The Lady Astronaut of Mars -Mary Robinette Kowal

Les rêves à l’épreuve du temps

Lecture VO

La critique toute en élégance d’Orion m’a tant séduite que j’ai lu la nouvelle, The Lady Astronaut of Mars de Mary Robinette Kowal aux éditions Tor quelques jours après. Après lecture, je ne peux qu’adhérer à son propos et vous encourager à faire de même. Vous, TOUS, oui, même ceux qui ne lisent pas en VO anglaise.

Ce texte de SF propose une uchronie, qui se cache dans quelques détails révélés au fil de l’histoire, un astéroïde tombé aux USA, une explosion de navette, ainsi qu’une volonté précoce de se rendre sur Mars.

L’esprit positif d’après guerre a perduré un moment, et voici la conquête de la Planète Rouge au programme; rêve consommé en quelques années, avec pour résultat l’installation de colons sur cette terre aride; une catastrophe assez sévère boostant la décision. Les sciences et techniques ont évolué vers leurs propres voies, ainsi le lecteur ne sera-t-il pas surpris de découvrir le fonctionnement de l’électronique et de l’informatique par l’intermédiaire de cartes perforées… Non! raccrochez votre mâchoire! Cette idée fonctionne, et ce choix est totalement assumé par Mary Kowal. Cela donne un petit côté suranné très agréable, tout en permettant d’achever la nouvelle en beauté.

Mais comme dans toute aventure de ce genre, il faut des précurseurs, des rêveurs téméraires, des alpinistes cosmiques…. En l’occurrence, il leur a fallu une Elma York pour que Mars devienne plus qu’un point lumineux dans le ciel nocturne.

Cette femme est ainsi devenue une icône en son temps… car quelques décennies plus tard, la chanson n’est plus la même. A 63 ans, notre astronaute de choc (et de charme) espère de nouvelles missions dans l’espace. Or, son âge s’avère un frein pesant son poids dans la balance face à l’expérience et la compétence. Mais, l’espoir, cet éternel moteur refuse d’abdiquer. Que lui réserve l’avenir ?…

Cette nouvelle m’évoque deux autres, lues récemment dans les pages de Bifrost. Il s’agit, de Comment s’est la-haut d’Hamilton, sachant que l’impression s’estompe rapidement et ne se rapproche de The Lady Astronaute of Mars par sa narration à la première personne et l’aspect poignant qui s’en dégage.

Le parallèle est bien plus corsé avec le texte de Linda Nagata L’obélisque martien qui joue sur le thème du passage du temps, la persistance des désirs, accompagné d’une écriture toute en sensibilité.

L’approche est, ici, plus intimiste encore, alors que nous découvrons les pensées d’Elma York, partagée entre son envie de partir dans l’espace et celui de rester auprès de son époux. Ce portrait, baigné dans son uchronie martienne, est très réussi par sa complexité, des désirs inconciliables, des regrets, un sentiment de culpabilité,… Mary Kowal confronte les rêves à la réalité de l’âge, l’ambition et l’espoir demeure mais l’érosion du temps fait son œuvre réduisant chaque jour les perspectives, écartant les possibilités; le cortège émotionnel ne faisant que changer de nature.

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Après ces quelques lignes, vous aurez saisi combien cette nouvelle m’a séduite, et pourquoi j’encourage tous les lecteurs a franchir le pas.

En effet, ce récit de 19 pages est une excellente opportunité pour s’essayer à lecture dans la langue de la perfide Albion. Le niveau est tout à fait accessible, elle est courte et gratuite aux éditions Tor.

Belle réussite, ce portrait très touchant a le mérite d’aborder une thématique délicate, sans amertume ou désespoir. L’uchronie présentée ajoute une touche fort intéressante et le tout possède un goût de « reviens-y » assez intense. Un Mars et ça repars!

Ce livre est pour vous si :
  • vous aimez la SF et l’uchronie
  • vous souhaitez aller sur Mars
je vous le déconseille si
  • vous ne connaissez pas un mot d’anglais – ou juste un ou deux.
  • de toutes façons, vous êtes misogyne!
  • les cartes percées à notre époque c’est n’importe quoi!
Autres critiques :

ApophisOrion

23 réflexions sur “The Lady Astronaut of Mars -Mary Robinette Kowal

  1. Ping : The lady astronaut of Mars – Mary Robinette Kowal | Le culte d'Apophis

  2. J’ai plein de nouvelles de Tor à lire, un jour je m’y mettrais un weekend et j’en enfilerais plein à la suite xD

    J’ai déjà lu un roman de cette autrice et je l’avais bien apprécié même si c’était plus un genre d’Austeenerie magique, donc historique avec romance, moins ton truc j’imagine 😛

    En fait par contre ça m’a fait bizarre de voir « Mary Kowal » écrit, en fait je ne pense pas qu’on puisse vraiment retirer le nom du milieu, comme pour Marion Zimmer Bradley ou Guy Gavriel Kay, le trois noms sont importants, j’ai toujours vu écrit le nom complet.

    Aimé par 1 personne

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