Les voies d’Anubis – Tim Powers

Tim Powers, avec entre autre son ami John Blaylock, est à l’origine du Steampunk tel que nous le connaissons aujourd’hui. Même si la paternité du genre se situe davantage entre les main de Jules Verne ou encore de HG Wells, avec La machine à explorer le temps, par exemple. Ce roman n’apparaît pas dans ces lignes uniquement en guise d’illustration, car Les Voies d’Anubis exploite également le thème du voyage temporel. le parallèle est offert sur un plateau.

Ce courant qui n’est pas un « sous-genre » de la Science-fiction, de la fantasy ou encore du fantastique se caractérise par sa capacité à évoluer au sein de ces genres avec bonheur, pour proposer des récits et des univers au visuel très marqué.

Partant de ce postulat, les auteurs précités ont poussé l’aventure littéraire plus loin. Ils ont épousé puis déchiré le corset étriqué des univers victoriens sentant bon la naphtaline puis fait implosé les machines à vapeur sous la pression de leur imaginaire. Tim Powers s’inscrit dans l’héritage du steampunk classique certes, mais lui impos une marque de fabrique indéniable, tout comme son compère John Blaylock. Il sera dés lors difficile de s’en détacher.

Les éditions Bragelonne ont conçu une gamme à l’esthétique remarquable pour les romans estampillés Steampunk : tranche dorée, lettre en or, police de caractére rétro. L’objet-livre est magnifique et susurre « collectionne-moi!« .

Les Voies d’Anubis offre une aventure extraordinaire, au sens premier du terme, dans un Londres victorien. Le cadre reste fidéle au carcan, avec ses diligences, ses canes et hauts de forme, ses robes pour les dames. La dose de fantastique joue son rôle à merveille en flirtant avec la réalité et surtout en se jouant des connaissances ou des certitudes des protagonistes. Les lecteurs et lectrices s’aperçoivent en cours de route qu’il y a anguille sous roche, que derrière ses atours fin XIX°, se cache une véritable fantasy victorienne. Les ressorts sont dès lors assez classiques, mis en œuvre avec minutie et surtout opacifiés par des tours dignes d’illusionnistes chevronnés, le cadre doré de l’époque.

Une fois la chose acquise, c’est-à-dire qu’il s’agit non pas d’un roman fantastique mais bien d’un roman de fantasy, nous sommes bien moins déstabilisés par l’intrigue. En effet, il faut dire que l’autre magicien qui pointe le bout de son nez en plein Londres, de manière assez inattendue à de quoi casser l’immersion, lorsque vous ne vous attendez pas à de la fantasy!

« Lorsque le professeur Brendan Doyle accepte de donner une conférence sur le poète anglais Coleridge, il est loin d’imaginer qu’il ne va pas tarder à le rencontrer en personne… en 1810 ! Car après avoir accepté l’offre d’un millionnaire ayant percé les mystères du voyage dans le temps, le voilà plongé dans une aventure rocambolesque traversant un Londres peuplé de bohémiens, de mendiants douteux et de sorciers terrifiants, tel ce clown macabre qui règne sur le monde souterrain. Et pour couronner le tout, Doyle ne peut revenir à son époque, à moins de déjouer les plans malfaisants des mages égyptiens qui veulent ramener leurs anciens dieux à la vie. Mais osera-t-il prendre le risque de changer le cours de l’Histoire ?« 

Vous voici invité à voyager dans le temps, non pas lors d’un unique plongeon en arrière, mais par bons successifs. Vous cotoyerez Coleridge et même Lord Byron, des aventures effrénés, de la magie noire, le tout, au rythme des accents égyptiens… Le thème du Loup-Garou se mêle aux thématiques du voyage dans le temps, et son cortège classique, aspect sous exploité à mon goût. Le Loup-Garou de Londres ne doit pas être confondu avec l’ombre d’Anubis… attendez! C’est donc cela!! Je n’en dis pas plus!

Il se dégage une impression de chaos pour notre protagoniste qui se voit bringuebaler dans tous les sens, peinant à reprendre le contrôle de sa vie même. Un chaos qui ne déplairait sertes pas au Dieu égyptien, Apophis!

La Machine à explorer le temps de Wells a été évoqué plus haut, pourtant, hormis une thématique commune, le traitement en est diamétralement opposé, et les sensations procurées divergent profondément. Tim Powers dans Les Voies d’Anubis ne cherche pas à s’engager dans ces traces et souhaite au contraire emprunter son propre chemin.

Les péripéties qui s’enchaînent peuvent donner le tournis, et si vous vous attendez à un roman fantastique – tel qu’il est présenté – vous risquez d’être fort mari… La plume épurée, l’érudition de Tim Powers alliées à une créativité endiablée en font tout le sel.

Ce livre est pour vous si :
  • Vous aimez les romans sous amphétamine
  • Vous adorez les univers steampunk
je vous le déconseille si :
  • On ne joue pas avec le Panthéon divin!
  • Quoi? il n’y a même pas une boule de feu ?!!! Et tu parles de Fantasy ?!!!

Autres chroniques :

Un petit coup de pouce pour votre lutin adoré :

Envie de soutenir le blog ? Vous pouvez le faire en passant par le lien en dessous (pas de frais supplémentaire!).

Les Voies d’Anubis

Ceci m’aide à financer l’hébergement du site sans publicité et à organiser des concours avec des romans à offrir.

19 réflexions sur “Les voies d’Anubis – Tim Powers

  1. J’aurais tellement aimé aimer ce livre, mais ça n’a pas pris. Je n’ai pas du tout accroché au style d’écriture qui m’avait semblé confus et surtout à la narration particulièrement décousue (à mon sens). Du coup je suis un peu passée à côté du reste.
    En revanche c’est vrai que Bragelonne fait un très beau boulot éditorial concernant le Steampunk !

    J'aime

  2. J’ai tenté de le lire il y a un bon quart de siècle, et si je me souviens bien, je n’ai même pas réussi à le finir tellement j’ai trouvé ça bordélique. J’ai lu un second roman de l’auteur (à deux pas du néant) une bonne décennie plus tard, et même si je l’ai trouvé un peu meilleur, il m’a convaincu que je n’avais pas une affinité suffisante avec Powers pour continuer à explorer son œuvre. C’est toutefois bien de remettre en avant un des pères du Steampunk (même si pour moi, il est très à la frange, taxonomiquement parlant, du genre qu’il a contribué à créer).

    Aimé par 1 personne

    • oui, c’est très chaotique comme roman.
      Et je pense que tu sais parfaitement lire entre les lignes de ma chronique. Bref, il est achevé et je ne suis pas tellement compatible avec l’imaginaire de Tim Powers, même si je reconnais du potentiel et des vertus indéniable à ce style.

      Aimé par 1 personne

  3. Qu’est-ce que j’ai aimé ce roman lu il y a si longtemps.
    J’ai Sur des mers plus ignorées dans ma PAL
    J’ai aussi lu de l’auteur Le poids de son regard. Encore du victorien avec poètes et écrivains gothiques à gogo. Mais j’ai eu plus de mal à accrocher

    Aimé par 1 personne

  4. Je l’ai dans ma PAL, le steampunk c’est pas trop mon truc, mais j’ai bien envie de le tester, histoire de me faire une idée du Monsieur, mais ça ne sera pas de suite, merci pour cette critique.

    Aimé par 1 personne

  5. Je l’ai lu il y a un bon moment, j’avais beaucoup aimé (en même temps, y’a du voyage dans le temps ça ne peut que me plaire !). Je garde également un souvenir très affectueux de son roman dans les Caraïbes (Sur des mers plus ignorées, si c’est encore sous ce titre qu’il est publié aujourd’hui).

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s