’avaient personne à proposer pour cette formation… L’évolution va plus loin que cette amitié naissante, et c’est une petite surprise fort agréable.

Quant à Falco, l’atout maître, l’évolution est bien réelle, mais sans grande surprise. Qui avait des doutes sur ses capacités de mage parmi les lecteurs ?  sur l’évolution de sa santé ? Qui a des doutes sur ses aptitudes offensives ? Sur l’appel futur de son compagnon de voyage ? Et sa couleur ?….

Nonobstant ces anticipations, la saveur d’un récit – surtout dans le registre de la High Fantasy – tient essentiellement au cheminement pour y parvenir, aux différents procédés choisis par l’auteur pour aboutir au résultat escompté par le lecteur (ou deviné). Peter Flannery s’en sort avec la manière et si cette évolution ne brille pas par son innovation, elle nous tient suffisamment en haleine.

La trame est classique

Je vais me répéter : quand un univers, monde, trame ou tutti-frutti est qualifié de classique, nous sommes mais alors trèèèès loin d’un quelconque synonyme péjoratif ou d’un sous-entendu cachant nul, moche, sans consistance, ou tutti quanti. Classique, ben, signifie classique. La trame ou l’univers ne déroge pas à des règles ou des habitudes – plus ou moins tacites- connues et reconnues.  Le lecteur expérimenté dans la SFFF comprendra dans ce terme qu’il s’aventure en territoire familier.

Ceci étant posé, revenons à nos possédés.

Les différentes trames (Le sort d’Ire, le complot des thaumaturges, le secret derrière les dragons noirs, l’histoire d’amour de la Reine et de l’émissaire, et Falco mage de bataille) sont assez prévisibles dans leur dénouement – ou presque, car il y a des petites surprises.

Pour la « quête » principale, ce n’est guère un secret, après tout nous sommes dans la High Fantasy, il en va de même avec les pouvoirs de Falco Danté.

En revanche, sans être la trame du siècle, j’ai beaucoup aimé le rôle de Meredith dans l’affaire des thaumaturges et de ses recherche sur la Grande Possession. Il y a une dimension mystère qui renforce les soupçons de plus en plus prégnants de complot, et le sentiment d’une catastrophe à venir  – ou passée. De plus cette partie participe à l’enrichissement du background des 7 royaumes d’Ire, et  ce petit plus donne enfin un peu de corps à ces Terres désolées. AU passage, nous en apprenons plus sur les dragons, qui avait tendance à spwanner (apparaître au hasard) trop spontanément.

L’ensemble de ce canevas fonctionne parfaitement et donne un sentiment d’urgence et de fatalité au lecteur qui appréciera  de ne pas se sentir un un chemin tout tracé et sans grande embûche. Si nous lisons ce roman, ce n’est pas pour se la jouer grand-mère tricote au coin du feu, mais bien pour avoir des pics d’adrénaline et vibrer au diapason de nos personnages. Rassurez-vous car cela va être le cas.

250 pages de folie

Sur les deux tomes, il y a des passages qui ne sont pas indispensables, surtout que je ne trouve pas l’auteur à son avantage dans les scènes posées (ou de rapprochement amoureux ou intime). Il y a des pistes qui n’ont pas donné tout leur potentiel, notamment celle relative au Loup. J’ai toutefois, bien apprécié l’ambiance autour de l’apprentissage de nos jeunes gens, tous les fils liés à l’écheveau des dragons, de la grande Possession, des thaumaturges ou encore de la lutte de pouvoir au sein du conseil royal (même si cela reste un peu succinct pour mon goût personnel).

En revanche, Peter Flannery fait fort et exprime toute sa fougue dans les scènes plus martiales. J’avais déjà souligné cette qualité dans le premier tome. C’est au-delà pour ce volume-ci.

Outre la bataille finale et les quelques escarmouches qui précèdent, je retiens, l’initiation du jeune Falco Danté dans le Creuset. Tout analogie ou ressemblance avec la fameuse scène de Luke sur Dagobah dans les tunnels qui l’oppose à Dark Vador est voulue et même recherchée. Nous le sentions venir dès le début, avec l’aura noire qui s’en dégageait, et vous ne serez pas déçus. L’intensité va bien au-delà de ce qui se passe dans Star Wars, et ce clin d’œil – ou hommage à la saga – est rendu avec brio. Bravo.

Cependant, ce passage ne constitue qu’un amuse-bouche, comme les escarmouches ou les différents affrontements qui mènent jusqu’à la bataille sur les Collines des Trois Frères.  Là, vous avez de quoi satisfaire les appétits les plus vorace en terme de spectaculaire. Pendant les deux-tiers du roman, la tension monte pour se conclure sur 200 pages au bas mot (manœuvres, contournements, scouts et la bataille proprement dite). Je devrais dire bataille au pluriel car nous en avons trois d’une intensité et d’une saveur remarquables.

Je ne vais rien dire de plus sur le contenu des affrontements, si ce n’est que c’est largement à la hauteur des espoirs que j’avais conçus pour ce deuxième tome. J’ai voulu lire quelques pages en me couchant, pour m’endormir en bonne compagnie. Mais, voilà, d’un paragraphe à l’autre, d’un chapitre à l’autre, une fois que le grand enjeu pivota sur vers sa conclusion, en plein cœur de la bataille, malgré l’heure (et sans sommeil – trop captivée), je n’ai pu lâcher le bouquin qu’une fois la dernière page lue. Il était alors 5 heure du matin quand je suis parvenue au mot « fin ». Aussi, M Dumay me doit-il une nuit de sommeil.

Sachez qu’en empruntant les routes  des 7 royaumes d’Ire, vous avancerez sur des chemins « familiers », ponctués de complots, de moments d’amitiés et d’émotion, de chagrin et de pertes, ainsi que d’escarmouches violentes, pour aboutir à des batailles de grande envergure. Bien que tout ne soit pas parfait, ce deuxième tome à de quoi séduire même les lecteurs rompus à la Fantasy, surtout avec sa deuxième partie.

Ce livre est pour vous si :
  • vous savourez les fantasy qui ont du cœur
  • vous aimez les personnages qui donnent de l’émotion
  • vous êtes amateur de dragons
je vous le déconseille si :
  • Vous avez l’odorat fragile
  • Vous n’aimez pas la High Fantasy
  • Pour vous une belle plume est faite de circonvolution.
Autres critiques :

L’Ours inculteLe chroniqueurLe bibliocosmeMon Troll à moi

 

Merci à Gilles Dumay et aux éditions Albin Michel Imaginaire de m’avoir offert la possibilité de le lire en avant-première.

 

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43 réflexions sur “Mage de Bataille, T2 – Peter Flannery

  1. Je pense que je finirais par lui donner sa chance à ce livre 🙂 Il a l’air totalement dans mes cordes parce sachant que j’aime bien lire du familier 😛

    Je viens moi aussi de terminer mon premier fantasy de l’année (mais pas une nouveauté)
    C’est une bonne idée de faire la chronique directement après, je vais penser à faire de même ^^

    Aimé par 1 personne

  2. Tout à fait d’accord
    Excellent livre même si quelques sujets auraient pu être plus développés comme Le loup .. ou les 3 désavoués .. je suis resté sur ma faim avec eux .. histoire pas totalement explique .. le lien avec Falco.. passage éclair
    Mais sinon oui pas la tra du siècle mais un réel plaisir à lire ce livre ..
    Je découvre ton blog et belle surprise également 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Oui, c’est quand même un bouquin qui t’embarque énormément. Pas le truc du siècle, mais il offre de bons moments de lecture.
      C’est vrai qu’il y a des petites choses qui auraient mérités une conclusion plus élaborée.

      Je suis ravie de t’accueillir par ici, et ton compliment est gratifiant. 🙂

      J'aime

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