Trois lectures, Trois abandons

Misère! Donnez-moi un remontant livresque!

 

J’ai hésité un long moment sur la publication d’un article consécutif à trois lectures abandonnées successivement, ce qui doit être une première dans mon parcours de lectrice. Écrire un billet sur chacun des romans serait sans doute un poil too much, les passer sous silence éventuellement. Cette dernière option est celle qui a ma faveur quand je tombe sur un bouquin de temps à autre. Mais TROIS romans coup sur coup…

Aussi, ai-je décidé de marquer cet épisode d’une pierre noire! 🙂

Avec un blog, et les avis des blogopotes, il devient rare de tomber sur de mauvaises pioches, et sans doute, les amis, cela vous ne arrive-t-il pas si régulièrement, non plus. Souvent, la question se pose de poursuivre – ou pas- la lecture. Beaucoup d’entre vous vont au bout de leur livre, persévérance que j’admire.

Personnellement, ayant une PAL assez fournie, un temps contraint, je ne m’impose ce chemin de croix uniquement dans le cadre d’un SP. Cette fois-ci, j’ai été assez surprise, car mes choix étaient orientés vers des valeurs « sûres ».

Quels étaient-ils ?

Snow Crash de Neal Stephenson

51xrkwtzwil._sx321_bo1204203200_Après l’immense coup de cœur pour Anatèm, je souhaitais m’attaquer à un autre monument de l’auteur américain. Mes attentes étaient-elles trop élevées? Sans doute, car la rencontre n’a pas eu lieu.

Roman célèbre dans la SF, Snow Crash est également connu sous le titre du Samouraï virtuel. Que dis-je, célèbre? C’est un roman culte du cyberpunk, pas fondateur comme l’est Neuromancien, mais guère moins important.

Pourtant impossible d’accrocher. Les 400 pages lues (sur 736) ont été d’une longueur mémorable, avec la sensation de ne jamais réellement progresser dans l’immersion. L’histoire est intéressante et le picth prometteur.

Magnat d’une vaste entreprise de médias, L. Bob Rife a développé, à partir de découvertes dans des fouilles sumériennes, le Snow Crash, une drogue qui attaque le cerveau humain, désorganise le système nerveux et rend fou. Mais la particularité de celle-ci est d’agir également comme un virus dans le Métavers, la réalité virtuelle. Hackeur réputé et champion de sabre dans le Métavers, Hiro Protagoniste, livreur pour Pizza CosaNostra dans le monde réel, et Y. T., une jeune kourière qui se déplace avec sa planche à roulettes Intelliroues, se retrouvent sous l’œil protecteur du parrain tonton Enzo pour lutter contre le métavirus. Deux mondes vont s’affronter jusqu’à la victoire du bien sur le mal.

Le hic réside dans les personnages et les péripéties en phase avec l’univers, très jeux vidéos. Dès lors, la crédibilité de l’ensemble se joue sur la capacité à coller à l’histoire, d’où l’obligation de pouvoir s’immerger en toute sérénité. Et puis, il faut dire qu’il ressent le passage du temps.

Toutefois, ne jetons pas bébé dans les orties, il y a un énorme potentiel avec cet univers, la construction imaginée par Neal Stephenson, avec une vision assez remarquable de notre évolution technologique présente.

Cela ne l’a pas fait. Dommage.

Je souhaitais alors me consoler avec un autre roman culte, et mon envie de découvrir les fondations du cyberpunk ne s’est pas volatilisée avec la déception Snow Crash… Ce fut donc au tour de Neuromancien de passer entre mes doigts voraces!

Autres critiques :

Apophis

 

Neuromancien de William Gibson

71fytwovvklEt patrata! Je me suis accrochée. Essentiellement en raison d’Hyperion de Dan Simmons car, l’auteur rend un hommage appuyé à William Gibson. Cet incontournable devait donc me plaire. C’était obligé. Il me fallait juste un peu de patience.

Chase est un ancien pirate de la matrice, cet univers qu’il définit comme « une hallucination consensuelle ». Après la destruction de son système nerveux par un de ses employeurs, il survit désormais grâce à l’alcool et aux drogues et trempe dans plusieurs trafics d’organes et de matériel informatique. Alors qu’il s’apprête à franchir le point de non retour dans cette spirale d’autodestruction, il se voit offrir une nouvelle naissance : la possibilité de retourner dans la matrice « pour l’exultation désincarnée » qu’elle procure, « le corps, c’est de la viande »..

J’ai eu un gros blocage sur le style d’écriture : trop vulgaire. J’ai bien conscience que ce parti-pris colle parfaitement à l’ambiance – trop glauque (qui ne m’a pas enthousiasmée), au propos de l’auteur et aux personnages (qui m’ont ennuyée). Je suis parvenue à 180 pages, et l’épreuve était trop importante pour poursuivre.

Bref, très lourd, sans doute trop lourd malgré une esthétique réfléchie et une vision du futur assez impressionnante. Pour le coup, je trouve qu’il a aussi assez souffert du passage du temps.

A la base, je n’aime pas ce qui est glauque, alors cela explique sans doute en partie cet abandon… mais le style est vraiment chiant.

Après ce deuxième échec, j’ai décidé de changer complétement d’univers et de style, et j’ai choisi de m’orienter vers de la fantasy réputée et fortement conseillée.

 The Black Witch de Laurie Forest

51nf2lv3svl._sx327_bo1204203200_La grand-mère d’Elloren était The Black Witch. Un personnage sinistre qui a tué des millier de personnes afin de sauver/d’élire « son » peuple. Aussi, Elloren fut-elle soustraite à cette influence et élevée par son oncle dans une petite ville parmi les personnes que son aïeule aimait carboniser (Vous voyez déjà les thématiques visées, grosses comme un éléphant dans un poulailler). Mais, cette jeune fille possède des pouvoirs phénoménaux qu’il faut bien entendu dissimuler… à tous, notament à une grande partie de sa famille. La jeune pucelle ne sait même pas ce qu’elle représente, et le pourquoi du comment….

Aussi, le lecteur assiste à toute une portion du livre durant laquelle Elloren nous fait le coup du poisson pané, avec les yeux dans les coins ne captant pas le sens de ce qui se déroule devant elle, surprise les 3 quart du temps…

Autre point causant de l’urticaire, c’est la propension de l’ensemble de ses connaissance à la harceler. Les moments ou elle ne fait pas les yeux de merlan frit, elle subit les estocades de ses camarades, victime préférée de tout le voisinage. Cela en devient ridicule!

Donc résumons, cette grande magicienne en devenir passe son temps la bouche bée à se faire harceler, elle est d’une naïveté confondate, cherchant sans doute à surpasser Oui-Oui dans ce domaine. Et devinez quoi ? Elle y parvient!!!

Bon, j’ai tenu 250 pages sur ce chef d’œuvre qui est passé à côté de mes pompes. Et dire que le pavé affiche 600 pages! Bon courage à ceux qui veulent le tenter!

Finalement cela fait du bien cet article!

73 réflexions sur “Trois lectures, Trois abandons

  1. Eh ben dis donc, c’est vraiment pas de bol d’enchaîner trois déceptions à la suite comme ça !
    Ce que tu dis du premier titre fait par certains aspects échos avec ce que j’ai ressenti en lisant le tome 1 d’Anatèm comme quoi ^^!

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  2. Si ça peut te rassurer, je viens aussi d’enchaîner trois lectures, finies, qui furent de mauvaises pioches. Je ne compte pas les chroniquer parce que je n’ai rien à en dire autre que « c’est chiant ». Il va donc y avoir un gros trou dans les chroniques du blog pendant une bonne grosse semaine.

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    • oui, j’ai aussi, un gros trou dans les publications du blog. Certes, j’ai terminé le Kay, mais je vais attendre un peu le temps de digérer.
      C’est la période des mauvaises pioches, je compatis avec toi!

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  3. aaah; il n y a pas que moi a qui ca arrive, mais je trouve que c est bien d en parler de ces abandons, oui il faut parler de ces ratages, de ces rendez vous décevants, Pour moi tu le sais , j’en aligne pas mal en ce moment, mais c est ca qui fait qu après on se dit WAOUUUUH quand on trouve un chef d oeuvre, hélas plus les lectures s entassent et plus les chefs d oeuvre se font rares, les derniers PF Hamilton m ont ennuyés a mourir,et le bon démarrage de AFTER PARTY DE DARYL GREGORY sont passé quelques minutes dans mes mains avant de repartir vers d autres horizons,
    J ai vraiment adoré Snow crash mais son cote vieillot » SECOND LIFE  » quand le héros est dans la matrice a un grand charme que tout le monde peut ne pas aimer.
    Allez , ca va repartir,
    Réjouis toi, les furtifs d Alain Damasio, c est pour bientôt
    Et le « Réjouissez vous » de Steven Erikson aussi.

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    • merci Joël!
      je crois que les énormes coups de coeur s’éclaircissent avec notre parcours de lecteurs. Un cheminement quelque peu naturel, car, nous avons rencontré tant de situation et de personnages.

      Je vais miser sur le Erikson! 😉

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  4. Si ça peut te rassurer, sur mes 5 dernières lectures, 4 ont été mauvaises à des degrés divers, et la cinquième a été assez passable. Donc je compatis. Et vu que Feyd est passé par là aussi, je pense que, comme dirait le grand Cthulhu, les étoiles ne sont guère propices pour les blogueurs ces temps-ci.

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  5. Dans ces cas là, soit je relis un roman que j’aime, un Wilson par exemple, soit je dégaine le dernier Bifrost.
    J’essaye un tant soit peu de varier les styles de romans, et comme le lis à l’envie, sans PAL au pied, souvent ça passe. Mais pas toujours…

    HS :  » ça y est j’ai écrit l’article sur la capucine. Je l’ai mis en ligne ce matin. »
    Il y a des codes maintenant dans les com ? Il faut que je dégaine mon enigma ? Qu’est ce qu’on gagne si on casse le code ?

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    • C’est une excellente idée de lire un livre que l’on aime dans ce cas. C’est la première fois que j’ai 3 échec consécutifs, auxquels j’associe 2 autres lectures en demi-teinte. Cette fin de mois est morose!! 😦

      HS :
      J’espère que tu as le manuel du parfait briseur de code! Autrement cherche, le déchiffrage pour les Nuls! 😉
      Si tu trouves, un livre numérique de tin choix dans mes lectures et ma PAL! 🙂

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    • « un Wilson par exemple ». Étonnant ! On (pronom indéfini qui me permet de ne pas balancer le nom de mes complices) parlait de toi au salon du livre à Paris et la conclusion a été : « Le chien critique, il aime Wilson. » 🙂 Tu es repéré !

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      • Le chien critique n’aime pas Wilson. Il vénère Wilson. Et si tu croises un lecteur sous couvert d’anonymat qui t’en parle avec passion, je ne serais pas étonnée qu’il s’agisse d’un animal à 4 pattes, blogueur de son état!

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        • A l’instar de l’échelle de Perceval, j’ai mon échelle de valeur pour juger les livres : le Wilson !
          Je crois que j’ai toujours lu plus ou moins de la SF, mais c’est cet auteur qui m’a fait comprendre que c’était mon genre de prédilection. Sans lui, pas de chien critique ! (reste à voir si c’est à mettre à son crédit ou pas, mais ceci est un autre débat ;p)
          En tout cas je suis content, je pourrais dire que j’étais au salon du livre 2019 !

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  6. Mince, trois d’affilée c’est quand même pas de chance. J’espère que la suite rattrapera cette mauvaise passe.
    Mais je suis quelque part rassuré de voir qu’il n’y a pas que moi que Neuromancien a assommé.

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    • Oui, j’espère, je vais m’orienter vers des lectures plus dans mes cordes!

      Il y a des classiques comme cela qui ne passe pas…. Je suis contente de constater que Neuromancien laisse sur le carreau pas mal de lecteurs…

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  7. Quand ça veut pas, ça veut pas 🙂
    En général j’essaie de m’accrocher car j’ai déjà eu plusieurs fois un « cap » où d’un coup je rentrais dedans mais si c’est vraiment trop pénible à lire j’abandonne aussi.

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    • Je n’abandonne pas facilement. Enfin, si, mais je laisse une bonne centaine de pages, voire bien davantage avant de laisser tomber. La lecture est un plaisir et une passion, aussi il est hors de question que je laisse un roman m’enquiquiner bien longtemps.

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  8. Ah je compatis aussi. Je suis plus ou moins dans une « passe » comme ça moi-même. Je parle pas d’abandon pourtant mais de « report » (oui, peut-être que c’est hypocrite mais ça me permet de tempérer la frustration). Je vois que les trois que tu évoques sont pas mal gros. Ce que je fais dans ces cas-là c’est de choisir un roman court (genre 200-250 pages maximum) pour reprendre la lecture et être sûr de finir. Courage en tout cas 🙂

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    • Oh! j’ai également de temps à autre des bouquins en mode pause, avec l’intention/espoir de les reprendre. Mais, là, je ne compte pas du tout retenter l’expérience.
      JE compatis avec ta mauvaise passe, et je vois que nous sommes assez nombreux à traverser cette mauvaise phase en cette fin de mois. Un mal de lecteur avec le printemps ?…..

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  9. Elle cherche sans doute à surpasser oui oui 😂😂😂 j’adore ! Figure toi que, coïncidence, j’ai aussi abandonné deux romans cette semaine dont j’attendais beaucoup mais qui se sont révélés décevant sur le style d’écriture et sur les personnages plus gonflant qu’autre chose. En général je persévère mais quand on a une pal importante et des services presses à honorer, on a le droit d’être élitistes sur nos lectures perso je trouve. J’ai adoré ton article en tout cas 😊

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  10. C’est marrant, je connais un période un peu similaire. Je ne suis qu’à un abandon pour l’instant, mais globalement ça commence à faire un moment que je peine à trouver un bouquin qui me fasse vraiment décoller 😦 Tu n’es pas seule ! 😉

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    • Merci Boudicca!

      Une mauvaise passe globale à ce que je vois, car dans les commentaires, quasiment tout le monde subit cette phase actuellement. A se demander si c’est lié au printemps!!!
      Bon courage! et nous ne sommes pas seules! 😉

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  11. Aïe aie aie! Trois d’un coup! Aouch! C’est dur à encaisser! J’avoue que cela fait un moment que ça ne m’est pas arrivé car comme tu le dis, je suis assez bien les avis des blogopotes et je sais ce qui me plait. Mais bon, on est jamais à l’abri…

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  12. Une bonne persévérance tout de même, quelques centaines de pages tout de même à chaque fois, on peut dire que tu as essayé plus qu’essayé même ^^
    J’ai beaucoup moins de patience cette année, plusieurs abandons et c’est avec plaisir que je dégage ces livres de la PAL ^^

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  13. Il faut dire aussi que, pour les 2 premiers tomes, c’est pas ce qui se fait de plus facile à lire.
    J’entends bien que ce sont des piliers de la culture cyberpunk, ça n’en reste pas moins difficile à rentrer dedans, notamment du fait du style d’écriture.
    Et pour le coup, en entrant dedans, j’ai personnellement adoré Snow Crash, par contre le Neuromancien a été bien plus compliqué à lire. Plus comme un livre qu’on s’oblige à lire car oui, l’histoire, la vision, l’anticipation sont là. Ont menés à une mouvance. Mais qu’est-ce que le style est difficile à digérer… Et ça doit bien faire plus de 10 ans que j’ai lu le Neuromancien, j’ai toujours cette impression qui se déploie quand j’en parle.

    Comme quoi, ton ressenti n’est pas forcément incompatible. Tu cherchais peut-être trop le plaisir dans ces lectures, tandis qu’ils se présentaient peut être plus comme des critiques de société.

    Dans tous les cas, pas de chance pour les avoir pioché 3 à la suite.
    J’espère que le 4ème te redonnera le sourire.

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    • Effectivement, dans ces deux lectures, je cherchais à la fois le plaisir de lire, le challenge de monument et m’ffrir deux piliers du cyberpunk. Mais, le style est trop lourd pour ma patience, et j’aime lire des textes fluides.

      C’est le coup du sort qui fait que j’ai pioché 3 bouquins de suite qui ne m’ont pas convenu. Cela ne se reproduira pas de sitôt.

      En fait, ce furent 5 lectures consécutives assez moyennes… ou abandonnées. Fin mars et ses 15 derniers jours ont été bof question lecture. Ceal fait un peu long.

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  14. Ça c’est pas de chance dis donc.
    Ça m’arrive assez peu souvent de mon côté mais alors quand c’est le cas, j’ai de moins en moins de scrupule à laisser tomber. Ce sont les séries télé qui m’ont aidé à lâcher prise de ce côté-là. Après avoir pris plusieurs décisions de ce type après avoir consacré du temps, parfois jusqu’à 10 saisons, 7 saisons et que l’Apocalypse ne s’est pas déclenchée après l’arrêt, je me suis rendue compte que ce n’était pas si grave.
    En te souhaitant de meilleures lectures !

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