La Dernière Emperox – John Scalzi

L’Interdépendance, tome 3

L’Atalante

L’heure n’est plus au déni : c’est bel et bien la fin. Les courants du Flux s’effondrent les uns après les autres ; l’image de l’avenir, c’est celle de communautés humaines contraintes à l’isolement, à la déchéance et à la mort, puisqu’il n’y a dans l’empire qu’une seule planète habitable en surface.
Que faire devant la catastrophe annoncée ? Sauver sa précieuse peau en marchant sur les autres au besoin, s’emparer de la planète habitable en question et se remplir les poches au passage. Tel est l’objectif de nombre de puissants des grandes maisons marchandes ; les « élites », quoi. À leur tête, l’ignoble Nadashe Nohamapetan.
En face de ceux-là, l’emperox Griselda et quelques fidèles

La Dernière Emperox conclue la trilogie de L’interdépendance commencée avec L’Effondrement de l’Empire paru le 21 mars 2019. Deux ans d’une aventure flamboyante tout autant que tragique qui tient ses promesses, en s’achevant sur une note tout aussi contrastée que l’ambiance elle-même, une saveur douce-amère, loin d’être dénuée d’espoir.

Cette chronique porte sur le dernière tome de la trilogie, aussi, y aura-t-il d’immanquables révélations sur quelques événements des volumes précédents. J’invite ceux qui n’ont pas encore lu cette aventure de science-fiction à se tourner vers mon billet L’Effondrement de l’Empire.

L’effondrement du Flux

Je ne vais pas revenir sur la nature du flux en détail. Il s’agit d’un réseau d’énergie reliant certains points de l’univers. Au centre de ce réseau, se situe le cœur de l’empire ainsi que les instances dirigeantes, civiles, militaires ou religieuses. L’Emperox est au sommet de ce système pyramidal et monarchique, la place est hautement convoitée, notamment par une Nadashe Nohamapetan…

Or, un scientifique a découvert une fluctuation importante qui l’amène à penser à un affaissement du Flux, isolant peu à peu les divers lieux d’habitations, artificiels et interdépendants.

La disparition du Flux tel qu’il est connu se confirme, et l’Emprox Griselda ne dispose pas d’autre alternative que de veiller à sauver un maximum de ses sujets. Cette lutte composée de décisions tranchées, de recherche d’alliés et d’autorité se double d’une course contre la montre pour sa propre survie tandis que Nadashe convoite la place… John Scalzi joue sur ces deux tableaux avec la maîtrise acquise au fil de ses divers romans, et il faut souligner qu’il n’y a aucune fausse note. Les intrigues sont limpides, le rythme impeccable et l’intérêt renouvelé de chapitre en chapitre.

Le lecteur est conscient que la chute de Grisela, Dernière Emperox s’avère synonyme d’extinction et débouchera inévitablement sur le règne de l’égoïsme et du chacun pour soi, avec une Nadashe s’évertuant à marcher sur la tête de tous pour atteindre ses objectifs…

L’effondrement du Flux est donc synonyme d’effondrement de l’empire, de la civilisation mais aussi potentiellement d’extinction de l’espère humaine.

Tant d’enjeux se jouent lors de ce dernier tome, et les attentes sont largement atteintes!

Un trio féminin au cœur de l’intrigue

Dès le début, les lecteurs se sont familiarisés avec un trio de femmes, différentes les unes des autres. Nous les retrouvons à la conclusion de notre trilogie, chacune avec leurs forces et leur tempérament marqué. Si c’est fort agréable d’avoir des demoiselles aux commandes (sans que cela soit d’une nouveauté originale), j’aurai souhaité un peu moins de manichéisme à la conclusion de la trilogie, sans toutefois tomber dans la rédemption du méchant – ou, ici, de la méchante. Ceci dit, leur caractère fort trempé ne nuit en rien au plaisir de l’histoire et nous offre des scènes jouissives!

Leur trajectoire et leur sort à la fin de notre aventure paraîtra logique, alors que les twists très bien orchestrés nous amènent l’incertitude et le suspens souhaités.

Une écriture pleine de peps

L’humour de Scalzi est toujours présent, le ton à la fois moqueur et jouant la carte dérision régulièrement cadre parfaitement avec le rythme, les personnages et l’histoire qu’il souhaite nous délivrer. Cet humour est même un peu plus présent que lors des deux tomes précédents. L’auteur joue habilement sur plusieurs registres sans lasser son lecteur ou tomber dans le lourd et potache.

Sa plume s’allie à l’humour pour glisser un fond tout autant intéressant qu’il soit sur la spéculation économique, l’avenir de l’humanité ou encore ce message féministe. La pandémie actuelle trouve donc un écho particulier dans l’aventure qui nous occupe, la trilogie pouvant dès lors être lue à la lumière des événements secouant notre propre univers…

L’écriture est toujours aussi ciselée et directe, adaptée au rythme enlevé de cette partition.

En conclusion

Un Scalzi de très bon cru, qui allie le fun et le fond, pour une danse endiablée au milieu des étoiles, alors ne boudez pas votre plaisir.

A noter : une traduction impeccable et des illustrations de couverture magnifiques!

Autres tomes :

Je ne peux que répéter :

Ce livre est pour vous si :
  • vous êtes fan de Scalzi, évidemment
  • vous aimez les space-op intelligents et funs qui ne renient pas le fond
  • vous voulez des femmes au cœur de l’action
Je vous le déconseille si :
  • vous êtes un misogyne reconnu
  • Vous n’accrochez pas à la théorie des trous de ver
  • si vous n’aimez pas l’humour de Scalzi

Autres critiques :

OmbreBones OrionAu Pays des Cavetrolls Le maki

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La Dernière Emperox (9,99€)

19 réflexions sur “La Dernière Emperox – John Scalzi

  1. Pas trop accroché à ce tome de mon coté. La première partie n’était qu’un grand vide qu’on comble comme on peut, certains sujets (comme celui justement du flux) sont abandonnés comme ça et finissent en rien ou en deus ex machina, et en plus j’ai trouvé que certains points « engagés » arrivaient un peu comme un cheveux sur la soupe et n’étaient pas bien intégrés au récit.
    Du coup si je devais classer la trilogie celui ci arriverait en troisième position loin derrière les autres !

    Aimé par 2 personnes

    • Je le trouve effectivement plus faible que les 2 autres, et je me rendais compte que Scalzi faisait beaucoup de dérision pour ne pas avancer beaucoup finalement. Cependant, j’ai aimé ma lecture et la conclusion à l’aventure.

      Aimé par 1 personne

      • J’avais adoré les deux premiers tomes, et j’ai aimé celui-ci tout en en le trouvant moins percutant que les 2 autres. Je ne dirais pas que je suis déçue car la conclusion m’a satisfaite et j’adore le personnage de Kiva.
        Nous sommes d’accord, il est globalement moins bon.

        Aimé par 1 personne

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